Tech leader pitch at American Congress x binary sentences
F. founder explaining his motivation since the begining of F. and making sincere apologies for data sharing scandal in front of the American Congress. Since this testimony. nothing really changed regarding F. overall growth.
Ces 28 masques forment une galerie silencieuse d’identités générées — et immédiatement vidées de leur humanité. Produits à partir de visages synthétiques créés par intelligence artificielle (deep fake), ils présentent d’abord une illusion troublante de réalisme : proportions parfaites, lumière flatteuse, visages crédibles. Mais chaque regard a été effacé, chaque bouche éliminée, chaque oreille gommée. Il ne reste que des enveloppes.
Ce processus d’annulation transforme l’image en masque : ce n’est plus un portrait, c’est une façade. Sans organes sensoriels, ces figures ne voient rien, n’entendent rien, ne parlent pas. Elles incarnent l’ère post-relationnelle où la ressemblance suffit, et où l’émotion est simulée sans origine.
L’œuvre interroge : que reste-t-il d’un visage quand on lui retire la possibilité d’interagir ? Que devient une humanité sans échange, sans mémoire, sans altérité ? Ces masques sont beaux, peut-être. Mais ils ne nous regardent pas. Ils nous ignorent. Comme les algorithmes qui les ont créés.
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These faces have been conceived first thanks to an artificial intelligence able to generate randomly real-like faces of non existing people; then eyes, mouth, noses and ears have been removed for the final version of the drawing.
Ce fragment réinterprété de la célèbre carte métabolique Boehringer ne vise plus à expliquer, mais à désorienter. Ce qui, dans le schéma original, représentait l’élégance et la précision des processus biochimiques devient ici une architecture close, en surcharge, sans issue. Les chemins de transformation du glucose, de l’ATP, ou des acides aminés semblent tourner à vide, piégés dans des boucles auto-référentielles.
Le clin d’œil au film Modern Times de Chaplin n’est pas anodin : dans cette œuvre aussi, l’humain est absorbé par une mécanique trop grande pour lui, broyé par le rythme d’une chaîne de production. Ici, c’est la cellule elle-même qui devient usine. Le vivant n’est plus mouvement, mais maintenance. L’énergie ne circule plus — elle stagne, ou s’épuise à reproduire des motifs absurdes.
Certaines spirales s’ouvrent comme des vertiges. D’autres s’enroulent sur elles-mêmes jusqu’à l’asphyxie. Le corps est toujours là, quelque part — mais il ne fonctionne plus : il gère, il corrige, il compense. Et dans ce réseau en surcharge, c’est l’idée même de finalité biologique qui s’effondre.
Une cartographie de la fatigue. Un diagramme de la survie automatique.
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Boehringer matrix is a kind of chemical explanation of life and metabolics
This piece reinterprets a section of the Boehringer metabolic chart, a scientific diagram meant to represent the chemical reactions at the core of life. But here, the elegant precision of biochemistry is stripped of clarity—turned instead into a chaotic grid of repetitions, spirals, dead ends, and closed circuits.
The title nods to Charlie Chaplin’s iconic film, where man is crushed under the weight of industrial rhythm and mechanized labor. Similarly, this metabolic labyrinth reflects a form of modern biological alienation: life processes reduced to loops, human movement trapped in invisible pathways, and purpose buried beneath over-optimization.
Some spirals here don’t end. Others regress. Amidst the pseudo-functional architecture, the shapes betray confusion rather than flow—entropy instead of energy. The system is alive, but barely breathing.
Ce dessin reproduit avec minutie les étapes complexes de la biosynthèse de la dopamine — depuis la tyrosine jusqu’à la molécule finale. Mais ce n’est pas une simple illustration scientifique. C’est une cartographie politique et émotionnelle. Car aujourd’hui, cette voie biochimique ne relève plus uniquement de la neurobiologie : elle est exploitée, instrumentalisée, industrialisée.
La dopamine est devenue l’un des leviers majeurs de l’économie de l’attention. Chaque “like”, chaque notification, chaque micro-interaction dans une application est conçu pour provoquer ce pic de récompense, cette micro-jubilation qui incite à rester connecté, à revenir, à consommer. Sans stratégie de stimulation dopaminergique, aucune plateforme ne tiendrait.
Ce schéma moléculaire est donc aussi un plan d’attaque — celui des UX designers, des ingénieurs en captologie, des entreprises qui modèlent nos comportements via ces circuits primitifs. En activant dopamine et noradrénaline, ils ne se contentent pas de susciter du plaisir : ils pilotent nos états mentaux, notre vigilance, notre capacité à apprendre ou à mémoriser.
Ce dessin, apparemment neutre, devient ainsi une image à double fond : à la fois miracle biologique et carte d’exploitation. Une machine à désir, détournée.
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This drawing is representing the complex synthesis of the dopamine molecule. Dopamine stimulation is a key element in the user experience optimisation for mobile and service applications providers. This is obvious that without a dopamine shot control strategy, social networks won’t be what they are. Dopamine and noradrenaline are crucial neuromodulators controlling brain states, vigilance, action, reward, learning, and memory processes.
Some scientists think that screen addictions may result in the shortening of brain white substance.
This drawing mimics the form of a brain section, but its inner structure collapses inward—a spiral of progressive contraction. The visual metaphor is anchored in a scientific hypothesis: that prolonged exposure to screens and digital overstimulation could lead to the reduction of white matter in the brain, the very substance responsible for communication between regions.
The title is a double entendre. It evokes both the neurological phenomenon and the digital tool—URL shorteners—that reduces complexity to minimal expression, often stripping away meaning. What happens when the mind, like information, is compressed for efficiency?
The result is a distorted core, dense and frayed. A topography of decay, where cognitive capacity is thinned for the sake of immediacy.
Unicorns are big start-up valued more than 1 billion dollars and growing rapidly. Most of the time they uberize traditional businesses. This drawning is a pure randon brownian motion that lead to a unicorn shape
One tier of teenagers may feel depressed after having checked their favorite social network which is just the perfect place for perfect people sometimes with perfect hairs. This hairy bride is also echoing and inspired by a real brownian motion where particules are colliding randomly.
Ce dessin, inspiré d’une radiographie réelle, révèle une main qui n’est plus outil mais symptôme. Les lignes osseuses sont fidèles, mais la zone centrale — celle qui relie pouce et index — est marquée, soulignée, comme si elle brûlait d’un usage trop intense. Ici naît l’arthrite du XXIe siècle : non pas liée à l’âge, mais à l’interface.
Des scientifiques alertent sur cette nouvelle forme de pathologie articulaire, provoquée par la surutilisation des smartphones. Ce n’est plus l’outil qui épouse la main, mais la main qui se déforme pour s’adapter à l’objet. Le pouce s’épaissit, l’index se crispe, la paume se courbe. Chaque jour, des heures de scroll, de tapotements et de positions statiques entraînent micro-traumatismes, inflammation et douleurs chroniques.
L’image ne montre pas une main malade, mais une main transformée. L’arthrite devient ici une écriture — un signal gravé dans l’os de notre rapport au numérique. Le squelette épouse l’objet, jusqu’à s’y fondre. La technologie devient non seulement un prolongement, mais une altération du corps.
Ce dessin, anatomique et critique, n’interroge pas la dépendance, mais ses traces physiques. Ce n’est plus la main humaine. C’est la main modifiée par usage. Une prothèse inversée, où l’outil déforme l’organique.
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Some scientists discovered a new kind of hand arthritis, caused by mobile phone addiction and time spent on such heavy mobile devices. This drawing made is inspired from a hand radiography with a special focus on the arthritis zone. Moreover in some cased it appears that some fingers may be distorted by mobile phone shapes.
En 1965, aux États-Unis, l’amoeba Naegleria fowleri fit les gros titres : une entité microscopique, invisible à l’œil nu, capable de remonter les nerfs olfactifs jusqu’au cerveau pour le consommer, littéralement. En quelques jours, elle détruisait la matière cérébrale, provoquant des décès brutaux, une trentaine cette année-là. Une horreur biologique.
Aujourd’hui, cette figure revient — métaphoriquement — sous une forme bien plus sophistiquée : services numériques “gratuits”, scroll infini, notifications en rafale. Ce ne sont plus les eaux tièdes de lacs stagnants qui abritent la menace, mais nos poches, nos flux, nos interfaces. L’ennemi n’a plus de membrane : il est codé, designé, optimisé pour capter notre bande passante mentale.
Les plateformes qui ont permis l’essor d’internet ne connectent pas — elles consomment. Elles creusent le cortex à coup de récompenses aléatoires, de stimuli visuels, de cycles d’engagement. Ce n’est plus une amibe : c’est une architecture comportementale. Une nouvelle espèce parasitaire, invisible et acceptée. Le cerveau ne fond plus par infection, mais par dissociation, surcharge et distraction constante.
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In 1965 in the U.S. there were a dangerous Amoeba bacteria that eat brains and caused more than 30 deaths. Arise of internet is made possible thanks to brain bandwith eater services.
Necropole dead tree x Time on mobile per day x Lindenmayer
My Valentine a été créée en hommage au 14 février, un jour théoriquement dédié à l’attention, à la présence, au lien. Ici pourtant, aucun symbole romantique: seulement des lignes fines, des strates d’usage, des relevés de temps passé sur mon mobile durant les semaines qui précèdent et suivent la date. Chaque trait correspond à un temps d’usage du mobile dans une journée. Le trait rose en néon, plus marqué, est celui de la Saint-Valentin. Rien ne s’y distingue. Rien ne change. Le temps d’écran reste identique, comme si la journée n’avait aucune singularité. Cet aplatissement raconte l’essentiel: l’érosion progressive de relations humaines dissoutes dans la routine numérique. La Saint-Valentin n’est plus un événement, seulement un point dans une série statistique, une donnée parmi d’autres. L’émotion disparaît dans la courbe. La présence s’efface derrière la continuité du geste. Le motif visuel évoque un arbre mort, repéré dans une nécropole ardéchoise, réduit à un réseau de branches desséchées. Une nécropole graphique, où chaque ligne représente une. La forme de barres l’arbre, photographié dans une Nécropole antique en Ardèche, fait penser à des L-systems, modèles mathématiques de développement organique des plantes développé par Lindenmayer
I photographied this dead tree in an ancient necropole situated in south of France. Each bar is my precise daily time spend on my mobile phone for several weeks. The darker bar is the valentine’s day.
À première vue, Rain is coming from the clouds semble représenter une scène naturelle banale : de la pluie tombant en rideaux verticaux, issue d’un motif nuageux. Mais en regardant attentivement, cette pluie se décompose en trois strates visuelles :
en haut, des traits verticaux denses, synthétiques, froids, sans variation — plus proches d’un flux de données que d’un phénomène météorologique
au centre, une trame faite de signes, fragments, pseudo-caractères — évoquant des scripts informatiques, du bruit visuel, ou encore des lignes de code corrompues
en bas, une constellation de points isolés, comme des gouttes standardisées, uniformes, sans trajectoire propre
Ce n’est pas de la pluie, c’est une chute programmée. Le nuage n’est pas météorologique, il est numérique. Ce qui tombe n’est pas de l’eau, mais des flux d’information, des protocoles, des impulsions — et ce qui est mouillé, ce n’est pas le sol, mais la perception.
Le titre, volontairement plat et descriptif (Rain is coming from the clouds), devient ironique dans le contexte numérique actuel : dans l’imaginaire contemporain, le « cloud » n’est plus céleste, mais informatique. Il ne fait pas pleuvoir de l’eau, mais des données — des notifications, des fragments de mémoire, des traces de soi.
Un siège social, vu du ciel. Son plan de masse est démantelé en éclats géométriques, dispersés dans l’espace blanc. Les rectangles ne dessinent pas une architecture ordonnée, mais les débris d’une dislocation. L’entreprise, jadis solide, devient poussière numérique. Le bâtiment se transforme en nuage de fragments, comme une interface qu’on aurait trop zoomée, jusqu’au bug, jusqu’au crash. Boom n’est pas seulement un éclatement visuel fictif , et en appelle encore moins à des actions violentes: c’est une métaphore. L’empire des réseaux sociaux, bâti sur des fondations fragiles, pourrait s’éparpiller à tout moment, à l’image de son démantèlement économique, prôné par certains. L’éclatement architectural traduit l’éclatement social: liens rompus, communautés fragmentées, vérités volatiles. En éclatant la carte, une vérité brute surgit. Derrière l’ordre affiché du siège, il n’y a qu’un chaos latent, prêt à se disperser. Ce n’est plus une photo satellite. C’est une autopsie aérienne.
More and more people are asking for a F. dismantling. This drawing is based on precise bird view of F. headquarter in Silicon Valley
De loin, la silhouette d’un cerveau, évanescente, presque translucide. De près, une marée de lignes de code. Pas de neurones, pas de synapses, mais des variables, des boucles, des fonctions. Ce n’est pas une métaphore: c’est une substitution. Le code se fait cortex, l’algorithme devient matière grise. L’intelligence n’est plus biologique mais textuelle, écrite dans un langage qui n’a rien de naturel. L’œuvre fait écho à ce moment fondateur où certaines entreprises ont ouvert leurs premiers modèles d’intelligence artificielle au monde, sous couvert d’«open source». L’ouverture n’était pas un partage, plutôt une invitation à participer à l’entraînement d’une machine qui apprend de nous pour mieux nous dépasser. Your Brain Is Our Brain expose ce glissement: en livrant nos usages, nos phrases, nos clics, nous avons offert notre réflexion, notre raisonnement. Nos cerveaux sont devenus ressource, matière première. Le cerveau collectif s’écrit désormais en lignes de commande. Ce n’est pas un dessin. C’est une radiographie inversée: l’humain décomposé en syntaxe, reprogrammé en code.
Millions of messages per minute growth (data centric graphic)
Sculpture issue d’un flux invisible, What’s up kids? matérialise une croissance algorithmique, celle de millions de messages échangés chaque minute sur les plateformes sociales, transformée ici en forme organique et contrainte, une excroissance de données figée dans le métal. La structure évoque un ballon, gonflé non pas d’air mais de sollicitations numériques, de notifications, de fragments de langage qui s’accumulent sans jamais produire de sens durable. Pourtant, ce ballon ne s’élève pas. Il reste ancré, retenu au sol, comme incapable d’échapper à la gravité de ses propres mécanismes. Cette tension entre expansion et immobilité traduit l’impasse d’un système qui promet l’envol mais enferme dans la répétition. La croissance est réelle, mesurable, exponentielle, mais elle ne libère rien, elle sature. L’objet oscille entre dirigeable et ballon d’enfant, entre technologie lourde et innocence perdue, suggérant une captation progressive des esprits les plus jeunes, happés par ces flux continus. Chaque ligne métallique devient une trajectoire de message, une trace de connexion, une impulsion captée dans une boucle infinie. Le cerveau, exposé à cette densité, ne s’élargit pas, il se fragmente, il se disperse, il se fatigue. L’œuvre met en forme cette érosion silencieuse, déjà centrale dans Clear Shadows, où l’automatisation des comportements et la dépendance aux interfaces redessinent nos équilibres cognitifs . Ici, la donnée devient matière, mais une matière stérile, incapable de s’ancrer dans le réel autrement que par son propre poids. Le fil ne dessine pas une structure stable, il accumule, il entremêle, il perd sa lisibilité, à l’image de ces échanges incessants qui saturent l’attention. Le ballon devient alors métaphore d’une génération suspendue, maintenue dans un entre-deux, ni libre ni pleinement consciente de son attachement. Ce qui devait être un jeu devient une contrainte, ce qui devait connecter isole, ce qui devait faire grandir immobilise.
Gafa turnover growth rate x Internet traffic x Time spent x Poppies
À première vue, un champ délicat de coquelicots lumineux s’étend à perte de vue. Mais ces fleurs obéissent à un autre rythme: leur hauteur correspond exactement au taux de croissance annuel du chiffre d’affaires de l’un des géants de la tech, depuis ses premières années jusqu’à la date de création de cette image. Idem pour la taille du coeur ou des pétales, pour le trafic internet ou le temps passé sur internet. Ce qui semble botanique est en réalité économique. Chaque tige est une ligne temporelle de données. Chaque corolle, une flambée d’expansion exponentielle. Du bourgeon à l’éclosion démesurée, la composition évoque à la fois vitalité et déséquilibre. La nature devient un substitut des chiffres: une croissance vivante imitant la domination des entreprises. La progression ne suggère aucun plateau. Ce n’est pas une allégorie des cycles naturels de la vie, mais de l’expansion sans limite. Ces fleurs ne se faneront pas. Elles sont conçues pour prospérer indéfiniment. Rendre addict tel le pavot. Le dégradé de couleur laisse supposer que l’arc en ciel n’est plus
Ces formes molles, informes, rappellent des excréments flottant dans l’espace blanc. Ce ne sont pas des Brain Rots. Elles ne viennent pas du corps: elles proviennent de l’œil. Elles sont le produit d’un eye tracking, une cartographie de ce que le regard consomme, dévore, expulse sur une page Internet. Chaque trace visuelle devient dépôt, résidu. L’infinite scroll vertical, au lieu d’élever, se déverse comme une diarrhée numérique. Le réseau social n’est plus une agora, mais une fosse septique: on y défile, on y dépose, on y laisse des traces sans mémoire. L’opposition est claire. La lecture horizontale, avec ses points d’ancrage, construit un chemin; le scroll vertical, lui, engendre un flux sans fin, une vidange de sens. Social Shitting ne dit pas seulement l’indigestion d’images et de posts, montre le destin de nos regards happés, et l’enshittification du web: transformés en matière brute, expulsés sous forme de déchets attentionnels. L’écran n’est plus un lieu de savoir, mais un intestin collectif.
Dans le tableau périodique des éléments, une case semble discrète. Une seule lettre, un symbole presque banal. Pourtant, c’est autour de cet élément que s’est construit l’un des fondements matériels de notre époque numérique.
Le silicium.
Cette image reprend la structure du tableau de Mendeleïev et isole ce point précis de la matière. Un simple carré dans une grille scientifique, mais un carré devenu stratégique. Car c’est de cet élément que naissent les semi-conducteurs, les processeurs, les mémoires, les capteurs. Sans silicium, aucun ordinateur, aucun smartphone, aucune infrastructure numérique.
Ce matériau est devenu le socle invisible de l’industrie électronique mondiale. Derrière chaque écran, chaque réseau, chaque calcul, il y a cette matière extraite de la croûte terrestre, purifiée, gravée à l’échelle du nanomètre, transformée en circuits capables de manipuler des milliards de signaux.
Ainsi le silicium agit comme une nouvelle forme d’or. Non plus une richesse visible que l’on stocke dans des coffres, mais une richesse technologique qui conditionne la puissance industrielle, militaire et économique des États.
La carte du tableau de Mendeleïev se transforme alors en carte géopolitique. Car la maîtrise du silicium, de sa transformation en puces et de ses chaînes de fabrication est devenue un enjeu majeur du XXIᵉ siècle. Les tensions autour des semi-conducteurs, des usines de gravure et des terres rares témoignent de cette dépendance.
Dans cette grille scientifique, l’image rappelle une évidence silencieuse. L’économie numérique que l’on imagine immatérielle repose en réalité sur une matière très concrète. Un élément chimique précis, inscrit depuis longtemps dans le tableau périodique.
Une simple case. Mais une case autour de laquelle se joue désormais une partie du futur technologique mondial.
Cette approche s’inscrit dans une réflexion plus large sur les infrastructures invisibles qui structurent nos sociétés numériques, un thème récurrent du projet artistique qui interroge les mécanismes matériels, économiques et politiques derrière l’apparente immatérialité du digital.
Millions of (per minute) : Google Translate words x Weather channel x Snap videos x Netflix x Facebook users
Un carré, fermé, rigide. Une surface qui évoque un écran. À l’intérieur, des lignes se croisent, s’accumulent, s’enchevêtrent jusqu’à saturer l’espace.
Chaque trajectoire correspond à un flux réel mesuré par minute dans l’économie numérique mondiale. Mots traduits sur Google Translate, consultations météo, vidéos regardées sur Snap, heures de Netflix consommées, utilisateurs actifs sur Facebook. Des millions d’actions invisibles, répétées sans interruption.
Chaque ligne devient ainsi la trace graphique d’un comportement collectif. Une activité fragmentée, continue, presque automatique.
Mais l’image ne montre pas des utilisateurs. Elle montre seulement des trajectoires. Des mouvements enfermés dans un carré.
Le carré devient alors l’écran lui-même. Un cadre fermé où se concentrent des milliards de fragments d’attention humaine.
Le temps circule, s’agite, se heurte, mais il ne sort jamais du cadre.