Catégorie : Serie : Social Networks

  • FOMOuse

    Social network scrolling x notifications x anxiety breath 

    Video

    Le scroll infini, les notifications sociales et le FOMO (fear of missing out) génèrent de l’anxiété chez la majorité des accros aux réseaux sociaux — et désormais chez une part croissante de la population. Au lieu d’éveiller à l’instant présent, les sons de notification détournent l’attention de la réalité. Cette vidéo a été générée à partir du mouvement réel de la souris de l’artiste pendant une session compulsive sur une plateforme sociale.

    FOMOUSE est une cartographie de la panique. Conçue à partir de la trajectoire réelle de la souris, l’œuvre documente ce que fait le corps sous pression algorithmique. Ce que l’on voit : du flou — fragments d’interface, textes coupés, boutons, chiffres. Ce que l’on entend : pire encore. Des sons de notifications transformés en gongs de temple, un battement de cœur qui s’accélère à chaque scroll.

    L’effet est claustrophobique. Saturation d’informations. Aucune respiration. Les images ne communiquent plus — elles s’accumulent. Le spectateur ressent le poids du FOMO non comme une idée, mais comme un tremblement somatique, traversé par la saturation visuelle.

    FOMOUSE ne simule pas Internet. Il en restitue le coût physique : l’anxiété du manque, la montée puis la chute de dopamine, l’illusion de présence.
    Il n’y a pas de fin, pas de sommet.
    Seulement du mouvement.
    Seulement une angoisse.
    Vous ne naviguez pas.
    On est en train de naviguer en vous.

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    Social infinite crawling, social notifications and Fomo (fear of missing out) may generate anxiety for most of social network addicts and a growing part of the population. Instead of awakening people to present instant like gongs, social notifications sounds are diverting them from reality. This video is generated with the exact motion of the area around my mouse while scrolling one of my social network.

    FOMOUSE is a cartography of panic. Generated from the artist’s actual mouse trajectory during a compulsive scroll session on a social platform, the video documents what the body does under algorithmic pressure. What we see is blur—interface, text fragments, play buttons, numbers. What we hear is worse: notification sounds distorted into temple gongs, and a heartbeat that speeds up with every scroll.

    The effect is claustrophobic. Information overload. No breath. The images no longer communicate—they accumulate. The viewer feels the weight of FOMO not as a concept, but as a somatic tremor, pulsing through visual saturation.

    Rather than simulate the internet, FOMOUSE replicates its physical cost: the anxiety of missing out, the dopamine crash, the illusion of presence. There’s no end, no climax. Only motion. Only dread.
    You are not browsing. You are being browsed.

  • Lacrima Rea

    Microscopic Lacrima x Coins shape x Rain / Tears x Stars

    Les réseaux sociaux génèrent d’immenses profits pour leurs propriétaires, mais bien souvent une profonde tristesse pour leurs utilisateurs. À la manière d’une spirale à la Modern Times, les « lacrima coins » tournent encore et encore, avant de revenir inlassablement à leur point de départ. Des études scientifiques ont montré que chaque larme observée au microscope possède une structure unique selon l’émotion qui l’a produite.

    Quatre disques rotatifs — à première vue, des pièces antiques. Mais dans Lacrima Capital, il ne s’agit pas de monnaies impériales. Ce sont des larmes humaines vues au microscope, cristallisées et classées selon l’émotion qui les a façonnées : chagrin, colère, soulagement, impuissance.

    Inspiré d’études scientifiques réelles révélant que chaque type de larme laisse une empreinte moléculaire distincte, Clear Shadows transforme ces résidus invisibles en jetons circulants — gravés de souffrance, mis en rotation comme des engrenages. Le mouvement mécanique est accompagné du son d’une pluie continue : non pas apaisante, mais orageuse, oppressante.

    Ces « pièces-larmes » incarnent la manière dont les réseaux sociaux capitalisent les émotions : le chagrin devient signal, la vulnérabilité devient produit, chaque larme un point de données dans une spirale monétisée.

    Le système boucle. Les roues tournent.
    La tristesse alimente la machine.

    Et quelque part, quelqu’un s’enrichit à chaque fois que nous « pleurons ».

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    Social networks generate a lot of cash for their owners, but most of the time a lot of sadness for their users. Like a kind of Modern Times spiral, the lacrima coins are turning around and around, before coming back to the same departure position. Scientific studies observed that each microscopic view of a lacrima has specific forms depending on the cause of the tears.

    Four rotating discs—at first glance, ancient coins. But in Lacrima Capital, these aren’t currencies of empire. They are microscopic views of human tears, crystallized and categorized by the emotions that shaped them: grief, rage, relief, helplessness.

    Inspired by real scientific studies revealing that each type of tear leaves a distinct molecular imprint, Clear Shadows transforms these invisible residues into circulating tokens—engraved with suffering, spun like gears. The mechanical rotation is accompanied by the sound of rainfall, evoking not comfort but a storm of exploitation.

    These “lacrima coins” echo the capitalization of emotion by social networks: sorrow becomes signal, vulnerability becomes product, every tear a data point in a monetized spiral.
    The system loops. The wheels turn. The sadness feeds the machine.

    And somewhere, someone gets richer every time we « cry ».

  • I wish you a Merry Christmas

    uspendue dans l’espace, une constellation de molécules dorées compose un mobile fragile, presque immatériel. Inspirées des structures chimiques de la dopamine et de différentes drogues, ces formes s’entrelacent dans une chorégraphie silencieuse. Le moindre souffle les anime, modifiant leurs équilibres et projetant sur les murs des ombres mouvantes, plus grandes que les objets eux-mêmes. À première vue, l’installation évoque une décoration de Noël, légère, joyeuse et délicate. Pourtant, derrière cette apparente innocence se dessine une interrogation sur la fabrication contemporaine du bonheur. La dopamine, molécule associée notamment au désir et à la motivation, devient ici le symbole d’une société qui cherche sans cesse à stimuler ses circuits de récompense. Consommer, posséder, se divertir, recommencer. Les plaisirs se succèdent, les désirs se renouvellent, sans jamais trouver de repos durable. Les molécules de drogues se mêlent aux formes du plaisir ordinaire, brouillant les frontières entre stimulation naturelle et artificielle. Le mobile oscille sans avancer, à l’image de nos comportements répétitifs. Ses ombres amplifient les formes, comme nos attentes amplifient les promesses du bonheur. Le titre emprunte à Noël son injonction collective à la joie, à l’abondance et à la satisfaction. Mais peut-on encore souhaiter le bonheur lorsqu’il devient une obligation, un produit ou une réaction chimique à provoquer ? Dans cette mécanique délicate, la fête devient laboratoire et le plaisir, une équation instable. L’œuvre laisse flotter une question : que reste-t-il de la joie lorsqu’on cherche à la produire à tout prix ?

  • Gluetton Hands

    Mobile notification x Artist hands while scrolling x Flash Lights

    Ce glouton est une vidéo miroir de mes propres mains en train de scroller indéfiniment les fils d’actualité des réseaux sociaux. Récompenses sociales, murs infinis, notifications : ces mécanismes, inventés par les concepteurs des plateformes, sont les outils les plus efficaces pour capter la bande passante mentale et maintenir les utilisateurs captifs — générant ainsi des profits colossaux.

    Le monstre ne dort jamais très longtemps.
    Il s’éveille dès que les notifications s’emballent.

    Comme une entité vorace, The Glutton se nourrit du geste répétitif, de la tension musculaire, de la dépendance gestuelle. Ce n’est pas l’écran qui est filmé, mais ce qu’il fait au corps — aux mains qui glissent, se crispent, cliquent sans fin.
    La vidéo reflète moins une activité que sa ritualisation : un automatisme sans contenu, une chorégraphie imposée par l’économie de l’attention.

    Ce glouton, c’est le miroir de notre fatigue numérique.
    Et il grossit à chaque scroll.

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    This glutton is a mirroring video of my hands while scrolling indefinitely social networks walls. Social rewards, infinite walls and notifications, invented by social networks creators are the best ways to capture brain bandwith and keep people glued to their services and thus generate cash massively. Like a monster this glutton awakes once notifications accelerate.

  • Puppets

    Magnetic motion x dancing antic statues x brownian motion x disk sound

    Ces marionnettes métalliques suspendues s’inspirent des statues antiques et sont animées par des aimants, produisant un mouvement de rotation chaotique et aléatoire. Leur agitation mécanique, imprévisible, crée une chorégraphie de proximité sans contact.

    À l’image des réseaux sociaux, ces figures interagissent à distance : elles s’approchent, s’influencent, s’observent — mais ne se touchent jamais. Chacune reste enfermée dans son axe, comme dans une bulle algorithmique.

    L’œuvre met en scène l’illusion de lien : une société de silhouettes agitées, connectées sans intimité, actives sans ancrage.
    Le mouvement est continu, mais stérile.
    Comme si le chaos social était devenu une fonctionnalité.

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    These hanged metallic puppets are inspired from antic statues and are animated thanks to magnets, thus creating a chaotic random rotation motion. Like for social networks, puppets have distant interactions and can not touch each others.

  • Twalks

    Strangers walks on several surfaces x Brownian motion

    This video is inspired by the anonymity found in social networks and loneliness, where each element from this real brownian motion is vibrating but do not move from its original place, without interaction with each others

  • Bubbles

    Deep diving x mobile notification x Gun shot x Flash lights

    Les notifications mobiles peuvent rendre fous, anxieux, dépressifs… Les individus y cherchent des récompenses sociales, des connexions, un signe qu’ils existent aux yeux des autres — mais restent souvent désespérément seuls face à leur écran.

    Dans cette œuvre, des bulles d’air isolées flottent aléatoirement vers la surface, comme autant d’attentes suspendues. À chaque explosion de notification, une bulle éclate : fragile, fugace, inaudible… jusqu’à ce que le rythme s’emballe.

    Plus la scène plonge, plus les notifications s’accélèrent, jusqu’à ce que leur son se métamorphose en détonation sèche — un coup de feu. Ce crescendo sonore marque la bascule : la recherche de lien se retourne en violence, la connexion promise devient attaque.

    Ce n’est plus une interface.
    C’est un espace de tension.
    Et chaque ping est une pression de plus dans la chambre close de la solitude numérique.

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    Mobile notifications may make people crazy, anxious, depressed…they are seeking for social rewards and connections but often remain desesperatly alone in front of their screens. Isolated air bubbles are floating randomly towards surface once mobile notifications burst. Whereas the scene is diving deeper and deeper, notifications accelerate till transforming their sound into a gun shot.

  • I hate you

    Main hatred sentences x storm x synthetic voice

    Les réseaux sociaux sont aujourd’hui l’un des principaux terrains d’expression de la haine — souvent sous couvert d’anonymat. Ils permettent aux haters de se répandre sans filtre, sans conséquences immédiates, dans un espace conçu pour maximiser la diffusion, pas la responsabilité.

    Insultes, menaces, harcèlement, diffamation : cette haine en ligne engendre des conséquences bien réelles — maladies psychiques, dépressions, suicides, ruptures, violences, radicalisations. Ce qui hier aurait été contenu dans des cercles privés ou désamorcé par la distance, devient aujourd’hui viral, amplifié par les algorithmes et la logique du buzz.

    La haine ne naît pas des réseaux sociaux.
    Mais elle s’y propage comme un incendie dans une structure prévue pour brûler vite.

    Les plateformes ne sont pas neutres : elles facilitent, amplifient, monétisent cette violence émotionnelle.
    Ce ne sont pas seulement des outils. Ce sont des accélérateurs de catastrophe sociale.
    Et chaque commentaire haineux partagé, chaque « like » sous un contenu toxique, alimente une machine qui transforme la douleur humaine en flux.

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    Social networks are one of the main places where haters can express themselves, often anonimously, causing sickness, depressions, suicides, conflicts,…Hatred spread rapidly, creating social disasters and may not have occured without social networks as facilitators.

  • The Bride

    One tier of teenagers may feel depressed after having checked their favorite social network which is just the perfect place for perfect people sometimes with perfect hairs. This hairy bride is also echoing and inspired by a real brownian motion where particules are colliding randomly.

    Drawing & engraving on plexiglass – 30×20 cm

  • Rain is coming from the clouds

    Rain on my windows x Tears x Data

    Drawing – 30×20 cm

    À première vue, Rain is coming from the clouds semble représenter une scène naturelle banale : de la pluie tombant en rideaux verticaux, issue d’un motif nuageux. Mais en regardant attentivement, cette pluie se décompose en trois strates visuelles :

    • en haut, des traits verticaux denses, synthétiques, froids, sans variation — plus proches d’un flux de données que d’un phénomène météorologique
    • au centre, une trame faite de signes, fragments, pseudo-caractères — évoquant des scripts informatiques, du bruit visuel, ou encore des lignes de code corrompues
    • en bas, une constellation de points isolés, comme des gouttes standardisées, uniformes, sans trajectoire propre

    Ce n’est pas de la pluie, c’est une chute programmée. Le nuage n’est pas météorologique, il est numérique. Ce qui tombe n’est pas de l’eau, mais des flux d’information, des protocoles, des impulsions — et ce qui est mouillé, ce n’est pas le sol, mais la perception.

    Le titre, volontairement plat et descriptif (Rain is coming from the clouds), devient ironique dans le contexte numérique actuel : dans l’imaginaire contemporain, le « cloud » n’est plus céleste, mais informatique. Il ne fait pas pleuvoir de l’eau, mais des données — des notifications, des fragments de mémoire, des traces de soi.

  • Precious Time

    Millions of (per minute) : Google Translate words x Weather channel x Snap videos x Netflix x Facebook users

    Un carré, fermé, rigide. Une surface qui évoque un écran. À l’intérieur, des lignes se croisent, s’accumulent, s’enchevêtrent jusqu’à saturer l’espace.

    Chaque trajectoire correspond à un flux réel mesuré par minute dans l’économie numérique mondiale. Mots traduits sur Google Translate, consultations météo, vidéos regardées sur Snap, heures de Netflix consommées, utilisateurs actifs sur Facebook. Des millions d’actions invisibles, répétées sans interruption.

    Chaque ligne devient ainsi la trace graphique d’un comportement collectif. Une activité fragmentée, continue, presque automatique.

    Mais l’image ne montre pas des utilisateurs. Elle montre seulement des trajectoires. Des mouvements enfermés dans un carré.

    Le carré devient alors l’écran lui-même. Un cadre fermé où se concentrent des milliards de fragments d’attention humaine.

    Le temps circule, s’agite, se heurte, mais il ne sort jamais du cadre.

    Un temps précieux, capturé.

  • Addicted

    La forme évoque une gélule. Un comprimé gris, neutre, parfaitement calibré. Mais au lieu d’une poudre active, l’intérieur est rempli d’icônes: des « like » et des « love », répétés des centaines de fois, identiques, sans variation. Une pharmacologie du social.

    L’œuvre révèle une métamorphose silencieuse: les gestes numériques — liker, aimer, réagir — ont glissé du registre symbolique au registre addictif. Ils n’agissent plus comme des signes, mais comme des micro-doses. Chaque pouce levé stimule, chaque cœur récompense, chaque interaction déclenche un effet mesurable sur l’attention et la dopamine. Le réseau social devient une prescription involontaire.

    La capsule est divisée en deux moitiés parfaitement symétriques, comme un médicament à libération immédiate et prolongée. D’un côté, la gratification simple: le like, mécanique, rapide, sans engagement. De l’autre, l’apparence de l’attachement: le cœur, plus valorisant, plus intrusif, plus coûteux pour celui qui le reçoit. Deux molécules de la même addiction, deux intensités d’une dépendance émotionnelle fabriquée.

    La répétition des icônes traduit le véritable moteur de ces plateformes: la standardisation du désir. Rien n’est spontané, rien n’est personnel. Les émotions sont réduites à des symboles reproductibles, ingérés en continu. Au fil du temps, ce comprimé visuel remplace la relation réelle par un protocole automatique: aimer devient un geste réflexe, une décharge programmée, un mouvement appris.

    Dans Addicted — Pill × Like × Love, la gélule n’est plus un objet médical: c’est un miroir. Elle expose comment les systèmes de récompense intégrés aux plateformes ont colonisé notre intimité, jusqu’à en redéfinir les contours. Une pharmacologie du lien, distribuée à volonté, sans ordonnance, mais avec des effets secondaires majeurs: dépendance, anxiété, comparaison, besoin continu de validation.

    Le médicament, ici, n’est pas avalé. Il est cliqué. Et il agit tout autant.