Catégorie : Bodies

  • Shampoo

    Ikea board x dead tree x plastic fishes x plastic dress x influence x baby dolls

    Sous une branche morte, un cercle de petites poupées se rassemble en adoration, les yeux levés vers des méduses rose fluo suspendues. Mais ces créatures ne sont pas marines : ce sont des fragments d’emballages plastiques, déformés en appâts décoratifs.

    La scène évoque un rituel. Les poupées, dénudées et stylisées comme de minuscules influenceuses, fixent avec des yeux grands ouverts et identiques les objets flottants au-dessus d’elles. Toute différence a disparu — genrées, lissées, formatées — chaque figure reflète la suivante. Les masses roses flottent comme des idéaux artificiels, illusions suspendues, inaccessibles.

    Cette œuvre met en scène une satire troublante des rêves d’enfance façonnés par la beauté synthétique et l’influence algorithmique. Une publicité pour shampoing transformée en liturgie païenne : tableau de soumission, de fantasme consommé, et de fausse autonomie.

    Ici, tout est en plastique — y compris le désir.

    Beneath a lifeless branch, a coven of small dolls gathers in adoration, gazing upward at floating neon-pink fish. Yet these creatures are not marine life—they’re scraps of plastic packaging, deformed into decorative bait.

    The scene mimics a ritual. The dolls, stripped and stylized like tiny influencers, stare with wide, identical eyes at the objects above. All differences erased—gendered, polished, formatted—each character mirrors the next. The pink masses float like artificial ideals, suspended illusions impossible to grasp.

    This work stages an unsettling satire of childhood dreams shaped by synthetic beauty and algorithmic influence. A shampoo ad turned pagan liturgy, it is a tableau of submission, consumer fantasy, and false agency.

    Everything here is plastic—desire included.

  • Homo Cubile

    Vitruve man x Perfect man for e-commerce

    Ink on paper 30 x 40 cm

    À gauche, l’intemporel Homme de Vitruve de Léonard de Vinci — symbole d’harmonie, de symétrie, de proportion, d’intelligence et d’équilibre. À droite, son descendant dégénéré : Homo Cubile. Un corps non plus ouvert au monde, mais replié sur lui-même, enfermé dans des écrans, des calories et de l’automatisation.

    Dans ce diagramme satirique, le nouvel « homme parfait » pour l’e-commerce se résume à quelques fonctions :

    • Réduction du cerveau : effort cognitif minimal — l’IA et l’UX pensent à sa place.
    • Doigts agiles : assez vifs pour taper, scroller, cliquer, acheter.
    • Gros ventre : confort sédentaire optimisé pour consommer, non pour créer.
    • Jambes inexistantes : il peut rester sur son canapé

    Homo Cubile est à la fois critique et prophétie. Le corps idéal de l’économie numérique n’est plus sculpté ni transcendant — il est soumis, modulaire, rentable. Un humain compatible machine, façonné non par la nature ou l’esprit, mais par la logique marchande et l’ergonomie des écrans.

    Une anatomie de la décadence, enfermée dans un carré parfaitement dessiné.

    L’apogée de l’économie de la paresse

    On the left, da Vinci’s timeless Vitruvian Man—a symbol of harmony, symmetry, proportion, and balance. On the right, his degenerated descendant: Homo Cubile. A body no longer open to the world but closed in on itself, boxed by screens, calories, and automation.

    In this satirical diagram, the new “perfect man” for e-commerce is reduced to functions:

    • Shrink Brain: minimal cognitive effort required—AI and UX think for him.
    • Nimble Fingers: agile enough to tap, scroll, click, and buy.
    • Big Belly: sedentary comfort optimized for consumption, not creation.

    Homo Cubile is both critique and prophecy. The ideal body of the digital economy is no longer sculpted or transcendent—it is submissive, modular, and profitable. A machine-friendly human, shaped not by nature or spirit, but by market logic and screen ergonomics.

    Anatomy of decline, wrapped in a perfectly shaped square.

  • Spider

    Iron – 10 x 20 x 20 cm

    Avec une élégance troublante, cette créature arachnéenne étend ses pattes comme des antennes — prêtes à piéger, ressentir, cartographier. Forgée en fil de fer, sa matière n’est pas un hasard : froide, conductrice, invasive. Elle ne rampe pas sur les murs — elle circule dans le domaine numérique, tissant un réseau qui capture bien plus que des insectes. Elle scanne.

    Cette araignée n’est pas biologique. C’est une métaphore du Web lui-même. Silencieuse, omniprésente, résiliente, elle érige des architectures invisibles où la donnée devient proie. La sculpture évoque la surveillance, le traçage, le ciblage comportemental — et surtout, l’enfermement.

    La forme est légère, mais le sens est lourd.

    La toile est absente

    With unsettling elegance, this arachnid creature extends its legs like antennae—ready to trap, feel, map. Forged from wire, its material is no accident: cold, conductive, invasive. It does not crawl across walls—it crawls across the digital realm, spinning a network that entangles more than insects. It scans.

    This spider is not biological. It’s a metaphor for the Web itself. Silent, omnipresent, and resilient, it builds invisible architectures where data becomes prey. The sculpture references surveillance, tracking, behavioral targeting, and above all, entrapment.

    The form is light, but the meaning is heavy.

  • Puppets

    Gold Love x Iron Puppets x Web trapp x Gafam x Dead Tree shadow

    100 x 50 cm

  • Fake True

    IA generated faces x Removed senses

    Iron sculpture|

    Suspendus dans le silence, ces masques en fil de fer évoquent des visages humains déformés — réceptacles vides, sans oreilles, sans bouche, sans yeux, originalement généré par une IA. Ils flottent tels des fantômes numériques, hantant l’espace par une absence troublante d’identité et de perception. Chaque forme rappelle le bruit génératif de l’intelligence artificielle tentant de simuler l’humain sans jamais en saisir l’essence.

    Ces « visages » ne sont ni vrais ni faux, mais des composites dérangeants, nés d’ensembles d’entraînement et d’abstraction. Leurs sens manquants témoignent d’un monde où la donnée remplace l’expérience, où l’expression devient un écho sans origine. Ou le digital remplace l’humain.

    Le spectateur se retrouve face à un miroir… qui ne reflète plus rien.

    Suspended in silence, these wireframe masks evoke distorted human faces—empty vessels devoid of ears, mouths, or eyes. They float like digital phantoms, haunting the space with an eerie absence of identity and perception. Each form recalls the generative noise of artificial intelligence attempting to simulate the human without ever grasping its essence. These “faces” are neither real nor false, but unsettling composites born from training sets and abstraction. Their missing senses speak to a world where data replaces experience, and expression becomes an echo without origin. The viewer confronts a mirror that does not reflect.

  • The Clock

    Clock x life cycle x mobile phone

    The clock s’inscrit dans une logique de capture du quotidien par l’écran, une mécanique silencieuse où chaque moment de la journée se trouve absorbé, cadré, puis redistribué par le mobile. Le matin commence dans la lumière froide du téléphone, premier geste, premier regard, avant même le réel. L’individu s’y projette immédiatement, planifie, consulte, répond, s’inscrit déjà dans un flux qui ne lui appartient plus entièrement. À midi, le geste se prolonge, commander, choisir, valider, tout passe par l’interface, réduisant l’expérience à une succession d’actions optimisées. Dans les transports, le corps est présent mais l’attention ailleurs, captée, fragmentée, aspirée par l’écran. Le regard se baisse, les postures se ferment, les gestes deviennent répétitifs, presque automatiques. La journée s’écoule ainsi, découpée, rythmée, administrée par des signaux invisibles, notifications, rappels, sollicitations permanentes. Le temps ne se vit plus, il se consulte. Chaque instant est indexé, anticipé, parfois même remplacé par son équivalent numérique. Il reste peu de place pour l’imprévu, pour l’errance, pour ce qui échappe au cadre. The clock matérialise cette tension, une vie chronométrée, contenue dans une structure rigide où chaque segment semble assigné à une fonction. L’espace vide devient alors aussi important que les lignes, révélant ce qui disparaît, le hors-champ, le non-mesurable. Ce qui n’est pas prévu n’existe presque plus, ou seulement à travers l’écran qui le valide. L’individu se retrouve ainsi dans une boucle continue, entre contrôle et dépendance, où le temps n’est plus un flux mais une grille.

    A minimalist circle, dissected and cadenced like a clock, where each hour is no longer a number but a movement of the body. The figure, barely outlined, fragments into angular postures that repeat a modern ritual: waking, commuting, working, scrolling. The smartphone, omnipresent, becomes the silent axis around which the day turns. The drawing does not show the passage of time—it embodies its mechanical absurdity. The precision of the lines contrasts with the alienation they depict: an existence reduced to routine, tracked and controlled by invisible metrics. The gesture is both universal and intimate—a choreography of constraint.

  • As usual

    A stripped-down visual loop. The life cycle of a modern connected human — sketched in its most essential mechanics. Four minimal postures, rigid and cold, that could belong to anyone: standing, sitting, commuting, lying. The presence of a device — phone or laptop — never fades, clinging like an extension of the hand or spine.

    Here, the machine does not dominate by force but by repetition. The movements are automated, the transitions seamless. There is no beginning, no climax, no relief.

    The final posture is the most disturbing: the body reclines horizontally, still tethered to the screen. Is it sleep? Or something terminal? The ambiguity hangs in the silence. It is the moment when function, fatigue and disappearance become indistinguishable.

  • Sun is beyond the cloud

    Clouds x Random walking x No water x No sun

  • Gluetton

    Scrolling addicted hands x binary sentence x Monster face

    Two hands, symmetrically mirrored, rise and fall in an endless scroll—at once mechanical, monstrous, and intimate. This looping gesture, captured from the artist’s own body, is overlaid with a curtain of binary code: an unreadable confession, a punishment encrypted. Beneath the digits, a form emerges—a face, or perhaps a beast born from habit and repetition.

    In Gluetton, the fingers become organs of addiction, wired for frictionless compulsion. Recent medical studies are evoked: scrolling injuries, early-onset joint degeneration, a digital-age arthritis born not from labor, but from endless consumption.

    This is the portrait of a new user-species—part mammal, part machine, part captive. The name Gluetton fuses gluttony and glue: a creature stuck in its own hunger. It feeds on feeds. And it cannot stop

  • Uberlazied

    Old greek x Couch x Laziness economy

    Un corps néoclassique, idéalisé et lisse, repose sur un trône synthétique : le canapé. La virilité de la Grèce antique rencontre le confort de l’économie des plateformes. Ce n’est pas un héros au repos, c’est un monument à la passivité, façonné par l’hyper-efficacité et la sur-assistance. Tout est blanc. Tout est silencieux. La statue ne parle pas, ne bouge pas, n’a besoin de rien. L’homme « ubérisé par la paresse » n’est plus un penseur ni un guerrier, seulement un utilisateur, optimisé, immobile, esthétiquement stérile. La tension naît de cette contradiction : des muscles divins, sculptés pour l’action, pétrifiés par le confort. C’est le client parfait de l’économie de la paresse. Celui qui scrolle au lieu de chercher, qui commande au lieu de se déplacer, qui clique au lieu d’agir. Les géants du numérique n’ont aucun intérêt à l’éveiller. Son inertie est leur modèle économique. Tant qu’il reste assis, il produit : des données, de l’engagement, de l’argent. Un corps immobilisé, un esprit soumis, mais extrêmement rentable.

    —–
    A neoclassical body, idealised and smooth, reclines on a synthetic throne: the couch.
    The virility of ancient Greece meets the comfort of the gig economy. This is not a hero resting—it’s a monument to passivity, shaped by hyper-efficiency and over-servicing.
    Everything is white. Everything is silent. The statue doesn’t speak, doesn’t move, doesn’t need to.
    The ‘Uberlazied’ man is no longer a thinker or a warrior, just a user—optimised, idle, aesthetically sterile.
    The tension lies in this contradiction: divine muscles, sculpted for action, petrified by convenience.

    This is the perfect client of the laziness economy.
    The one who scrolls instead of searching, who orders instead of moving, who clicks instead of acting.
    The digital giants have no interest in awakening him. His inertia is their business model.
    As long as he stays seated, he produces: data, engagement, money.
    A body immobilised, a mind subdued—yet hyperprofitable.

  • Data Beats Emotion

    Audio recording Z. at American Congress x Start-up Mantra
    This work unfolds in two registers. First, as a visual transcription: the tear-shaped forms are not human sorrow, but the soundwave of Z. public apology before the U.S. Congress. No visible emotion. No rupture. Just the smooth, calculated rhythm of a voice designed not to tremble.

    Second, as a title—Data Beats Emotion—the phrase echoes a dominant mantra in the startup world. In tech culture, feelings are noise. Growth requires data: measurable, scalable, testable. Emotion is seen as inefficiency—something to simulate perhaps, but never to follow.

    By overlapping these layers, the piece reveals a tension: between affect and performance, between sincerity and computation. The tear is not real—it is rendered.
    And the apology, like the system it represents, is more a metric than a moment.

  • Addictions

    Mobile x Addiction molecules

    Iron – Wood – Pine balls | 70 x 40 x 40 cm

    Cette sculpture cinétique flotte avec délicatesse dans l’espace, mais son élégance dissimule une vérité brutale : chaque forme géométrique reproduit la structure moléculaire exacte de substances addictives — alcool, cocaïne, nicotine, opioïdes. Suspendue comme un mobile d’enfant, l’œuvre détourne son innocence en incarnant les mécanismes biochimiques de la dépendance.

    L’équilibre est trompeur : un simple mouvement dérègle l’ensemble, rappelant la fragilité du contrôle neurochimique. La lumière projette des ombres emmêlées, prolongeant l’emprise chimique au-delà de l’objet lui-même.

    L’œuvre met en scène l’addiction comme un système, une chorégraphie — silencieuse, belle, et profondément destructrice.

    Une innocence perdue

    This kinetic sculpture floats delicately in space, yet its elegance masks a brutal truth: each geometric shape reproduces the exact molecular structure of addictive substances—alcohol, cocaine, nicotine, opioids. Suspended like a child’s mobile, the piece subverts its innocence by embodying the biochemical mechanisms of dependency. The balance is deceptive: a single movement disrupts the whole, echoing the fragile equilibrium of neurochemical control. Light casts tangled shadows, extending the chemical grip beyond the object itself. The work stages addiction as both system and choreography—silent, beautiful, and deeply destructive.

  • Handroid

    Glass hand x Printed circuit x Empty smartphone

    A transparent hand, filled with printed circuitry, holds an immaculate smartphone—yet the screen is blank. No app. No notification. No signal.

    This synthetic body-part, part-prosthesis, part-avatar, is not simply a hand: it’s an interface. Designed for the gesture of grasping the device, its entire architecture serves the object it holds. But what happens when the object is hollowed out?

    By exposing the internal wiring and rendering the phone as a void, Handroid questions who holds what—or whom. Is the hand using the phone, or is the phone defining the hand? The piece echoes our current state of symbiosis: where the body becomes optimized for digital consumption, and the tool becomes the master.

    The future is already here, and it’s holding on tight.

  • Dopa Screen

    Dopamine synthesis x screen shadows x kids hands x universe x La nuit étoilée

    Photo 30 x 40 cm

    Des dizaines de petites perforations irrégulières illuminent une surface brun poussiéreux, comme une carte céleste. Pourtant, il ne s’agit pas d’une vision du cosmos, mais d’un plan biochimique : le motif reproduit avec exactitude la synthèse moléculaire de la dopamine, ce neurotransmetteur qui régule nos récompenses, nos pulsions, nos dépendances.

    Le carton est tenu par la main d’un enfant — à peine visible, mais essentielle. C’est ce geste qui transforme cette carte de signaux neuronaux en ciel étoilé. Une tension fragile émerge : entre l’innocence du jeu et l’omniprésence du conditionnement comportemental.

    La surface est déchirée, imparfaite. La lumière est artificielle. Mais l’évocation est immense. Il ne s’agit pas simplement d’une molécule représentée. C’est un écran — au sens propre comme au figuré — à travers lequel toute une génération voit, ressent, réagit, clique. Une réflexion poétique mais incisive sur la manière dont les environnements numériques détournent, dès l’enfance, nos circuits neurochimiques les plus primitifs.

    Dozens of small, irregular punctures light up a dusty brown surface like a constellation map. Yet this isn’t a view of the cosmos—it’s a biochemical blueprint. The pattern mimics the exact molecular synthesis pathway of dopamine, the neurotransmitter that governs our rewards, urges, and dependencies.

    The cardboard is held by a child’s hand—barely visible, but crucial. Their gesture is what transforms this map of neuronal signals into a starry sky. A fragile tension appears: between the innocence of play and the omnipresence of behavioural conditioning.

    The surface is torn, imperfect. The light is artificial. But the evocation is vast. This is not just a representation of a molecule. It is a screen—literal and metaphorical—through which an entire generation sees and feels, reacts and clicks. A poetic yet critical reflection on how digital environments hijack primal neurochemical circuits, from childhood on.

  • Dopa

    Dopamine synthesis

    At first glance, Dopa resembles a minimalist circuit board: glowing nodes, clean intersections, crisp linearity. But beneath its aesthetic geometry lies a biological deception—this is the biochemical pathway of dopamine synthesis, redrawn in the language of electronic engineering.

    By merging molecular biology with digital systems design, Clear Shadows underscores a haunting truth: dopamine—the molecule of pleasure, motivation, reward—is no longer just biological. It has become a product, a KPI, a currency manipulated by algorithms designed to maximize engagement, scroll time, and dependence.

    This map is not neutral. It’s a weaponized diagram, a portrait of how Big Tech reengineers human behavior by hacking brain chemistry itself.

    Dopa is not just a circuit. It’s a trigger, drawn with surgical precision. You’re not addicted to your phone.
    You’re addicted to what it’s learned to release.

  • Me and My Couch

    Brain x Basic need x Couch x Laziness economy

    Ink on paper 30 x 40 cm

    Essaie de deviner qui sont les points sans étiquette, tu les connais tous !

    Cette œuvre se présente comme une carte cérébrale — mais elle fonctionne plutôt comme un miroir. Une neuroéconomie spéculative où le Moi n’est plus un sujet, mais un nœud. Un corps réduit à des besoins primaires : manger, penser, ressentir, jouer, aimer, se reposer. Tous ces élans — légitimes, profondément humains — sont désormais interceptés, détournés, optimisés.

    Le canapé n’est pas un confort : c’est un piège. Autour, des nœuds anonymes pulsent en silence des besoins primaires. Mais on peut deviner :

    – ce point rose près de Manger pourrait bien être les plateformes de livraison
    – celui proche de Penser ressemble fort aux moteurs de suggestion IA
    – celui qui gravite autour de Émotion évoque les algorithmes de recommandation de contenu
    – le point à peine visible entre Jouer et S’informer pourrait être les plateformes de streaming
    – et celui niché entre Sexe et Amis chuchote le nom des applis de rencontre ou des réseaux sociaux

    Cette cartographie ne montre pas un cerveau, mais un écosystème économique parasitant son hôte. Un monde où chaque besoin fondamental est intermédié, capté, converti en chiffre d’affaires.
    L’économie de la paresse n’est pas un accident : c’est l’aboutissement du capitalisme numérique — mouvement minimal, conversion maximale.

    L’intention ultime serait-elle de nous laisser sur notre canapé à scroller, en remplissant nos besoins primaires virtuellement

    Au centre : un individu.
    À la périphérie : une industrie à plusieurs milliards.
    Entre les deux : l’érosion lente de l’autonomie… et peut-être de la condition humaine elle-même.

    Try to guess who are unlabelized points!

    This work presents itself as a cerebral map—but it operates more like a mirror. A speculative neuroeconomy where Me is no longer a subject, but a node. A body reduced to primal needs: eat, think, feel, play, love, rest. All these impulses—legitimate, human—are now intercepted, diverted, optimised.

    The couch is not a comfort; it’s a trap. Around it, unnamed nodes pulse silently. But one can guess:
    – that pink dot near “Eat” might be food delivery platforms
    – that one by “Think” could well be AI suggestion engines
    – the one orbiting “Emotion” seems like content recommendation algorithms
    – the barely visible node linking “Play” and “Inform” could be streaming platforms
    – and the one tucked between “Sex” and “Friends” whispers dating apps

    This mapping doesn’t just show a brain. It reveals an economic ecosystem parasitising its host. One where every basic human need has been intermediated, captured, converted into revenue. The laziness economy is not accidental—it is the endgame of digital capitalism: minimal movement, maximal conversion.

    At the core: an individual.
    At the periphery: a billion-dollar industry.
    In between: the slow erosion of autonomy, and perhaps, of the human condition itself.

  • Chemical Happiness (circuit)

    Dopamine synthesis x Printed Circuit

    Ce circuit imprimé détourne le motif de la biosynthèse de la dopamine pour transformer un schéma biochimique en objet critique. Les lignes blanches ne dessinent pas un simple réseau électronique : elles reprennent la chaîne qui mène de la tyrosine à la dopamine, comme si la chimie du désir avait été gravée sur une carte mère. La surface verte, les trous, les connexions, les composants ajoutés et les diodes visibles donnent au dessin scientifique l’apparence d’un dispositif technique prêt à fonctionner. Le circuit devient alors une image double : à la fois représentation du vivant et architecture de sa capture. La dopamine, molécule associée au plaisir, à la motivation, à l’apprentissage et à la récompense, apparaît ici comme le point de contact entre le cerveau et les machines contemporaines. Le téléphone désossé, replacé par fragments sur la plaque, rend cette relation immédiatement concrète. Sa caméra, placée au cœur de la composition, devient un œil technique : elle rappelle que les plateformes ne se contentent pas de stimuler, elles observent, mesurent, enregistrent et ajustent en continu. Les cartes mères, transistors, connecteurs, modules, touches de télécommande et boutons d’avance (sans bouton de retour) évoquent une interface de commande appliquée au comportement humain. Ce qui semblait relever de la biologie devient un tableau de bord. Chaque trou, chaque diode, chaque branchement suggère une micro-interaction : notification, like, scroll, vibration, retour visuel, récompense sonore. L’économie de l’attention repose précisément sur cette mécanique : provoquer un signal bref, répété, suffisamment agréable pour produire l’habitude. Le circuit imprimé donne une forme matérielle à cette stratégie invisible. Il montre comment un mécanisme biologique ancien, nécessaire à l’élan et au désir, peut être capté par des objets conçus pour orienter nos gestes. La synthèse de la dopamine n’est plus seulement un processus moléculaire, elle devient ici le schéma d’une industrie. Les composants arrachés au téléphone et redisposés sur le dessin agissent comme des preuves matérielles. Ils contaminent la pureté du diagramme scientifique et révèlent ce qu’il cache désormais : une machine à capter l’attention, à piloter les impulsions, à transformer la récompense en dépendance douce.

  • Puppet dance

    Museum Puppets x Digital transformation x Manipulation

  • Dancing Puppets

    Iron puppets x Chaotic movement

    Iron sculpture & magnets 50 x 50 x 50 cm

    Trois silhouettes filiformes surgissent dans un mouvement spectral, façonnées en fil de fer torsadé — humanoïdes mais fracturées, comme sculptées en plein spasme. Leurs formes fantomatiques évoquent à la fois la vitalité et la déformation, prises dans une danse sans rythme ni intention.

    Dancing Puppets met en scène une chorégraphie du contrôle et du désordre : des corps animés par des forces invisibles, privés de volonté, dansant au rythme d’un algorithme. Ce chaos n’est pas aléatoire — il reflète nos gestes sous des systèmes que nous ne maîtrisons plus.

    Ces marionnettes, c’est nous : emmêlés, réactifs, déconnectés, mais synchronisés avec une machinerie devenue trop complexe pour être comprise.

    Three wiry figures emerge in spectral motion, crafted from twisted iron wire—humanoid but fractured, as if sculpted mid-twitch. Their ghostly forms suggest both vitality and distortion, caught in an endless dance without rhythm or intent. Dancing Puppets stages the choreography of control and disarray: bodies animated by invisible forces, stripped of agency, dancing to an algorithmic beat. The chaos is not random—it mirrors our movements under systems we no longer master. These puppets are us: tangled, reactive, disconnected yet in sync with a machinery too complex to grasp.