






Ces sphères brillantes semblent précieuses, presque cosmiques, posées en constellation régulière sur une surface granuleuse. Leur éclat rouge, vert ou orangé capte la lumière, donne une impression de pureté, de signal clair, d’information maîtrisée. Elles paraissent délicates, calibrées, presque esthétiques dans leur répétition. Pourtant ce ne sont que des gouttes d’encre déposées sur le plastique d’un sachet de salade, issues d’un code nutritionnel imprimé en surface, avec ses lettres et ses couleurs rassurantes. Ces points colorés prétendent orienter, informer, simplifier, mais participent aussi à une mise en scène visuelle qui masque la complexité de ce que l’on consomme. Parfois outil utile, parfois argument marketing, parfois simple vernis rassurant, ces marques imprimées deviennent une couche supplémentaire entre le produit et le regard. Elles ne pénètrent pas la matière, restent en suspension à la surface du plastique, comme une promesse flottante. Elles sont omniprésentes, répétées à l’infini sur des millions d’emballages. Ces gouttes d’encre que personne ne choisirait pour elles mêmes, qu’il faudra pourtant produire, imprimer, jeter, recycler.
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