Catégorie : Serie : Non cogito ego sum

  • Non Cogito Ego Sum

    Le choix du néon s’impose comme une évidence après l’hésitation initiale avec la pierre. Là où la pierre tombale aurait figé la phrase dans une temporalité longue, presque archéologique, le néon l’inscrit dans l’immédiateté, dans le flux, dans le langage visuel contemporain. Il appartient à la ville, à la publicité, aux vitrines, aux signaux qui captent l’attention sans effort. Il ne demande pas à être lu, il s’impose.

    L’inscription reprend les codes de la capitale romaine antique, rigueur des empattements, proportions maîtrisées, usage du V à la place du U. Mais cette référence à une pensée fondatrice est immédiatement détournée. Non cogito ego svm ne cherche pas la justesse grammaticale. Elle opère comme un glissement, une dégradation volontaire, presque imperceptible, qui mime l’érosion progressive des structures cognitives.

    Le néon rose agit ici comme un révélateur. Couleur du désir, de la gratification immédiate, des interfaces séduisantes, il transforme une formule philosophique en slogan lumineux. La pensée devient signal. Le langage devient surface.

    Ce déplacement révèle une mutation récente. Penser n’est plus central. Ce qui domine est l’entretien de soi, de son image, de son ego, de ses désirs primaires. L’individu se regarde, se met en scène, se mesure. Le collectif s’efface derrière une multitude de subjectivités exposées.

    La phrase fonctionne alors comme une mise en abîme. Elle dit ce qu’elle produit. Elle existe précisément parce que les outils numériques permettent cette exposition permanente, cette répétition, cette diffusion globale. Le néon ne se contente pas d’éclairer le mur, il rejoue le fonctionnement même des plateformes, capter, séduire, retenir.

    Ce qui était autrefois une affirmation de l’existence par la pensée devient ici l’aveu inverse. Une présence sans réflexion. Une existence maintenue par le flux.

  • T’inquiète!

    Micro-influencers x sorrow x plugs x pink & blue lights

    Sur un angle de mur, deux systèmes lumineux coexistent sans jamais se rencontrer. À gauche, le rose sature l’espace. Il met en scène une vie idéale, découpée en fragments simples, lisibles, immédiatement désirables. Corps performants, vacances, discipline alimentaire, soleil permanent. Tout est propre, réduit à des pictogrammes séduisants, calibrés pour être vus, likés, répétés. Le monde des influenceurs devient une grammaire visuelle minimale, sans friction, sans épaisseur, où chaque scène est une promesse.

    À droite, le bleu absorbe. Un corps replié, sans visage, sans projection possible. Il ne produit plus d’image, il subit. La lumière n’éclaire pas, elle isole. Elle rappelle celle des écrans, froide, nocturne, persistante. Ici, plus de narration, plus de performance. Seulement des états diffus, tristesse, anxiété, jalousie, haine, qui ne trouvent plus de forme partageable. Le corps se tourne, se retire, se place dans l’angle comme une variable sortie du système.

    Les deux champs sont proches, presque contigus, mais ne communiquent pas. Ils sont pourtant branchés sur une même source. Une seule prise alimente simultanément l’idéal et l’effondrement. Ce détail discret reconfigure toute la lecture. Ce qui produit la projection rose produit aussi la chute bleue. Même infrastructure, mêmes logiques, mêmes boucles.

    Le face-à-face est impossible. Les néons ne se voient pas. Ils opèrent dans des régimes distincts, mais synchrones. D’un côté, la mise en scène permanente d’une vie optimisée. De l’autre, les effets secondaires invisibles de cette exposition continue. La comparaison devient structurelle, automatique, intégrée.

    Le titre agit comme une injonction douce. T’inquiète. Il masque, il rassure, il neutralise. Il dit exactement l’inverse de ce qui se joue. Derrière la légèreté apparente, une mécanique psychique se met en place, documentée, répétée, mesurée. Une désestime lente, une fatigue émotionnelle, particulièrement chez les plus jeunes, pris dans ces flux d’images irréconciliables.

  • Peanuts

    Une partie filmée:

    La grille de points

    Gaming x Manipulation x Circuit x Rewards x Social networks x Lemmings x Maze x Shepard music x Vibe coding

    Un espace blanc, sans bord, sans profondeur, où quelques lignes noires imparfaites dessinent un enchevêtrement de plateformes suspendues, comme un labyrinthe ouvert qui ne laisse pourtant presque aucune sortie. Rien n’est fermé, tout est accessible, et pourtant tout ramène ailleurs, toujours dans le même circuit, dans la même dérive contrôlée. Des silhouettes noires apparaissent, régulières, presque mécaniques, glissent d’une plateforme à l’autre, hésitent brièvement, se trompent, se corrigent, se percutent, se dispersent, puis se réalignent, comme si chaque trajectoire contenait déjà sa propre rectification. Le mouvement ne s’interrompt jamais, il se recompose en permanence, absorbant chaque incident comme une simple variation interne.

    La chute n’est pas un échec, elle est une production. Disparaître ne rompt rien, bien au contraire. Le système intègre la perte comme un carburant discret, une micro-optimisation silencieuse, une augmentation du score du jeu. Les corps s’accumulent parfois, s’engorgent sur une plateforme, attendent une élévation qui tarde, puis cèdent, débordent, tombent, et le flux reprend, intact, légèrement modifié mais jamais altéré. Une plateforme monte, sans câble, portée par une vis sans fin visible, pure mécanique sans finalité, image minimale d’un progrès circulaire.

    Au milieu de cette circulation, une figure rose subsiste, à peine distincte, presque noyée dans la masse, mais dont la disparition suffit à interrompre l’ensemble et marquer la fin du jeu. Le joueur agit, injecte des états, déclenche des anomalies locales, attire les corps, les ralentit, les alourdit, les excite, les suspend. Il peut provoquer des pleurs, de la colère, de l’immobilité, faire apparaître des charges, des objets, des ralentissements, créer des points d’attraction ou de friction. Mais chaque action, loin de rompre le cycle, l’épaissit, le densifie, le rend plus stable encore. Le pouvoir proposé est un pouvoir de modulation.

    Le score s’accumule sans plafond, s’étire vers l’infini comme une promesse qui ne s’achève pas. Il récompense la chute, la perturbation, l’émotion injectée, la désorganisation contrôlée. Plus le système est sollicité, plus il répond, plus il produit de points, plus il incite à continuer. Il n’y a plus de temps à battre, plus de fin à atteindre, seulement une progression abstraite, un chiffre qui monte, indépendamment de toute réussite réelle. Perdre est possible, mais assez rare sauf à le provoquer, presque accidentel, comme si le système préférait conserver le joueur à l’intérieur plutôt que de le sanctionner.

    Le rythme s’installe, répétitif, hypnotique, proche des architectures anciennes du jeu vidéo, mais vidé de leur logique de défi. Ici, on ne gagne pas, on prolonge. Une montée sonore continue comme une boucle de Shepard accompagne cette sensation, tension permanente qui ne se résout jamais, une ascension perceptive sans sommet, qui maintient le corps et l’attention dans un état intermédiaire, ni satisfaction, ni frustration totale.

    Vibecodé, produit rapidement, presque sans recul, le jeu conserve les traces de cette fabrication accélérée, lignes imparfaites, proportions instables, répétitions visibles. Cette économie de moyens n’est pas un manque, elle devient un langage, celui d’un secteur saturé, qui produit des boucles plus vite qu’il ne produit du sens. Le labyrinthe n’est pas un décor, c’est une structure mentale, une machine à capter, à retenir, à faire circuler. Chaque action du joueur confirme son appartenance au système, chaque tentative de contrôle renforce l’architecture qui l’englobe. On ne cherche plus à sortir, on apprend à rester, à optimiser sa présence, à accompagner le flux, dans un espace où tout semble ouvert, mais où rien ne s’échappe.

  • MeBetter App

    Pour que vous deveniez une meilleure version de vous-même. Oui, vous. Actuellement en recherche de 100 millions d’euros. MeBetter vous accompagne au quotidien. L’app se connecte à vos lunettes, votre smartphone, votre montre, votre bague, votre balance, bientôt à votre grille-pain. Elle vous écoute, vous analyse, vous coache. En continu. Pas de blabla. Juste du coaching opérationnel pour: booster votre charisme, améliorer vos interactions au travail, avec vos collègues et votre hiérarchie, affiner votre posture et votre présence, optimiser votre bien-être, détecter vos maladresses de langage, optimiser votre vie sentimentale, recevoir chaque soir, à 20h05 précises, un rapport détaillé sur vos zones de progression. Le tout dans un ton bienveillant, mais légèrement passif-agressif. Parce que c’est comme ça qu’on progresse. Grâce à MeBetter, devenez la version de vous-même que LinkedIn aimerait voir. Plus éloquente, plus impactante, plus persuasive, plus successful. Même si, au fond, vous rêviez surtout d’une sieste. Des milliers d’heures de personal improvement vous attendent. Gratuit. Enfin, jusqu’à la version Premium à 39,90 € par mois, avec IA intégrée. Détection des silences gênants en visio incluse. Suppression des publicités ultra-intrusives en option. Des publicités qui, de toute façon, vous connaîtront mieux que personne.

  • They stole it

    Prometheus x Olympic fire x Smartphone x Canvas x Negative x Phone

    Un écran monumental se tient debout dans l’espace. Sa forme rappelle immédiatement celle d’un smartphone, mais vidé de toute fonction, de toute interface, de tout usage. Il ne renvoie plus à un objet personnel, mais à une présence verticale, blanche, presque silencieuse.

    L’image est en négatif. La lumière n’éclaire plus, elle consume. Ce qui devrait révéler semble avoir déjà brûlé la surface qu’il habite.

    Au centre, une trace sombre apparaît. Une flamme, ou plutôt ce qu’il en reste. Un feu inversé, absorbé, comme s’il avait laissé son empreinte plutôt que sa lumière. Certains y reconnaissent le feu de Prométhée, d’autres la flamme olympique. Un feu censé unir, transmettre, élever. Un feu devenu image, rituel, symbole figé.

    Ici, le feu ne circule plus. Il ne passe plus de main en main. Il reste enfermé dans l’écran, stabilisé, contenu, neutralisé. Il n’éclaire pas l’espace réel. Il se suffit à lui-même.

    L’ombre qu’il laisse dessine une autre origine. Plus ancienne, plus organique. Une forme qui évoque l’Origine du monde, déplacée, désincarnée, technologisée. L’origine n’est plus le corps, elle est devenue surface.

    Mais une autre lecture demeure possible, plus triviale. Un matelas. Un mégot de cigarette. Une brûlure accidentelle, laissée là comme une trace de passage. Le feu n’est plus sacré. Il est devenu résidu.

    Le mythe de Prométhée affleure sans être raconté. La transgression a déjà eu lieu. Le feu a été pris. Mais le châtiment ne frappe plus un héros. Il s’est diffusé, dissous dans l’image, dans l’objet, dans le regard.

    Le feu n’éclaire plus le monde. Il éclaire l’écran. Et l’humanité, immobile, ne reçoit plus la flamme. Elle la contemple.Lighting

    Photo 40×60

  • Moi

    Projection x blue screen x couch economy x cavern myth

    Un corps assis.
    Un canapé réduit à sa fonction minimale.
    Un écran, face à lui.

    La lumière ne vient pas de l’image. Elle vient d’ailleurs. Invisible, directive, elle projette sans éclairer. Ce qui apparaît sur l’écran n’est pas une représentation fidèle, mais une ombre recomposée, légèrement décalée, déjà séparée de celui qui la produit. Un infime glissement suffit à installer le trouble.

    L’homme ne regarde rien d’extérieur.
    Il assiste à sa propre projection.

    Le corps est lisse, anonyme, sans signes distinctifs. Ni visage, ni regard identifiable. L’individu est là, présent physiquement, mais absent à lui-même. Il ne fait plus face au monde, il fait face à un système qui le lui renvoie sous une forme simplifiée, stabilisée, contrôlée.

    Le canapé n’est pas un objet de repos. C’est un dispositif d’arrêt. Il accueille le corps pour mieux le fixer, pour installer la durée, pour rendre l’immobilité acceptable. Le confort devient une condition de la passivité.

    L’écran ne raconte rien. Il confirme. Il boucle. Il renvoie l’individu à une version de lui-même déjà traitée, déjà normalisée. L’image ne ment pas, elle réduit.

    La scène évoque une caverne sans murs, sans chaînes, sans contrainte visible. Une caverne domestique, douce, volontaire. Ici, l’ombre n’est pas imposée, elle est préférée. Elle rassure. Elle évite la confrontation. Elle protège du réel.

    L’œuvre parle d’un basculement silencieux.
    Celui d’un monde où l’on ne regarde plus ce qui est, mais ce que le système accepte de projeter de nous.
    Une existence vécue par procuration, assise, stable, optimisée.

  • I ‘m a Unicorn

    Dead tree x Wood x Color Pencil x Trophy Hunting

    Wood – pencil – Iron | 70 x 40 x 30 cm

    Cette sculpture fusionne la solennité d’un trophée de chasse avec la fragilité d’une créature fantasmée. Une branche noueuse de romarin, évoquant des bois, s’élève depuis un tronc incrusté de copeaux de crayons pastel — traces de création, d’érosion et d’épuisement. La naiveté de l’enfant a cessé.

    La licorne, icône de pureté et d’imaginaire, est étrangement absente : ne subsiste que son socle évidé, exposé comme une conquête. Ici, la licorne devient la proie ultime — non des chasseurs d’autrefois, mais des start-ups modernes lancées dans une course effrénée à la disruption.

    C’est la tête trophée du capitalisme de l’innovation, où même le merveilleux doit être dompté, scalé et monétisé.

    This sculptural hybrid merges the solemnity of a hunting trophy with the fragility of a fantasized creature. A gnarled branch, shaped like antlers or a horn, rises from a trunk encrusted with pastel pencil shavings—traces of creation, erosion, and overuse. The unicorn, icon of purity and imagination, is conspicuously absent: what remains is its hollowed pedestal, a relic displayed like a conquest. In this reading, the unicorn becomes the ultimate prey—not of ancient hunters, but of modern start-ups chasing disruption at all costs. It is the prize head mounted by innovation’s self-congratulatory culture, where even the fantastical must be subdued, scaled, and monetized.

  • The duck

    Gold x Unicorn x Wood x Metal x Shadow

    Suspendue entre fragilité et imposture, cette sculpture en fil métallique esquisse une forme instable, oscillant entre un canard disloqué et une figure mythologique fantasmée. À première vue, rien ne tient vraiment, les lignes s’emmêlent, hésitent, trébuchent presque. Et pourtant, sous un éclairage précis, l’ombre projetée sur le mur se redresse, s’étire et devient licorne. Une silhouette parfaite, puissante, désirable. Mais cette licorne n’existe pas. Elle n’est qu’une projection, une construction optique, un récit fabriqué. La matière réelle, elle, reste chaotique, fragile, presque grotesque. Le fil doré évoque la valeur, le prestige, les milliards promis, mais il ne produit qu’un enchevêtrement incertain, incapable de se stabiliser. Cette tension entre l’objet et son ombre révèle un mécanisme bien connu, celui de la narration des start-up contemporaines, où l’on promet des licornes pour mieux masquer des structures précaires, des modèles bancals, des trajectoires souvent boiteuses. Le canard est là, en creux, dans la forme réelle, maladroite, terrestre, presque ridicule. La licorne, elle, appartient au mur, à la lumière, au regard. Elle est ce que l’on montre, ce que l’on vend, ce que l’on veut faire croire. Comme dans l’ensemble du projet Clear Shadows, l’image agit comme un révélateur d’une réalité dissimulée, mettant en tension illusion et matérialité, promesse et effondrement silencieux . Ici, l’innovation devient une ombre, et le réel, un nœud.

    Suspended between fragility and absurdity, this wire sculpture oscillates between the outline of a duck and the silhouette of a unicorn—a hybrid, indecisive figure. The duck, banal and earthly, meets the unicorn, fetishized symbol of success in the startup world. Here, the so-called “unicorn” is a tangled, chaotic structure: delicate yet deceptive, grounded in a wooden base that mimics the rustic or natural, but ultimately remains disconnected from reality. The golden wire mimics value, prestige, but the form collapses into confusion. It’s the parody of innovation, the grotesque of hype: the myth of limitless success anchored in a precarious balance.

  • Rat Race

    Engraving on plexiglas 20 x 30 cm

    Gravé sur une plaque de plexiglas transparent, un réseau neuronal détaillé flotte devant un ciel en dérive — à mi-chemin entre schéma scientifique et carte spirituelle. La structure évoque une coupe corticale, mais dans ce cadre aérien, elle devient métaphore du tapis roulant cognitif moderne : connexions infinies, aucune issue. Le ciel transperce les lignes synaptiques, transformant le cerveau en une prison de lumière et d’air.

    Rat Race incarne le paradoxe de notre intellect — capable d’émerveillement, mais piégé dans des boucles d’accélération, de performance et de bruit. Un esprit suspendu, exposé, rendu vain, à la poursuite de sens sous un ciel algorithmique.

    Cette gravure de cortex, inspirée des premières représentations neuronales, suspendue sur un fond de nuages mouvants, conjugue précision anatomique et enfermement existentiel. Le cerveau y apparaît disséqué mais flottant, ses circuits figés dans une complexité aussi brillante qu’inutile. À travers cette transparence, Rat Race devient une allégorie — non seulement de la surcharge mentale, mais de la culture start-up elle-même, où l’intelligence, la vitesse et l’innovation tournent à vide… jusqu’au burn-out. Et où de nombreuses start-up se trouvent piégées dans une rat race, une compétition sans fin pour émerger et un jour devenir une licorne, quoi qu’il en coûte!

    Le maillage neuronal reflète la logique du capital-risque : connexions accélérées, pensée performative, raisonnement scalable — jusqu’à l’effondrement. L’arrière-plan nuageux suggère la liberté, mais elle reste inaccessible, distordue par la grille. Voici le cerveau comme champ de bataille : là où chaque neurone rivalise, chaque idée se « pitche », et où penser n’est plus un processus — mais une course à la visibilité, au financement, à la survie.

    Engraved on a transparent plexiglass sheet, a detailed neural network floats against a drifting sky—part scientific diagram, part spiritual map. The structure resembles a slice of cortex, yet in this elevated setting it becomes a metaphor for the modern cognitive treadmill: endless connections, zero escape. The sky bleeds through the synaptic lines, turning the brain into a prison made of light and air. Rat Race evokes the paradox of our intellect—capable of wonder, yet trapped in loops of acceleration, performance, and noise. A suspended mind, exposed and futile, chasing meaning under an algorithmic sky.

    This plexiglass engraving of a cortical section, suspended against a backdrop of drifting clouds, evokes both anatomical precision and existential entrapment. The brain appears dissected yet hovering, its neural circuits frozen in a moment of futile complexity. Through this transparency, Rat Race becomes an allegory—not only of cognitive overload, but of the relentless startup culture where intellect, speed, and innovation spiral into burnout….and where start-up fight for immediate success

    The neural mesh mirrors the logic of venture capital: accelerated connections, performative thinking, scalable reasoning—until collapse. The cloudscape behind suggests freedom, but it remains unreachable, distorted through the grid. This is the brain as battleground: one where every neuron competes, every idea pitches itself, and where thinking is no longer a process, but a race for visibility, funding, and survival.

  • Lords of kingdom

    Engraving x Tech leaders x Rushmore mount

    Quatre silhouettes fantomatiques émergent d’une surface translucide, baignées dans une lueur bleu électrique. Ce ne sont pas de simples visages. Ils évoquent des dirigeants de la technologie élevés au rang de figures quasi divines, un nouveau mont rushmore gravé non dans la pierre mais dans la lumière et les circuits.

    Dépourvues de texture, d’émotion et de profondeur, ces gravures révèlent l’abstraction du pouvoir à l’ère numérique. Leurs sourires semblent algorithmiques, leurs regards vides, et pourtant leur influence est omniprésente. Présentés comme des icônes, ils dominent un royaume qui ne repose plus sur un territoire, mais sur les données, les plateformes et la maîtrise du temps et de l’attention.

    Cette image dissèque subtilement la mythologisation de l’élite technologique. Derrière la pureté des lignes apparaît une question plus dérangeante. Qui écrit le code qui écrit le monde, et à quel prix.

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    Four ghostlike silhouettes emerge from a translucent surface, bathed in an electric blue glow. These are not just any faces—they resemble tech leaders elevated to divine status, an updated Mount Rushmore carved not in stone but in light and circuitry.

    Stripped of texture, emotion, and depth, the engravings reveal the abstraction of power in the digital age. Their smiles are algorithmic, their gaze vacant—yet their influence is ubiquitous. Framed like icons, they preside over a kingdom not built on land, but on data, platforms, and control over time and attention.

    This piece subtly dissects the mythologisation of technology’s elite. Beneath the polished lines lies an uncomfortable question: who writes the code that writes the world—and at what cost?

  • Small lies

    Tech leader pitch at American Congress x binary sentences

    F. founder explaining his motivation since the begining of F. and making sincere apologies for data sharing scandal in front of the American Congress. Since this testimony. nothing really changed regarding F. overall growth.

  • The Spike

    Brownian motion

    Unicorns are big start-up valued more than 1 billion dollars and growing rapidly. Most of the time they uberize traditional businesses. This drawning is a pure randon brownian motion that lead to a unicorn shape

    Drawing – 30×20 cm