Catégorie : Serie : Recomposed Nature

Dans la série Recomposed Nature, la nature n’apparaît plus comme un état originel mais comme un territoire transformé, recomposé et artificialisé par l’action humaine. Les images montrent des fragments de nature modifiée, hybridée, parfois reconstruite à partir de déchets, de structures techniques ou de matières altérées. L’homme ne contemple plus un écosystème intact, il le recompose, le corrige, le scénarise et le codifie selon ses propres logiques esthétiques et industrielles. Le microscopique occupe une place centrale, des formes invisibles, agrandies et isolées deviennent paysages, motifs ou architectures biologiques. Ces fragments de vie sont amplifiés, mis en scène et esthétisés jusqu’à produire des images séduisantes, parfois presque décoratives. Dans ce monde recomposé, la nature brute ne suscite plus l’attention, tandis que sa version stylisée et visuellement optimisée provoque fascination et circulation sur les réseaux. La vitalité réelle du vivant disparaît derrière une nature filtrée, calibrée et visuellement séduisante. L’homme ne s’adapte plus à la nature, il la transforme pour qu’elle corresponde à ses usages, à ses flux et à ses systèmes techniques. Ce processus conduit à une nature recomposée, modifiée, contaminée et intégrée dans les cycles industriels et alimentaires. Les images de cette série montrent une nature qui absorbe les traces humaines, les pollutions et les structures artificielles jusqu’à devenir un paysage hybride où le biologique et l’industriel ne peuvent plus être séparés.

  • Instacation

    basic vacation photos x over-saturated image filters

    Cette série rassemble des photographies prises lors de week-ends et de vacances, dans des lieux ordinaires, sans recherche préalable de paysage spectaculaire. Floues, laiteuses, pixellisées ou mal exposées, ces images appartiennent d’abord à la catégorie des photographies ratées. Leur transformation repose uniquement sur l’intensification extrême de la saturation, de la luminosité et du contraste, sans ajout ni suppression d’éléments. Le traitement reprend les codes visuels des filtres proposés par Instagram et les réseaux sociaux pour embellir instantanément le quotidien. Le rouge des terres devient incandescent, le vert des arbres presque artificiel, le bleu du ciel et de l’eau bascule vers une couleur irréelle. Chaque paysage semble devoir prouver sa valeur par son intensité visuelle. Le filtre agit comme un outil de désirabilité, chargé de convertir une expérience banale en souvenir exceptionnel. Mais son application excessive dérègle la promesse initiale. L’enjolivement devient visible, insistant, parfois agressif, jusqu’à produire l’effet inverse de celui recherché. La nature paraît moins vivante que retouchée, moins observée que mise en conformité avec les attentes de l’image numérique. Cette saturation révèle une instagramisation du vivant, où les couleurs naturelles ne semblent plus suffisantes pour retenir l’attention. Aucun personnage n’apparaît, comme si chaque lieu constituait un territoire vierge, rare et exclusivement accessible à celui qui le photographie. Pourtant, aucun de ces sites n’est véritablement exceptionnel ni spécifiquement touristique. La série met ainsi en tension la pauvreté relative des images sources et l’excès de leur mise en valeur. Elle montre comment les réseaux sociaux ne documentent plus seulement le réel, mais fabriquent la version désirable que nous souhaitons en conserver et en diffuser.

  • Tectonique


    Cette installation représente un globe terrestre éclaté, suspendu dans l’espace comme un corps devenu instable. Les fragments sont réalisés à partir de déchets d’arbres collectés dans le nord-ouest parisien, juste avant leur balayage municipal. Feuilles mortes, brindilles, écorces et résidus urbains composent une cartographie fragile du monde contemporain. La Terre n’apparaît plus comme une unité continue, mais comme un ensemble de territoires séparés, disjoints et inégalement visibles. Chaque fragment conserve une distance avec les autres, matérialisant les fractures politiques, économiques et écologiques de la planète. Les proportions ne répondent pas uniquement à la géographie réelle, mais au poids symbolique et économique des régions représentées. Les États-Unis, la Chine et l’Europe occupent une place dominante, à l’image de leur influence dans les échanges mondiaux. D’autres territoires apparaissent réduits, marginalisés ou presque effacés, comme s’ils comptaient moins dans l’organisation économique globale. Les zones polaires et les banquises sont volontairement diminuées, traduisant leur recul physique autant que leur faible poids dans les logiques marchandes. La suspension maintient chaque morceau dans un équilibre précaire, entre attraction, éloignement et risque de chute. La matière végétale, déjà morte et destinée au rebut, devient ici le matériau d’un monde recomposé à partir de ses propres déchets. L’œuvre donne à voir une planète fragmentée, hiérarchisée et vulnérable, dont l’unité ne subsiste plus que dans le regard du spectateur.

  • Shy

    Shy B77 , arbres du bois de Boulogne

    Bois Boulogne, semi-aléatoire

    Bois de Boulogne

    Bois Boulogne, semi-aléatoire

    Quand c’est l’IA qui décide et exécute…

    Shy crowns from various forests x Circuits assembling

    Ces images, sous forme de planches contacts, recompose une couronne de timidité à partir de canopées de forêts, fragmentée puis réorganisée en 100 photos. Le phénomène désigne ces espaces étroits que certaines cimes maintiennent entre elles, comme si les arbres refusaient le contact direct de leurs feuillages. Ses causes restent discutées, entre frottement des branches sous l’effet du vent, compétition pour la lumière et limitation de la circulation des parasites. Ici, cette distance biologique devient une bulle d’intimité, une frontière souple qui protège chaque présence sans l’isoler entièrement. Les arbres perçoivent l’autre, ajustent leur croissance et construisent collectivement une séparation qui n’a besoin ni de mur ni de règle visible. Le ciel apparaît alors moins comme un fond que comme un réseau actif, composé de passages, de bifurcations, de clairières et d’impasses. La recomposition cherche à rendre perceptibles ces circuits naturels, habituellement dispersés dans le regard et difficiles à saisir dans leur globalité. Le quadrillage confronte l’organisation humaine à la complexité du vivant, sans parvenir à la réduire à une logique parfaitement régulière. Les variations de lumière, d’essences, de densité et de forme rappellent qu’aucun fragment de nature n’est véritablement interchangeable. Quelques oiseaux, presque perdus dans l’étendue, signalent une présence animale devenue rare et fragile au sein de cette architecture végétale. Leur discrétion renforce le silence du ciel et la sensation d’un écosystème observé à distance. La grille transforme la canopée en labyrinthe, mais un labyrinthe sans centre, sans sortie imposée et sans itinéraire unique. Chaque ouverture devient une possibilité de circulation, chaque rupture de feuillage une respiration. La beauté de la nature tient ici autant à ses formes visibles qu’à ses stratégies invisibles de coexistence, d’évitement et d’adaptation. Cette tentative de recomposition ne cherche pas à corriger le vivant, mais à montrer combien son désordre apparent contient déjà une intelligence spatiale, relationnelle et collective.

  • Plants

    Hybridation x hallucination x Industrial plants


    Cette série d’images reprend l’apparence rassurante des planches de dictionnaire et des encyclopédies botaniques anciennes pour mieux en déplacer le sens. Produites avec l’IA, elles montrent des plantes qui n’existent pas, mais qui paraissent presque plausibles, comme si l’hallucination algorithmique prolongeait les vieux rêves de classification du vivant. Chaque spécimen met en scène une hybridation forcée, où des espèces éloignées se combinent selon une logique de rendement, de sélection et de simplification. Le regard reconnaît des feuilles, des fleurs, des fruits, des gousses, des tiges, puis comprend que l’ensemble relève d’un phénotypage fictionnel, d’une projection visuelle de caractères choisis, retenus, optimisés. L’image emprunte au langage savant de la botanique pour faire apparaître une manipulation du vivant devenue projet industriel. Certaines plantes semblent déjà prêtes à l’emploi, comme si l’agroalimentaire pouvait faire pousser sur un seul plant tous les ingrédients d’un produit ultratransformé, tomate et basilic pour une sauce, cacao et blé pour un gâteau, citron, menthe et canne à sucre pour une boisson. Derrière leur élégance documentaire, ces planches montrent un monde où l’espèce n’est plus héritée mais conçue, corrigée, orientée vers l’usage. Le dictionnaire ancien, autrefois outil de savoir, devient ici le décor d’une nature recomposée, où l’archive, l’hallucination visuelle et l’économie du vivant se confondent dans une même image.

  • Bestiaire

    Fantasy x hallucination x bestiaire

    Cette image rassemble douze chimères comme les fragments d’un dictionnaire disparu, où la science, la fable et l’erreur se confondent jusqu’à devenir une méthode. L’auteur recourt à l’IA non pour corriger ses hallucinations, mais pour les pousser à exceller dans leur propre domaine : fabriquer du vraisemblable avec de l’impossible. Chaque planche emprunte aux anciens bestiaires, aux gravures naturalistes, aux nomenclatures latines et aux planches pédagogiques, mais le savoir qu’elles imitent n’a plus de source stable. Le grand absent est précisément le dictionnaire : il reste la forme de l’autorité, les cadres, les légendes, les coupes anatomiques, les noms savants, mais le contenu s’est détaché de toute vérification. Ces animaux composites semblent issus d’un conte pour enfants, d’un laboratoire victorien et d’un logiciel contemporain ayant trop bien appris les codes de la connaissance. La série rend visible la facilité nouvelle de produire des images crédibles, là où il fallait autrefois du temps, de l’observation, de la gravure, de la classification, des archives et des années de métier. Ce qui demandait un savoir lent devient ici une opération rapide, presque ludique, mais cette vitesse laisse apparaître une inquiétude plus profonde. Les créatures ne sont pas seulement inventées, elles donnent l’impression d’avoir été sélectionnées par un nouvel environnement visuel, où survivent les formes les plus lisibles, les plus séduisantes, les plus immédiatement reconnaissables. L’IA recombine la nature comme une machine de reproduction sans monde naturel, croisant les espèces non selon les lois du vivant, mais selon les probabilités de l’image. La sélection naturelle revient alors sous une autre forme, plus présente que jamais : sélection des motifs, des textures, des signes, des silhouettes, des hybridations capables de retenir le regard. Les chimères deviennent les fossiles anticipés d’un monde où la nature n’est plus observée, mais générée, triée, optimisée et rendue plausible. Leur beauté vient de cette ambiguïté : elles semblent anciennes, alors qu’elles sont radicalement contemporaines ; elles paraissent documentaires, alors qu’elles cartographient l’hallucination. L’accrochage transforme le mur en encyclopédie impossible, à la fois cabinet de curiosités, archive fictive et démonstration froide de la puissance générative. Derrière l’humour apparent des combinaisons animales, l’image interroge la disparition progressive des médiations, des savoir-faire et des autorités qui donnaient forme au réel. Ce bestiaire n’invente pas seulement des monstres, il montre un monde où la fabrication du savoir peut désormais imiter le savoir lui-même, jusqu’à rendre l’absence de vérité presque décorative.

  • Polyphonie aviaire

    birds x disappearance x bird sounds x ghosts x dust

    Cette sculpture met en scène quatre oiseaux encore debout et deux absences déjà consommées. À l’arrière du support, deux amas de poussière et de fragments blancs signalent la disparition matérielle des deux oiseaux manquants, dont subsistent seulement quelques débris, comme si la disparition s’était produite sous nos yeux. Un bouton intégré au socle déclenche une séquence sonore composée de six cris d’oiseaux, puis la trame se raréfie progressivement pour n’en laisser entendre plus que quatre. Le son traduit ainsi ce que la forme montre déjà, une réduction du vivant, lente, presque ordinaire, mais irréversible. La pièce s’appuie sur le constat, relayé par plusieurs organisations, d’un déclin massif des oiseaux communs en Europe, touchant autant les espèces des villes que celles des champs, sous l’effet de l’agriculture intensive, des pesticides, des traitements chimiques, de l’appauvrissement des milieux, de la raréfaction des ressources alimentaires et du manque de nichoirs en zone urbaine. Parmi les quatre présences restantes, l’une bombe le torse et semble chanter avec assurance, comme si persistait encore une vitalité presque insolente. Une autre, plus aplatie, apparaît fissurée, atteinte dans sa matière même, comme un corps fragilisé de l’intérieur. Deux autres enfin se détournent du spectateur et regardent vers l’arrière, en direction des débris, comme si leur attention se portait moins sur ce qui demeure que sur ce qui a déjà disparu. Par sa simplicité formelle, sa blancheur presque spectrale et l’articulation entre volume, manque et son, la sculpture fait sentir non seulement une disparition statistique, mais une scène de disparition concrète, perceptible, où le vide compte autant que les formes encore présentes.

  • Wild data

    Data flows x Animals x Cyanotype

    Ces cyanotypes enregistrent des flux de mouvement animal, non comme des scènes spectaculaires, mais comme des traces fragiles du vivant en action. Chaque image fixe ce qui, d’ordinaire, disparaît aussitôt qu’il a eu lieu : un déplacement, une hésitation, une fuite, une vibration du corps dans l’espace. Les canards et les canetons tournent autour d’une mère immobile, presque solaire, dont la stabilité devient le centre invisible d’une agitation douce. Le scarabée, lui, ne compose pas une forme : il lutte, il se débat, il cherche à se désenfouir, et son effort laisse une cartographie nerveuse, presque désespérée. La chenille inscrit une ligne plus lente, plus sinueuse, suspendue à l’attente d’un passage humain sur lequel elle pourrait s’accrocher. Les daims d’élevage produisent une trace plus inquiète : ils scrutent, reculent, bougent frénétiquement, mais leur mouvement contient déjà la possibilité d’une échappée. Présentées comme une galerie d’entomologie, ces images reprennent les codes du classement scientifique, mais elles ne classent pas des corps morts : elles exposent des intensités de vie. Le cartel nomme l’espèce, tandis que le cyanotype révèle ce que le nom ne peut pas contenir : le trouble, l’instinct, la peur, l’orientation, la pulsation. Rien ici n’est utile, productif ou mesurable au sens industriel du terme. Ces mouvements ne nourrissent aucune base de données, n’optimisent aucun comportement, ne servent aucune machine. Ils existent seulement parce qu’un animal a bougé, parce qu’un corps a réagi, parce qu’une présence a traversé un fragment du monde. La série donne ainsi une valeur à ce qui échappe d’habitude à toute capture : les micro-événements du vivant, les trajectoires sans rendement, les gestes sans destination claire. Le cyanotype devient moins une image qu’une empreinte temporelle, une manière de graver l’infime avant son effacement. Dans cette collection de flux, on oppose à la logique de l’automatisation une attention lente, presque archaïque, portée aux signes minuscules de la vie. Le vivant y apparaît dans sa beauté propre : imprévisible, inutile, vulnérable, irréductible.

  • Ducks

    Batignolles garden ducks x Video Motion tracking

    Six canetons mangent autour de leurs mères immobiles. Les corps ont disparu, il ne reste que la trace minimale de leurs déplacements, une écriture fragile faite de lignes, de retours, de petites dérives et d’arrêts. Les points noirs marquent les pauses, les instants où la tête reste au sol, où le bec insiste, cherche, prélève. Le mouvement, filmé puis retranscrit sur le papier, paraît aléatoire, mais il ne s’éloigne presque jamais du centre maternel : une liberté courte, circulaire, tenue par la surveillance silencieuse des mères. L’image ne montre pas la scène, elle en extrait le comportement. Elle transforme un moment banal, presque invisible, en cartographie de l’élan vital : manger, suivre, s’écarter un peu, revenir. Personne ne regarde vraiment cela, sauf les enfants. La beauté élémentaire d’un vivant qui se déploie sans spectacle, dans un périmètre minuscule, avec une obstination douce.

  • Smallworlds – Sports

    Sports x My garden x Microscopic x Loops

    ex : jumper in tulip

    Cette installation prend pour point de départ une photographie d’un jardin de ville en pleine floraison (le jardin de l’artiste), espace dense, domestiqué, presque saturé de vie, où dix QR codes sont disséminés comme des balises discrètes dans le végétal.
    En les scannant, le regard bascule d’un paysage fixe vers une série de micro-vidéos IA où apparaissent des personnages noirs, minuscules, à peine plus grands que des fourmis, agités dans des boucles d’actions sans fin, dans 10 activités.
    On y voit des sauteur, marcheurs, grimpeurs, figures d’aérobic (calqué sur le corps de l’artiste), un surfeur, un ULM, …autant de gestes d’effort, de déplacement, de tension, de suspension ou de reprise.
    À cette échelle, l’humain perd toute centralité, devient signal, parasite, silhouette, presque poussière animée au milieu d’une nature qui le dépasse.
    Le QR code agit ici comme un seuil, un accès technologique qui prétend ouvrir l’image mais qui révèle surtout un enfermement dans des cycles répétitifs, nerveux, épuisants.
    Chaque séquence semble lancer un mouvement vers un ailleurs, alors qu’elle reconduit toujours au même point, comme si l’activité contemporaine n’était plus qu’une agitation circulaire sans issue claire.
    Dans ce jardin contraint par la ville, l’installation fait se rencontrer la floraison, l’humidité, la croissance, avec la compulsion moderne du corps performant, connecté, occupé.
    La fascination pour l’effort physique y apparaît moins comme une conquête que comme un symptôme, une manière de remplir le vide par le geste, la répétition, la dépense.
    Face à l’épaisseur du vivant, ces corps noirs miniaturisés rappellent aussi l’humilité de l’homme, sa fragilité, sa petite taille réelle dans un monde qu’il cherche pourtant sans cesse à cadrer, organiser, activer.
    L’ensemble compose ainsi un jardin augmenté et troublé, où la nature, la ville, l’écran et le mouvement forment une même scène de boucle, de recherche, d’épuisement et de recommencement.

  • Boo-boo

    GIEC x forecasts x Pharmacy lights x global warming

    Croix de pharmacie, fixée au mur, elle ne soigne rien. Elle informe. Elle déroule. Elle répète. Le vert médical devient un flux continu, un signal d’alerte qui n’interrompt jamais sa course. Les données défilent comme des constantes vitales, mais ce ne sont plus celles du corps, ce sont celles du climat.

    La croix, symbole de soin, bascule vers un indicateur de dégradation. Elle ne promet plus la guérison, elle enregistre l’aggravation. Température, UV, pluies extrêmes, nuits tropicales, tout s’enchaîne sans rupture, comme une perfusion d’informations. Le message n’est pas exceptionnel, il est plausible. C’est précisément là que réside la tension.

    Rien n’explose, rien ne dramatise. Tout est déjà là. Une normalité altérée, intégrée, acceptée. Le dispositif reprend les codes urbains familiers, ceux que l’on ne regarde plus. Il s’insère dans le quotidien sans résistance. Il informe comme on annonce une météo, mais cette météo ne relève plus du cycle naturel.

    Le spectateur ne fait pas face à une catastrophe, mais à une continuité. Une lente dérive. Une saturation progressive des seuils. Le corps humain est absent, mais tout parle de lui. Sa peau brûlée, son effort limité, son hydratation surveillée. Un corps déjà contraint, déjà adapté.

    La répétition du texte agit comme une boucle. Elle anesthésie autant qu’elle alerte. À force de défiler, l’urgence devient décor. Le regard glisse. L’esprit s’habitue. L’exception devient norme.

    La planète apparaît en creux, jamais représentée, mais partout présente dans ses symptômes.

    Ce n’est pas une image de fin. C’est une image d’installation. Un système déjà en place, déjà fonctionnel, déjà intégré dans nos flux d’information. La croix ne sauve plus, elle mesure l’état d’un organisme plus vaste, devenu instable.

  • Small worlds

    Chemical vegetal growth x Outdoor sports x Nature sculpting x My Garden

    Dans un fragment d’une de mes jardinières urbaines, réduit à une échelle presque macroscopique, une agitation persistante s’installe. Des silhouettes anonymes apparaissent, disparaissent, reviennent, prises dans une chorégraphie sans origine visible. Elles ne construisent pas un monde, elles le manipulent, le testent, le fragmentent. Le geste est ambigu, parfois protecteur, souvent destructeur, toujours répétitif. Le vivant est approché comme une matière à corriger.

    La nature n’est plus observée, elle est opérée. Coupée, percée, pulvérisée, recomposée. Les corps s’activent comme des outils, sans intention lisible, guidés par une logique extérieure, presque algorithmique. Une main invisible coordonne l’ensemble, distribue les actions, impose un rythme. Rien ne semble spontané, tout paraît inscrit dans une boucle fonctionnelle.

    Le sport en plein air devient ici une extension de cette emprise. Courir, grimper, manipuler, intervenir, autant de gestes qui miment une connexion au vivant tout en accélérant sa transformation. L’attachement à la nature coexiste avec sa dégradation progressive, lente, silencieuse, acceptée.

    Le chimique s’infiltre partout. Traitements, engrais, luttes contre les “nuisibles”, standardisation des cultures. Le sol se vide, devient support. La biodiversité recule, remplacée par des systèmes optimisés, stériles, contrôlés. Même la résistance du vivant, insectes, plantes, devient un paramètre à intégrer, à contourner.

    Ces vidéos condensent une tension centrale, aimer profondément ce que l’on altère. Observer, toucher, transformer, jusqu’à ne plus distinguer protection et destruction. À cette échelle réduite, tout devient lisible, presque clinique. Le monde n’est plus un paysage, mais un système manipulable, une surface d’intervention continue.

    exemple jumping in tulip

  • Just Grow

    Lab x Fertilizer x Pesticide x Grow Lighting x Dashboard

    Une paillasse blanche, froide, presque clinique, mais déjà traversée par une logique industrielle qui la dépasse, un espace de laboratoire qui n’est plus un lieu de recherche mais un poste de pilotage, une interface de production du vivant à grande échelle, où quatre boutons seulement suffisent à activer des chaînes entières de transformation, OGM, engrais, pesticides, lumière, quatre entrées simples pour une complexité biologique écrasée et réduite à des paramètres réglables, derrière l’écran, huit images, mais seulement quatre réellement actives ici, comme un système encore en construction, encore en expansion, où chaque levier enclenche une modification profonde du vivant, non plus observé mais programmé, optimisé, calibré pour produire plus, plus vite, nourrir des populations toujours plus nombreuses dans une logique de rendement maximal, quitte à perdre en route plus de 30% de cette production, gaspillée avant même d’atteindre l’assiette, absurdité structurelle intégrée au système lui-même, sur le paperboard, les traces d’un raisonnement scientifique devenu industriel, phénotypage des plantes, analyse des morphologies, sélection accélérée, flash lumineux pour lever la dormance, déclencher artificiellement ce que le cycle naturel aurait mis des semaines à produire, longueurs d’onde rouges, bleues, vertes, modulées avec précision pour activer ou inhiber certains mécanismes, jouer sur les ratios rouge / rouge lointain pour augmenter les rendements de plus de 30%, transformer la lumière en outil de productivité, la croissance en variable contrôlable, au fond, une usine d’engrais reconstruite en lego, réduction enfantine d’une infrastructure colossale, presque ironique, comme si la complexité chimique pouvait être manipulée comme un jeu, tandis qu’au premier plan, des plants de tomates hors sol, racines nues, baignées de lumière artificielle, grandissent sous perfusion spectrale, stimulées, accélérées, poussées, et dans l’air, une brume fine, presque invisible, diffusion de pesticides, geste banal devenu réflexe, couche supplémentaire de contrôle, de protection, ou de dépendance, tout est propre, trop propre, carrelage blanc, fioles alignées, mais derrière cette esthétique de maîtrise se lit une tension, celle d’un système agricole mécanisé, optimisé, automatisé, où l’homme n’intervient plus que par interface, en appuyant sur des boutons, en réglant des curseurs, en observant des indicateurs, et où le vivant devient un flux à gérer, une matière à transformer, une production à sécuriser, dans une logique qui ne tolère ni lenteur, ni incertitude, ni perte, sauf celle déjà intégrée, massive, silencieuse, acceptée.

  • Recomposed Nature

    Dans la série Recomposed Nature, la nature n’apparaît plus comme un état originel mais comme un territoire transformé, recomposé et artificialisé par l’action humaine. Les images montrent des fragments de nature modifiée, hybridée, parfois reconstruite à partir de déchets, de structures techniques ou de matières altérées. L’homme ne contemple plus un écosystème intact, il le recompose, le corrige, le scénarise et le codifie selon ses propres logiques esthétiques et industrielles. Le microscopique occupe une place centrale, des formes invisibles, agrandies et isolées deviennent paysages, motifs ou architectures biologiques. Ces fragments de vie sont amplifiés, mis en scène et esthétisés jusqu’à produire des images séduisantes, parfois presque décoratives. Dans ce monde recomposé, la nature brute ne suscite plus l’attention, tandis que sa version stylisée et visuellement optimisée provoque fascination et circulation sur les réseaux. La vitalité réelle du vivant disparaît derrière une nature filtrée, calibrée et visuellement séduisante. L’homme ne s’adapte plus à la nature, il la transforme pour qu’elle corresponde à ses usages, à ses flux et à ses systèmes techniques. Ce processus conduit à une nature recomposée, modifiée, contaminée et intégrée dans les cycles industriels et alimentaires. Les images de cette série montrent une nature qui absorbe les traces humaines, les pollutions et les structures artificielles jusqu’à devenir un paysage hybride où le biologique et l’industriel ne peuvent plus être séparés.

  • So Cute

    version « linéaire » (4 min)

    version « mosaik » (1 min)

    Eye x Breathe x Eat x Button x Skin x Hair x Tooth x Selfie

    Cette image est un autoportrait de l’artiste poussé à l’extrême. Un selfie disséqué par le zoom, fragmenté par le microscope, jusqu’à transformer un visage en territoire abstrait fait de pores, de poils, de muqueuses, de dents et d’iris. Chaque carré montre un fragment banal du corps humain mais agrandi à un niveau où la beauté disparaît au profit de la matière brute. La peau devient relief, l’œil devient paysage, la bouche devient surface organique. Pourtant cette réalité initiale, triviale et imparfaite, n’est pas celle que voit le regardeur. L’image a été esthétisée, colorée, adoucie, lissée comme le font les filtres d’Instagram ou de TikTok pour rendre le réel acceptable et séduisant. Les imperfections disparaissent, les textures deviennent presque décoratives, les fragments biologiques prennent l’apparence de motifs abstraits. Le spectateur ignore ce qui a été retiré, nettoyé, corrigé. Dans la version originale subsistent pourtant la salive, les impuretés, les micro-déchets du corps, les traces de fatigue et d’âge. Cette image interroge ainsi le selfie permanent et la fabrication industrielle de la beauté. Elle rappelle que les réseaux sociaux prolongent la logique des magazines d’autrefois, diffusant des visages filtrés, des peaux irréelles et des modèles esthétiques presque impossibles. En fragmentant le visage jusqu’à l’échelle microscopique, l’image force à regarder derrière la surface. Elle révèle la distance entre ce que nous sommes et ce que les plateformes exigent de montrer. Sous les filtres, sous les pixels, persiste simplement la matière humaine, fragile, imparfaite, et pourtant bien plus réelle que l’image que nous diffusons.

  • Bagatelle

    Flowers x Trees x Spring x Water x La Défense x Flood

    Un îlot surgit dans une eau calme. Un fragment de jardin isolé, presque détaché du monde, comme une parcelle de terre prélevée et déposée dans une coupe transparente.

    Tout provient de Bagatelle. Arbres, herbes, graines, fleurs, fruits. Un condensé de biodiversité rassemblé dans un espace minuscule. Dans ce parc vivent plus de quinze mille espèces végétales. Ici, elles semblent regroupées comme si la diversité entière devait tenir sur ce morceau de terre.

    Les formes deviennent étranges. Un arbre porte des sphères brunes suspendues comme des constellations figées. Un autre apparaît nu, presque fossile. Autour d’eux surgissent des plantes aux couleurs vives, aux textures épaisses, presque irréelles. Pourtant elles existent réellement dans ce jardin. Rien n’est inventé. La nature est simplement observée, déplacée, recomposée.

    Les proportions vacillent. Les fleurs deviennent plus grandes que les arbres. Les herbes dominent le paysage. Le regard perd ses repères habituels. Comme si l’ordre végétal avait été légèrement déplacé, modifié, transformé.

    Sous la surface apparaît l’eau. Elle entoure l’îlot, ronge ses bords, submerge les racines. Elle évoque les pluies qui ruissellent désormais sur les surfaces imperméables des villes. L’eau ne pénètre plus la terre. Elle circule, s’accumule, déborde, finit par engloutir.

    Ce morceau de nature ressemble alors à une réserve fragile. Une biodiversité conservée, presque comme un herbier vivant, maintenue dans un équilibre précaire.

    L’horizon de la ville, lui, a été retiré du champ. Il existe pourtant. Hors image. Comme une présence silencieuse qui continue d’avancer.

    La nature n’a pas disparu. Elle se transforme. Elle s’adapte, se déforme, persiste dans des formes parfois inattendues. Les plantes deviennent étranges non parce qu’elles changent d’essence, mais parce que le monde autour d’elles change plus vite qu’elles.

  • Flooded

    Microplastics x Food x Delivery boxes x Carpet x Camelia x Wood dust

    Flooded met en scène une ligne fragile entre deux mondes, celui qui respire encore et celui que nous fabriquons sans le voir. À la surface de l’eau, des pistils de camélia de mon jardin se dressent avec une obstination silencieuse, porteurs d’un élan vital intact, presque candide. Autour d’eux s’entrelacent des végétaux réels, des filaments encore verts, promesse de croissance, de lumière, d’enracinement. Mais cette poussée vers le haut est déjà menacée. L’eau monte, envahit, suspend les tiges dans une transparence trompeuse. Sous la surface affleurent d’autres matières, moins avouables : poussières textiles arrachées à la machine à laver, microfibres issues du tapis plastifié, particules synthétiques déposées sur les meubles, résidus domestiques devenus pollution microscopique. Le foyer déborde dans le jardin. Le plastique se mêle aux fibres naturelles au point de les singer, de les imiter presque parfaitement. Dans cette confusion, la nature ne disparaît pas brutalement : elle est lentement submergée, saturée, hybridée. À l’horizon, un soleil aux allures de vue microscopique rayonne encore, cellule géante ou organisme flottant, rappel d’une énergie première qui persiste. Flooded confronte ainsi deux forces contradictoires : la vitalité obstinée des pistils qui ne demandent qu’à pousser, et l’environnement plastique qui colonise, infiltre, étouffe. L’eau n’est plus seulement source de vie, elle devient vecteur de dispersion, de propagation invisible. Ce paysage semble paisible, presque esthétique, pourtant il raconte une lente noyade : celle d’un vivant envahi par nos déchets minuscules, celle d’une nature qui continue de croître alors même que nous la saturons de nos traces.

  • Fibers

    Duck Leaf x Carpet x Dust x Trees x Microplastics …

    Fibers rassemble des vues microscopiques de matières captées dans ma maison ou au parc des Batignolles, que tout oppose en apparence. Fibre animale, fibre végétale, filament synthétique. Sous le microscope, les distinctions s’effondrent. Les réseaux s’entrelacent, les trames se répètent, les transparences se confondent. Ce qui semblait naturel devient structure. Ce qui semblait artificiel imite le vivant.

    La première série révèle des fibres animales. Barbes et barbules, écailles, micro-crochets, souplesse organique. La matière respire encore une mémoire biologique. Elle capte la lumière avec une douceur irrégulière. Chaque filament conserve une part d’aléatoire, une fragilité presque tactile.

    La seconde explore les fibres végétales. Cellulose, veines, réseaux longitudinaux. L’architecture est plus rectiligne, plus fibrillaire. La répétition y est déjà présente. Les structures s’alignent comme des persiennes microscopiques, laissant passer la lumière en fines strates ajourées. Le vivant y apparaît comme un tissage ancien, une ingénierie naturelle.

    La troisième partie introduit le plastique. Filaments réguliers, surfaces lisses, géométrie maîtrisée. Pourtant, à cette échelle, la différence devient ambiguë. Les polymères synthétiques empruntent au végétal sa trame et à l’animal sa souplesse. La ressemblance est troublante. À s’y méprendre.

    Fibers met en tension cette indistinction. Ce qui fut organique devient modèle. Ce qui est industriel se fait biomimétique. La confusion visuelle révèle une réalité plus profonde. Le plastique infiltre nos environnements, nos sols, nos océans, nos corps. Il adopte les formes du vivant jusqu’à devenir presque invisible.

    L’invasion n’est pas spectaculaire. Elle est structurelle. Elle se glisse dans les fibres, dans les vêtements, dans l’air. Sous le microscope, la frontière entre nature et synthèse se brouille. L’image devient preuve silencieuse. Ce que l’œil nu ne distingue pas, la matière le raconte.

    Fibers ne hiérarchise pas. Elle juxtapose. Elle expose cette proximité inquiétante entre l’organique et le polymère. À l’échelle microscopique, le monde semble déjà hybride. Le plastique n’est plus extérieur. Il s’entrelace.

  • Delivered

    Delivery boxes materials x Microscope

    Vue au microscope, la scène ne raconte rien de ce qu’elle montre d’abord. Ce ne sont ni une tige qui pousse, ni des ciseaux ouverts, ni un œuf de Pâques abandonné dans l’herbe. Ce sont des fragments de carton de livraison. Du banal. Du jetable. Du quotidien.

    À gauche, une masse noire, presque architecturale, se dresse comme une tour découpée dans l’ombre. C’est la tranche du carton, écrasée, comprimée, révélée par l’agrandissement. Sa verticalité devient monument. Elle semble solide, presque sacrée, alors qu’elle n’est qu’emballage promis à l’oubli.

    Au centre, un cercle gris, dense, granuleux. Le QR code, dissous dans la matière. Non plus lisible, non plus scannable. Simple trame mécanique, poussière d’encre et de fibres. Le signe de traçabilité, de contrôle logistique, réduit à une peau rugueuse. La promesse d’efficacité devenue texture.

    À droite, les fibres tissées du papier ancré s’étirent en rouge. L’encre a pénétré la chair végétale. Elle circule comme un système vasculaire, fragile, éclaté, presque organique. On croit voir une croissance, une blessure, une racine sanguine. Mais ce n’est qu’un marquage industriel, une trace d’impression, une donnée injectée dans la cellulose.

    Delivered renverse le récit. Ce qui semblait vivant est logistique. Ce qui semblait naturel est industriel. La livraison, geste invisible et quotidien, laisse derrière elle une cartographie microscopique de flux, de contrôle et de matière exploitée.

    Le carton, le code, les fibres. Trois strates d’un même système.
    Un monde qui circule, s’emballe, se trace, puis s’abandonne.

  • The scream of the trees

    Sur une feuille blanche, presque nue, une constellation de points rouges semble flotter dans le vide. Ils sont alignés comme une partition fragile, une portée musicale qui se répète, se décale, s’amenuise. À mesure que l’œil descend, le rythme se raréfie, la phrase s’étiole, puis disparaît dans le silence du papier.

    L’encre n’est pas déposée en surface. Elle s’infiltre. Elle pénètre les entailles invisibles creusées au cutter. Par capillarité, elle suit les sillons, s’y love, s’y disperse comme un liquide vital cherchant sa voie. Le support est blessé avant d’être écrit. Le message naît d’une incision.

    La phrase est encodée en braille. Elle est donc invisible pour les humains , mais lisible en pensée pour ceux qui savent entendre les silences. Il n’y a aucun relief. Aucun braille. Les aveugles pourraient la voir, les voyants ne peuvent que la deviner. L’œuvre renverse les régimes de perception. Elle parle à ceux que l’on n’écoute pas.

    Le texte crypté est la voix d’un arbre qui supplie qu’on ne le coupe pas. Il énumère, dans un langage réduit à des impulsions, tout ce qu’il offre sans bruit. L’absorption du CO₂, la respiration qu’il restitue, la rétention des eaux, l’ombre, la fraîcheur, l’ancrage des sols, la lenteur du temps. Il rappelle qu’il est infrastructure invisible du vivant.

    Face à cela, l’homme avance aveuglément. Il tranche. Il déboise. Il nie ce qui le maintient en vie. La répétition des points rouges devient une petite musique entêtante, presque mécanique, comme un battement cardiaque qui s’affaiblit. La portée ne va pas jusqu’au bout. Elle se dissout avant la fin.

    Ce qui reste est une trace. Une respiration interrompue. Un message que personne ne lit.

  • supernature

    Real Parrots x Fake background

    Photo stolen behind iron fence 30 x 40 cm

    Deux perroquets fusionnent en une seule forme — miroir, cœur, flamme — perchés avec délicatesse sur une corde tendue, devant une illusion de ciel infini. Leurs têtes, pressées l’une contre l’autre, effacent toute séparation, dessinant une symétrie organique parfaite, qui aurait pu être conçue par une IA si elle n’était pas aussi accidentellement sublime.

    Mais ce n’est pas la nature sauvage. C’est la nature en captivité. Le ciel est un décor peint, la corde est un dispositif, et l’amour se vit sous surveillance, derrière des barreaux de métal. La tension de l’œuvre naît de cette contradiction : les oiseaux sont plus libres dans leur étreinte que nous en tant que spectateurs.

    Supernature évoque la sensation de surprendre un moment qu’on n’était pas censé voir — une faille dans un paradis fabriqué.
    Un habitat manufacturé donne naissance à un acte pur.

    Two parrots fuse into a single form—mirror, heart, flame—perched delicately on a taut rope with the illusion of infinite sky behind them. Their heads, pressed together, erase all separation, forming a perfect organic symmetry that could have been designed by AI if it weren’t so accidentally sublime.

    But this isn’t nature untouched. This is nature in captivity. The sky is a painted backdrop, the rope is engineered, and the love is watched through metal bars. The tension of the piece lies in this contradiction: the birds are more free in their embrace than we are as viewers.

    Supernature evokes the feeling of catching a moment you weren’t supposed to see, like a glitch in a fabricated paradise.
    A manufactured habitat gives rise to a pure act.