Inspirée de la célèbre carte métabolique de Boehringer, Traffic Jam transpose la complexité biochimique du corps humain dans une logique de congestion systémique. Ce qui, à l’origine, illustre la perfection des cycles vitaux devient ici une cartographie d’automatismes : un réseau saturé, une circulation continue où chaque molécule obéit à un trajet imposé.
Les flèches, dépouillées de leurs noms et de leurs légendes, ne signalent plus la vie mais la répétition aveugle du mouvement. Tout y circule, rien ne s’y incarne. La biologie se confond avec la logique algorithmique, le métabolisme devient protocole, l’humain s’efface derrière le processus.
En jouant sur la métaphore de l’embouteillage métabolique, l’œuvre questionne la réduction de la vie à une somme de flux automatisés, le corps à un réseau de production sans conscience, et le monde vivant à une mécanique d’optimisation. Sous l’apparente neutralité scientifique, Traffic Jam évoque l’épuisement du vivant pris dans les circuits fermés de ses propres algorithmes.
At first glance, Dopa resembles a minimalist circuit board: glowing nodes, clean intersections, crisp linearity. But beneath its aesthetic geometry lies a biological deception—this is the biochemical pathway of dopamine synthesis, redrawn in the language of electronic engineering.
By merging molecular biology with digital systems design, Clear Shadows underscores a haunting truth: dopamine—the molecule of pleasure, motivation, reward—is no longer just biological. It has become a product, a KPI, a currency manipulated by algorithms designed to maximize engagement, scroll time, and dependence.
This map is not neutral. It’s a weaponized diagram, a portrait of how Big Tech reengineers human behavior by hacking brain chemistry itself.
Dopa is not just a circuit. It’s a trigger, drawn with surgical precision. You’re not addicted to your phone. You’re addicted to what it’s learned to release.
This seemingly technical layout, reminiscent of a computer motherboard, is in fact the stylised transcription of a portion of the chemical pathway for dopamine synthesis—the neurochemical responsible for reward, motivation and compulsion. The lines and nodes retrace not an electronic signal, but the molecular construction of desire itself.
Beyond biology, this representation highlights how platforms and tech companies have appropriated these neurological circuits. Notification systems in mobile apps have been deliberately engineered to trigger short-term dopamine bursts—designed for immediate satisfaction rather than sustained happiness. The goal is not long-term fulfilment, but repeated engagement, dependence, loops.
Here, chemical formula, interface mechanics and business objectives intersect. If equations could be drawn between dopamine synthesis, tech giants’ retention models, and UX designs exploiting human vulnerability, this piece would be their visual map. What remains of autonomy when emotions are systematically stimulated for profit?
Gravé sur une plaque de plexiglas transparent, un réseau neuronal détaillé flotte devant un ciel en dérive — à mi-chemin entre schéma scientifique et carte spirituelle. La structure évoque une coupe corticale, mais dans ce cadre aérien, elle devient métaphore du tapis roulant cognitif moderne : connexions infinies, aucune issue. Le ciel transperce les lignes synaptiques, transformant le cerveau en une prison de lumière et d’air.
Rat Race incarne le paradoxe de notre intellect — capable d’émerveillement, mais piégé dans des boucles d’accélération, de performance et de bruit. Un esprit suspendu, exposé, rendu vain, à la poursuite de sens sous un ciel algorithmique.
Cette gravure de cortex, inspirée des premières représentations neuronales, suspendue sur un fond de nuages mouvants, conjugue précision anatomique et enfermement existentiel. Le cerveau y apparaît disséqué mais flottant, ses circuits figés dans une complexité aussi brillante qu’inutile. À travers cette transparence, Rat Race devient une allégorie — non seulement de la surcharge mentale, mais de la culture start-up elle-même, où l’intelligence, la vitesse et l’innovation tournent à vide… jusqu’au burn-out. Et où de nombreuses start-up se trouvent piégées dans une rat race, une compétition sans fin pour émerger et un jour devenir une licorne, quoi qu’il en coûte!
Le maillage neuronal reflète la logique du capital-risque : connexions accélérées, pensée performative, raisonnement scalable — jusqu’à l’effondrement. L’arrière-plan nuageux suggère la liberté, mais elle reste inaccessible, distordue par la grille. Voici le cerveau comme champ de bataille : là où chaque neurone rivalise, chaque idée se « pitche », et où penser n’est plus un processus — mais une course à la visibilité, au financement, à la survie.
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Engraved on a transparent plexiglass sheet, a detailed neural network floats against a drifting sky—part scientific diagram, part spiritual map. The structure resembles a slice of cortex, yet in this elevated setting it becomes a metaphor for the modern cognitive treadmill: endless connections, zero escape. The sky bleeds through the synaptic lines, turning the brain into a prison made of light and air. Rat Race evokes the paradox of our intellect—capable of wonder, yet trapped in loops of acceleration, performance, and noise. A suspended mind, exposed and futile, chasing meaning under an algorithmic sky.
This plexiglass engraving of a cortical section, suspended against a backdrop of drifting clouds, evokes both anatomical precision and existential entrapment. The brain appears dissected yet hovering, its neural circuits frozen in a moment of futile complexity. Through this transparency, Rat Race becomes an allegory—not only of cognitive overload, but of the relentless startup culture where intellect, speed, and innovation spiral into burnout….and where start-up fight for immediate success
The neural mesh mirrors the logic of venture capital: accelerated connections, performative thinking, scalable reasoning—until collapse. The cloudscape behind suggests freedom, but it remains unreachable, distorted through the grid. This is the brain as battleground: one where every neuron competes, every idea pitches itself, and where thinking is no longer a process, but a race for visibility, funding, and survival.
Metabolic processing x Mobile notifications x Chemistry swap& social depressionx Boehringer
Metaboliks réinterprète un fragment de la célèbre carte métabolique Boehringer Mannheim, conçue à l’origine pour représenter l’ensemble des réactions cellulaires humaines. Mais ici, la rigueur biochimique s’effondre dans un système dynamique et erratique — à mi-chemin entre carte mère et crise nerveuse.
Les lignes animées évoquent les voies de la dopamine, du cortisol, de la sérotonine, mais aussi les pings des notifications mobiles, les boucles algorithmiques, la pression sociale. Des spirales perturbent la grille, symptômes visuels d’un trop-plein psychique — des boucles sans sortie. La structure devient l’interface d’un corps reprogrammé par rétroaction, d’un cerveau chimiquement modifié par des stimuli extérieurs.
En empruntant le langage visuel de la pharmacologie, Metaboliks met en scène la violence silencieuse d’un métabolisme intérieur détourné par l’économie de l’attention. Il dévoile un nouveau territoire biopolitique, où les hormones ne sont plus de simples messagers internes, mais des instruments de contrôle social et de dette émotionnelle.
L’œuvre se tient à la croisée du design de données, de l’anxiété numérique et de la vérité métabolique. Elle pose une question cruciale : Lorsque notre chimie s’aligne sur le rythme du flux, que reste-t-il de notre autonomie ?
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Metaboliks reinterprets a fragment of the iconic Boehringer Mannheim metabolic map, originally used to visualize the totality of human cellular reactions. But here, the precision of biochemical order collapses into a dynamic, erratic system—part circuit board, part nervous breakdown.
The animated lines evoke pathways of dopamine, cortisol, serotonin, but also the pings of mobile notifications, algorithmic loops, and social pressure. Spirals disrupt the grid like symptoms of psychic overload—loops without exit. The structure becomes the interface of a body reprogrammed by feedback, a brain chemically modulated by external stimuli.
Borrowing the visual language of pharmacology, Metaboliks stages the silent violence of an inner metabolism hijacked by attention economies. It exposes a new biopolitical terrain where hormones are no longer just internal messengers, but instruments of social control and emotional debt.
The piece sits at the intersection of data design, digital anxiety, and metabolic truth. It asks: when our chemistry is synchronized with the rhythms of the feed, what remains of our autonomy?
Nomophobia désigne cette angoisse contemporaine : la peur d’être séparé de son téléphone mobile.
Cette installation vidéo simule un état de suffocation anxieuse. À première vue, la surface semble paisible — des gouttes de pluie glissent lentement sur une vitre. Mais à mesure que la boucle progresse, la respiration au centre devient irrégulière, presque convulsive. Ce qui était calme se transforme en une inspiration syncopée, accélérée. Un monstre silencieux — ni présent, ni visible — semble aspirer tout vers le vide. Les gouttes deviennent des larmes, le rythme devient détresse.
Le titre fait écho à une pathologie moderne : l’absence de téléphone devient un manque émotionnel, comme une extension du soi perdue. L’œuvre explore les signes précoces de cette dépendance, à travers ses manifestations physiques : souffle, humidité de la peau, pulsation. On anticipe la panique avant même qu’elle n’explose.
Le centre, qui respire comme un poumon mécanique, incarne l’illusion de sécurité que procurent ces objets qui gouvernent désormais notre calme. Mais ce souffle, devenu court et rapide, rappelle une vérité : Même dans la poche, le téléphone ne suffit pas.
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Nomophobia is a kind of fear of being separated from its mobile phone
This video installation simulates a state of anxious suffocation. At first glance, the surface appears peaceful—raindrops softly clinging to a windowpane. But as the loop progresses, the breathing at the center becomes erratic, almost convulsive. What was calm becomes an accelerated, syncopated inhale. A silent monster—neither present nor visible—seems to pull everything toward the void. The drops become tears, the rhythm becomes distress.
The title « Nomophobia » refers to the modern pathology of being without one’s phone—an emotional void, an extension of the self gone missing. This piece explores the early signs of that dependency, through physical manifestations: breath, skin moisture, pulse. We anticipate the panic before it unfolds.
The center, which breathes like a mechanical lung, embodies the illusion of safety granted by devices that now govern our calm. But the breath, sped up and shallow, makes it clear: even in our pocket, the device is never enough.
Dopamine is the key substance that the psychologists & user experience leaders employed by Techs Companies, try to generate is our social network users bodies. A shot of Dopamine may be secreted each time social rewards are activated
Ce dessin reproduit avec minutie les étapes complexes de la biosynthèse de la dopamine — depuis la tyrosine jusqu’à la molécule finale. Mais ce n’est pas une simple illustration scientifique. C’est une cartographie politique et émotionnelle. Car aujourd’hui, cette voie biochimique ne relève plus uniquement de la neurobiologie : elle est exploitée, instrumentalisée, industrialisée.
La dopamine est devenue l’un des leviers majeurs de l’économie de l’attention. Chaque “like”, chaque notification, chaque micro-interaction dans une application est conçu pour provoquer ce pic de récompense, cette micro-jubilation qui incite à rester connecté, à revenir, à consommer. Sans stratégie de stimulation dopaminergique, aucune plateforme ne tiendrait.
Ce schéma moléculaire est donc aussi un plan d’attaque — celui des UX designers, des ingénieurs en captologie, des entreprises qui modèlent nos comportements via ces circuits primitifs. En activant dopamine et noradrénaline, ils ne se contentent pas de susciter du plaisir : ils pilotent nos états mentaux, notre vigilance, notre capacité à apprendre ou à mémoriser.
Ce dessin, apparemment neutre, devient ainsi une image à double fond : à la fois miracle biologique et carte d’exploitation. Une machine à désir, détournée.
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This drawing is representing the complex synthesis of the dopamine molecule. Dopamine stimulation is a key element in the user experience optimisation for mobile and service applications providers. This is obvious that without a dopamine shot control strategy, social networks won’t be what they are. Dopamine and noradrenaline are crucial neuromodulators controlling brain states, vigilance, action, reward, learning, and memory processes.
Ce dessin, inspiré d’une radiographie réelle, révèle une main qui n’est plus outil mais symptôme. Les lignes osseuses sont fidèles, mais la zone centrale — celle qui relie pouce et index — est marquée, soulignée, comme si elle brûlait d’un usage trop intense. Ici naît l’arthrite du XXIe siècle : non pas liée à l’âge, mais à l’interface.
Des scientifiques alertent sur cette nouvelle forme de pathologie articulaire, provoquée par la surutilisation des smartphones. Ce n’est plus l’outil qui épouse la main, mais la main qui se déforme pour s’adapter à l’objet. Le pouce s’épaissit, l’index se crispe, la paume se courbe. Chaque jour, des heures de scroll, de tapotements et de positions statiques entraînent micro-traumatismes, inflammation et douleurs chroniques.
L’image ne montre pas une main malade, mais une main transformée. L’arthrite devient ici une écriture — un signal gravé dans l’os de notre rapport au numérique. Le squelette épouse l’objet, jusqu’à s’y fondre. La technologie devient non seulement un prolongement, mais une altération du corps.
Ce dessin, anatomique et critique, n’interroge pas la dépendance, mais ses traces physiques. Ce n’est plus la main humaine. C’est la main modifiée par usage. Une prothèse inversée, où l’outil déforme l’organique.
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Some scientists discovered a new kind of hand arthritis, caused by mobile phone addiction and time spent on such heavy mobile devices. This drawing made is inspired from a hand radiography with a special focus on the arthritis zone. Moreover in some cased it appears that some fingers may be distorted by mobile phone shapes.