
Infinite scroll x eye tracking x Brain rot
Ces formes molles, informes, rappellent des excréments flottant dans l’espace blanc. Ce ne sont pas des Brain Rots. Elles ne viennent pas du corps: elles proviennent de l’œil. Elles sont le produit d’un eye tracking, une cartographie de ce que le regard consomme, dévore, expulse sur une page Internet. Chaque trace visuelle devient dépôt, résidu. L’infinite scroll vertical, au lieu d’élever, se déverse comme une diarrhée numérique. Le réseau social n’est plus une agora, mais une fosse septique: on y défile, on y dépose, on y laisse des traces sans mémoire. L’opposition est claire. La lecture horizontale, avec ses points d’ancrage, construit un chemin; le scroll vertical, lui, engendre un flux sans fin, une vidange de sens. Social Shitting ne dit pas seulement l’indigestion d’images et de posts, montre le destin de nos regards happés, et l’enshittification du web: transformés en matière brute, expulsés sous forme de déchets attentionnels. L’écran n’est plus un lieu de savoir, mais un intestin collectif.
