
Moon dark side x Attraction x Craters x Holes x Circles x Smoke
La lune apparaît comme un disque de papier traversé par la lumière. Elle ne produit rien, elle renvoie, elle éblouit, elle attire, comme l’écran que l’on fixe sans y penser. La lumière passe à travers les perforations et fait exister l’astre par ses manques. Ici, le dessin n’est pas déposé sur la feuille, il est creusé, vidé, révélé par ce qui disparaît.
Le geste se répète, percé après percé, jusqu’à devenir un automatisme. Une respiration mécanique. Les impacts s’accumulent, s’organisent, se troublent. Ils forment des cratères, nets ou diffus, comme une peau marquée. De loin, la surface semble lisse. De près, elle devient un relevé de chocs, une cartographie de cicatrices.
La lune agit sur les corps humains sans jamais se montrer : elle déplace les marées, règle des cycles, dérange les nuits, nourrit des légendes de métamorphose. Une force discrète mais constante, dont l’influence traverse l’espace. Dans l’œuvre, cette action invisible devient tangible. Chaque trou est un minuscule déplacement, une pression, un impact muet.
Les cercles créés par les cratères forment des boucles fermées, comme si l’astre était enfermé dans son propre mouvement. On n’en voit qu’une face, l’autre reste dissimulée. Il faut s’approcher, laisser la lumière traverser, zoomer du regard pour comprendre la texture. Comme dans la réalité, la face cachée n’a été dévoilée qu’avec de la technologie, tardivement, grâce aux instruments et à la science.
La lumière agit ici comme un révélateur. Elle perce le papier, illumine ce qui devrait rester opaque et transforme la surface en paysage. La lune n’est plus une image parfaite mais un corps marqué, une matière sensible, faite de traces, d’empreintes et d’ombres. C’est une présence lointaine qui modèle silencieusement nos gestes, nos cycles, nos émotions et nos nuits. Une attraction permanente, réfléchie, passive, comme une lumière que l’on regarde trop longtemps sans s’en rendre compte.
50*70 – gravure – Led














