Catégorie : Data generated

  • Monsters

    IA fake faces x no sense

    Engraving on Plexi + Blue light Led – 30 x 20 cm

    Douze visages spectraux s’alignent tels des apôtres numériques — figures d’une nouvelle religion, codée en pixels et en probabilité. Aucun de ces individus n’existe. Leur dieu ne se voit pas. Générés par une IA d’avant l’ère ChatGPT&co lancée par un lanceur d’alerte issu de la Big Tech, ces portraits visaient à dénoncer la montée en puissance de l’illusion générative. Ici, ils reviennent privés de tous leurs sens : pas d’yeux, pas d’oreilles, pas de bouche — aucune entrée, aucune sortie.

    Monsters transfigure ces ensembles de données anonymes en icônes sacrées et vides. Illuminées par une lumière LED bleue, les gravures suggèrent une transcendance — mais n’offrent que l’absence. Il ne s’agit pas de présence divine, mais de vacuité synthétique. Ces « apôtres » ne prêchent pas — ils ne voient rien, n’entendent rien, ne disent rien.

    Ce sont les figures de remplacement d’un futur où l’humain est simulé, indexé, effacé — et vénéré comme artefact.

    Twelve (like apostle) spectral faces line up like digital apostles—figures of a new religion, one coded in pixels and probability. None of these individuals exist. Generated by a pre-ChatGPT-era AI launched by a Big Tech whistleblower, these portraits were meant to denounce the rising power of generative illusion. Here, they return stripped of all senses: no eyes, no ears, no mouths—no way in, no way out.

    Monsters transfigures these anonymous datasets into sacred, vacant icons. Illuminated by blue LED light, the engravings suggest transcendence—but offer only absence. This is not divine presence, but synthetic vacancy. The “apostles” here don’t preach—they observe nothing, hear nothing, say nothing.

    They are placeholders for a future where the human is simulated, indexed, erased—and worshipped as artifact.

  • Births

    My kids growing x blogging
  • The walking sleeper

    My heart rate x night duration x number of kms for one month

    Drawing – 30×20 cm

    J’ai utilisé un bracelet connecté pour suivre pendant 30 jours les principales données biométriques que mon corps pouvait produire. De nombreuses améliorations de santé pourraient théoriquement découler de cette collecte — ou pas — surtout avec l’ajout d’une couche d’intelligence artificielle.

    Ce dessin minimaliste a été généré à partir de ce suivi : fréquence cardiaque, durée du sommeil, distance quotidienne parcourue. Chaque trio de lignes représente une journée : une lune pour le sommeil, un cœur pour le rythme cardiaque, une empreinte pour le mouvement. Trente jours, trente récits muets — cartographiés sans mots.

    La géométrie semble propre, rationnelle. Mais la grille révèle autre chose : des rythmes de fatigue, un repos inégal, une anxiété discrète en mouvement. Malgré les promesses de santé optimisée, les données racontent une autre histoire — celle d’une surveillance déguisée en soin de soi, d’algorithmes qui promettent des éclairages mais récoltent des routines.

    The Walking Sleeper trace une frontière entre le soi quantifié et le soi marchandisé.
    Un journal sans narration.
    Une vie réduite à des signaux.
    De la beauté dans la retenue — mais une inquiétude profonde dans le silence.

    I used my wrist bracelet to monitor during 30 days precisely my main body metrics that it could capture. Lots of health improvements could be performed thanks to the collection of all these personal data & A.I on top of this….or not!

    This minimalist drawing was generated from one month of biometric tracking—captured through a wrist device that monitored heart rate, sleep duration, and daily distance walked. Each trio of lines encodes a day: a moon for sleep, a heart for pulse, a footstep for movement. Thirty days, thirty silent stories—mapped without words.

    The geometry seems clean, rational. But the grid reveals more: fatigue rhythms, uneven rest, quiet anxiety in motion. Despite the promise of optimized health, the data tells another story—one of surveillance disguised as self-care, and algorithms promising insight but harvesting routine.

    The Walking Sleeper draws a boundary between the quantified self and the commodified self. A diary without narrative. A life reduced to signals. Beauty in restraint—but disquiet in the silence.

  • And I’m sorry for this

    Z. public apologies at American Congress recording

    Ink of museum rubish – 15×100 cm

    Cette œuvre visualise les excuses publiques de Z. devant le Congrès américain — non par les mots, mais par la forme sonore. La gravure reproduit exactement l’onde audio de sa phrase : « …and it was my mistake… » Chaque pic est une déchirure de fréquence, chaque creux une rupture de ton, une hésitation, ou une trace de culpabilité — sincère ou calculée.

    Sous cette ligne froide, silencieuse, plane une bande-son fantôme : des notes de piano imaginées, qui suggèrent honte, stratégie et orchestration médiatique. Un rythme de tristesse qui n’appartient pas au locuteur, mais à ceux qui ont été touchés. Le piano ne joue pas. Et pourtant, on l’entend.

    And I’m Sorry for This Z recontextualise les excuses technologiques scénarisées comme à la fois spectacle et trace — où la voix devient artefact, et le repentir, un bruit mesurable.
    L’œuvre interroge : que signifie dire « pardon » quand même la contrition est programmée ?

    Un monument au regret fabriqué,
    et à l’impossibilité de la sincérité
    à l’ère du capitalisme de surveillance.

    This piece visualizes the public apology of Z. before the U.S. Congress, not in words—but in waveform. The engraved shape is the exact audio transcription of his voice uttering: “…and it was my mistake…” Each spike is a frequency tear, each dip a rupture of tone, hesitation, or guilt—real or performed.

    Beneath the cold line of sound lies a haunting soundtrack: silent, imagined piano notes that evoke shame, calculation, and PR orchestration. A rhythm of sadness that doesn’t belong to the speaker but to those affected. The piano doesn’t play. But we hear it.

    And I’m Sorry for This Z reframes a scripted tech apology as both spectacle and trace—where voice becomes artifact, and repentance becomes measurable noise. It asks: what does it mean to say sorry when everything—including contrition—is engineered?

    A monument to engineered regret, and the impossibility of sincerity in the age of surveillance capital.

  • Strange people

    These people faces are pure fake and generated by an A.I.

  • Winter is coming

    Data cloud mapping

    Ink on paper – 30 x 40 cm

    Comme un flash lumineux ou un volcan en éruption, ce dessin repose sur la cartographie réelle des centres de données mondiaux et des flux entre les principales infrastructures de stockage cloud.

    Apparaissant comme un glacier fracturé, un éclair ou une cicatrice neuronale, Winter Is Coming trace la géographie concrète du cloud et des data centers à l’échelle planétaire. Chaque ligne représente un flux de données, chaque nœud un point d’hyper-concentration — presque toujours localisé dans le Nord global.

    Le résultat est à la fois abstrait et glaçant : une cartographie de la fragilité numérique, qui révèle l’architecture invisible soutenant notre quotidien connecté. Sous la métaphore hivernale se dissimule un avertissement discret : à mesure que les tensions géopolitiques s’intensifient et que les monopoles d’infrastructure se renforcent, ce réseau devient un point de pression — non seulement pour le stockage, mais pour le contrôle, la vulnérabilité, l’opacité.

    Winter Is Coming évoque à la fois l’effondrement et la consolidation. À l’heure de l’angoisse climatique et de l’accélération technologique, l’œuvre nous rappelle que même le cloud a une géographie — et qu’elle est tout sauf équitable.

    Like a flash light or erupting volcano, this drawing is based on main cloud storage and data centers positionnings and data flows between them.

    Appearing like a fractured glacier, a flash of lightning, or a neural scar, this drawing traces the real-world geography of cloud storage and global data centers. Every line represents a data flow, every knot a point of hyper-concentration—most often in the global North.

    The result is both abstract and chilling: a cartography of digital fragility, revealing the invisible architecture that powers our daily lives. Beneath the metaphor of winter lies a quiet warning: as geopolitical tensions rise and infrastructural monopolies grow, this network becomes a pressure point—not only of storage, but of control, vulnerability, and opacity.

    Winter Is Coming echoes both collapse and consolidation. In the age of climate anxiety and techno-acceleration, it reminds us that even the cloud has a geography—and it is not evenly distributed.

  • Modern Times

    Boehringer metabolics

    Drawing – 40×40 cm

    Ce fragment réinterprété de la célèbre carte métabolique Boehringer ne vise plus à expliquer, mais à désorienter. Ce qui, dans le schéma original, représentait l’élégance et la précision des processus biochimiques devient ici une architecture close, en surcharge, sans issue. Les chemins de transformation du glucose, de l’ATP, ou des acides aminés semblent tourner à vide, piégés dans des boucles auto-référentielles.

    Le clin d’œil au film Modern Times de Chaplin n’est pas anodin : dans cette œuvre aussi, l’humain est absorbé par une mécanique trop grande pour lui, broyé par le rythme d’une chaîne de production. Ici, c’est la cellule elle-même qui devient usine. Le vivant n’est plus mouvement, mais maintenance. L’énergie ne circule plus — elle stagne, ou s’épuise à reproduire des motifs absurdes.

    Certaines spirales s’ouvrent comme des vertiges. D’autres s’enroulent sur elles-mêmes jusqu’à l’asphyxie. Le corps est toujours là, quelque part — mais il ne fonctionne plus : il gère, il corrige, il compense. Et dans ce réseau en surcharge, c’est l’idée même de finalité biologique qui s’effondre.

    Une cartographie de la fatigue. Un diagramme de la survie automatique.

    Boehringer matrix is a kind of chemical explanation of life and metabolics

    This piece reinterprets a section of the Boehringer metabolic chart, a scientific diagram meant to represent the chemical reactions at the core of life. But here, the elegant precision of biochemistry is stripped of clarity—turned instead into a chaotic grid of repetitions, spirals, dead ends, and closed circuits.

    The title nods to Charlie Chaplin’s iconic film, where man is crushed under the weight of industrial rhythm and mechanized labor. Similarly, this metabolic labyrinth reflects a form of modern biological alienation: life processes reduced to loops, human movement trapped in invisible pathways, and purpose buried beneath over-optimization.

    Some spirals here don’t end. Others regress. Amidst the pseudo-functional architecture, the shapes betray confusion rather than flow—entropy instead of energy. The system is alive, but barely breathing.

  • Chemical hapiness

    Dopamine synthesis process

    Ce dessin reproduit avec minutie les étapes complexes de la biosynthèse de la dopamine — depuis la tyrosine jusqu’à la molécule finale. Mais ce n’est pas une simple illustration scientifique. C’est une cartographie politique et émotionnelle. Car aujourd’hui, cette voie biochimique ne relève plus uniquement de la neurobiologie : elle est exploitée, instrumentalisée, industrialisée.

    La dopamine est devenue l’un des leviers majeurs de l’économie de l’attention. Chaque “like”, chaque notification, chaque micro-interaction dans une application est conçu pour provoquer ce pic de récompense, cette micro-jubilation qui incite à rester connecté, à revenir, à consommer. Sans stratégie de stimulation dopaminergique, aucune plateforme ne tiendrait.

    Ce schéma moléculaire est donc aussi un plan d’attaque — celui des UX designers, des ingénieurs en captologie, des entreprises qui modèlent nos comportements via ces circuits primitifs. En activant dopamine et noradrénaline, ils ne se contentent pas de susciter du plaisir : ils pilotent nos états mentaux, notre vigilance, notre capacité à apprendre ou à mémoriser.

    Ce dessin, apparemment neutre, devient ainsi une image à double fond : à la fois miracle biologique et carte d’exploitation. Une machine à désir, détournée.

    This drawing is representing the complex synthesis of the dopamine molecule. Dopamine stimulation is a key element in the user experience optimisation for mobile and service applications providers. This is obvious that without a dopamine shot control strategy, social networks won’t be what they are. Dopamine and noradrenaline are crucial neuromodulators controlling brain states, vigilance, action, reward, learning, and memory processes.

  • Hashima II

    Hokusai x Gafa stock exchange growth trends

    This Hokusai wave has been drawn only with Gafam insolent stock exchange growth from the past years

    Data centric drawing & engraving on plexiglass – 30×20 cm

  • My Valentine

    Necropole dead tree x Time on mobile per day x Lindenmayer

    My Valentine a été créée en hommage au 14 février, un jour théoriquement dédié à l’attention, à la présence, au lien. Ici pourtant, aucun symbole romantique: seulement des lignes fines, des strates d’usage, des relevés de temps passé sur mon mobile durant les semaines qui précèdent et suivent la date. Chaque trait correspond à un temps d’usage du mobile dans une journée. Le trait rose en néon, plus marqué, est celui de la Saint-Valentin. Rien ne s’y distingue. Rien ne change. Le temps d’écran reste identique, comme si la journée n’avait aucune singularité. Cet aplatissement raconte l’essentiel: l’érosion progressive de relations humaines dissoutes dans la routine numérique. La Saint-Valentin n’est plus un événement, seulement un point dans une série statistique, une donnée parmi d’autres. L’émotion disparaît dans la courbe. La présence s’efface derrière la continuité du geste. Le motif visuel évoque un arbre mort, repéré dans une nécropole ardéchoise, réduit à un réseau de branches desséchées. Une nécropole graphique, où chaque ligne représente une. La forme de barres l’arbre, photographié dans une Nécropole antique en Ardèche, fait penser à des L-systems, modèles mathématiques de développement organique des plantes développé par Lindenmayer 

    I photographied this dead tree in an ancient necropole situated in south of France. Each bar is my precise daily time spend on my mobile phone for several weeks. The darker bar is the valentine’s day.

  • Boom

    F. headquarter architecture x explosion

    Un siège social, vu du ciel. Son plan de masse est démantelé en éclats géométriques, dispersés dans l’espace blanc. Les rectangles ne dessinent pas une architecture ordonnée, mais les débris d’une dislocation. L’entreprise, jadis solide, devient poussière numérique. Le bâtiment se transforme en nuage de fragments, comme une interface qu’on aurait trop zoomée, jusqu’au bug, jusqu’au crash. Boom n’est pas seulement un éclatement visuel fictif , et en appelle encore moins à des actions violentes: c’est une métaphore. L’empire des réseaux sociaux, bâti sur des fondations fragiles, pourrait s’éparpiller à tout moment, à l’image de son démantèlement économique, prôné par certains. L’éclatement architectural traduit l’éclatement social: liens rompus, communautés fragmentées, vérités volatiles. En éclatant la carte, une vérité brute surgit. Derrière l’ordre affiché du siège, il n’y a qu’un chaos latent, prêt à se disperser. Ce n’est plus une photo satellite. C’est une autopsie aérienne.

    More and more people are asking for a F. dismantling. This drawing is based on precise bird view of F. headquarter in Silicon Valley

    Drawing – 30×20 cm

  • What’s up kids?

    Millions of messages per minute growth (data centric graphic)

    Sculpture issue d’un flux invisible, What’s up kids? matérialise une croissance algorithmique, celle de millions de messages échangés chaque minute sur les plateformes sociales, transformée ici en forme organique et contrainte, une excroissance de données figée dans le métal. La structure évoque un ballon, gonflé non pas d’air mais de sollicitations numériques, de notifications, de fragments de langage qui s’accumulent sans jamais produire de sens durable. Pourtant, ce ballon ne s’élève pas. Il reste ancré, retenu au sol, comme incapable d’échapper à la gravité de ses propres mécanismes. Cette tension entre expansion et immobilité traduit l’impasse d’un système qui promet l’envol mais enferme dans la répétition. La croissance est réelle, mesurable, exponentielle, mais elle ne libère rien, elle sature. L’objet oscille entre dirigeable et ballon d’enfant, entre technologie lourde et innocence perdue, suggérant une captation progressive des esprits les plus jeunes, happés par ces flux continus. Chaque ligne métallique devient une trajectoire de message, une trace de connexion, une impulsion captée dans une boucle infinie. Le cerveau, exposé à cette densité, ne s’élargit pas, il se fragmente, il se disperse, il se fatigue. L’œuvre met en forme cette érosion silencieuse, déjà centrale dans Clear Shadows, où l’automatisation des comportements et la dépendance aux interfaces redessinent nos équilibres cognitifs . Ici, la donnée devient matière, mais une matière stérile, incapable de s’ancrer dans le réel autrement que par son propre poids. Le fil ne dessine pas une structure stable, il accumule, il entremêle, il perd sa lisibilité, à l’image de ces échanges incessants qui saturent l’attention. Le ballon devient alors métaphore d’une génération suspendue, maintenue dans un entre-deux, ni libre ni pleinement consciente de son attachement. Ce qui devait être un jeu devient une contrainte, ce qui devait connecter isole, ce qui devait faire grandir immobilise.

  • Social Shitting

    Infinite scroll x eye tracking x Brain rot

    Ces formes molles, informes, rappellent des excréments flottant dans l’espace blanc. Ce ne sont pas des Brain Rots. Elles ne viennent pas du corps: elles proviennent de l’œil. Elles sont le produit d’un eye tracking, une cartographie de ce que le regard consomme, dévore, expulse sur une page Internet. Chaque trace visuelle devient dépôt, résidu. L’infinite scroll vertical, au lieu d’élever, se déverse comme une diarrhée numérique. Le réseau social n’est plus une agora, mais une fosse septique: on y défile, on y dépose, on y laisse des traces sans mémoire. L’opposition est claire. La lecture horizontale, avec ses points d’ancrage, construit un chemin; le scroll vertical, lui, engendre un flux sans fin, une vidange de sens. Social Shitting ne dit pas seulement l’indigestion d’images et de posts, montre le destin de nos regards happés, et l’enshittification du web: transformés en matière brute, expulsés sous forme de déchets attentionnels. L’écran n’est plus un lieu de savoir, mais un intestin collectif.

  • Please read me

    Eyes tracking reading VS infinite scroll

    Basés sur des résultats d’études d’eye tracking, ces points flottent, suspendus. Horizontalement, on devine un trajet, des haltes régulières: c’est la lecture horizontale, l’ancien rituel. Le regard avance par bonds, s’ancre, s’élève, respire. En face, d’autres formes se dispersent, tombent, glissent vers le bas. C’est le flux infini du scroll, la gravité du digital. Le geste vertical n’ancre pas, il entraîne, il aspire, il défile sans fin. Il se projette dans les tréfonds. Sont mises en tension deux temporalités du savoir:  celle du livre, linéaire, patiente, construite dans l’horizontalité;  celle de l’écran, interminable, avalant le temps en cascade verticale. Please, Read ME est une supplique. Celle d’un texte qui demande encore à être lu, plutôt que balayé. Celle d’un lecteur qui se souvient du plaisir d’habiter une phrase, au lieu de glisser d’image en image. Interrogation: lisons-nous encore, ou scrollons-nous seulement?

  • Home Flowers

    GPS tracks x Binary sentence x Flower

    Drawing – 30×20 cm

    À première vue, une fleur stylisée, délicate. Mais celle-ci ne pousse pas dans la terre : elle éclot sous la surveillance. Chaque pétale est un tracé GPS — les trajets réels, quotidiens, automatisés de l’artiste autour de son domicile, captés sans consentement explicite par une application de cartographie.

    Le cœur de la fleur — dense, anguleux, presque blessé — révèle l’attraction gravitationnelle du foyer : des boucles répétées, des allées et venues banales devenues structures de données. En arrière-plan, à peine perceptible, une phrase binaire tourne en boucle : un script fantôme de collecte silencieuse, tapie dans l’infrastructure numérique du quotidien.

    Ce qui semble être une abstraction florale est en réalité un diagramme médico-légal de la capture digitale.
    L’œuvre pose une question urgente :
    Et si nos gestes les plus ordinaires, nos habitudes anodines, nos trajets oubliés, ne nous appartenaient plus — devenus des ombres monétisées ?

    Oui, la fleur a éclos.
    Mais elle a poussé dans une serre de contrôle.

    My daily GPS paths around my home for a few days. G. maps spyed me for years without my explicit consent.

    At first glance, a stylised, delicate flower. But this one doesn’t grow in soil—it blossoms from surveillance. Each petal is a GPS path: the real-world, automatic traces of the artist’s movements around their home, tracked without explicit consent by a mapping app.

    The central core—dense, angular, almost wounded—maps the gravitational pull of home, repeated daily routes spiralling around it. The background, barely visible, is a binary sentence encoded endlessly: a ghost script of data collection, quietly running in the background of modern life.

    What looks like floral abstraction is, in fact, a forensic diagram of digital capture. The artwork confronts the viewer with a pressing question: what if our daily gestures, the most banal habits, the walks we don’t even remember, are no longer ours—but monetised shadows? The flower has bloomed, yes—but it’s one grown in a greenhouse of control.

  • Glue Town

    Gafam turnover x Screen time for child

    Sur la surface presque vide du papier, quelques traits émergent à peine. Des lignes fragiles, inclinées, d’épaisseurs différentes, se croisent en formant des figures ambiguës. Elles évoquent des croix, des repères, des signes gravés à la hâte. Leur taille varie, leur verticalité hésite, comme si ces marques étaient les restes d’un calcul ou les vestiges d’un système invisible.

    Cette image n’est pourtant pas dessinée au hasard. Elle est issue d’un croisement de données : le temps d’écran quotidien moyen des enfants et la croissance du chiffre d’affaires des grandes plateformes technologiques. Deux séries statistiques sans lien apparent, fusionnées pour générer une forme minimale.

    Le résultat est d’une sobriété troublante. Quelques signes suffisent pour matérialiser une corrélation silencieuse. Plus la structure grandit, plus la trace s’élève. Comme une série de stèles discrètes, plantées dans un paysage blanc.

    Le titre Glue Town renvoie à l’idée d’adhésion. Une ville collante où les regards restent fixés, capturés, retenus. Les plateformes numériques construisent leur croissance sur cette fixation prolongée de l’attention, particulièrement celle des plus jeunes.

    Les croix qui apparaissent dans l’image introduisent une ambiguïté supplémentaire. Elles peuvent évoquer des axes statistiques, des marqueurs de croissance, mais aussi des signes funéraires. Des repères silencieux dans un territoire où l’attention devient ressource.

    Dans cette composition presque vide, la donnée devient paysage. Quelques lignes suffisent à révéler une mécanique économique discrète, où le temps passé devant les écrans nourrit la croissance des empires numériques. Une relation simple, presque invisible, mais inscrite ici comme une série de traces légères, fragiles, et pourtant irréversibles.

    Cette logique de formes générées par des données s’inscrit dans une recherche artistique où les mécanismes numériques deviennent eux-mêmes matière visuelle, révélant l’architecture invisible des systèmes qui structurent nos vies quotidiennes.

    Drawing

  • Beat Coins

    Bitcoin search trend x heart rythm

    drawing 20 x 30 cm

    À première vue, beat coins semble une image minimale : deux courbes fines, sinueuses, se croisent sur un fond blanc. Mais cette apparente simplicité dissimule une superposition profondément signifiante. La première ligne est biomédicale : un électrocardiogramme, tracé de la vie, rythme du cœur. La seconde, extraite de Google Trends, trace la courbe d’intérêt pour le mot-clé “Bitcoin” sur l’année 2020.

    L’œuvre met en tension deux régimes de pulsation :

    • le battement biologique, irrégulier mais vital, ancré dans la matière vivante
    • la pulsation spéculative, frénétique, cyclique, abstraction algorithmique indexée sur le désir collectif

    Ce croisement n’est pas neutre : il évoque la manière dont les logiques financières et numériques colonisent jusqu’à nos rythmes internes. En confrontant corps organique et corps spéculatif, l’artiste suggère une économie émotionnelle dans laquelle le stress, la tension, l’espoir ou l’effondrement suivent les fluctuations d’une monnaie dématérialisée.

    Le titre lui-même, beat coins, opère un jeu de mots cruel : le battement vital (beat) est ici contaminé par l’économie crypto, transformé en métrique de marché. La vie devient courbe. Et le vivant s’aligne — malgré lui — sur les valeurs projetées d’un code.