Catégorie : Automation

  • FOMOuse

    Social network scrolling x notifications x anxiety breath 

    Video

    Le scroll infini, les notifications sociales et le FOMO (fear of missing out) génèrent de l’anxiété chez la majorité des accros aux réseaux sociaux — et désormais chez une part croissante de la population. Au lieu d’éveiller à l’instant présent, les sons de notification détournent l’attention de la réalité. Cette vidéo a été générée à partir du mouvement réel de la souris de l’artiste pendant une session compulsive sur une plateforme sociale.

    FOMOUSE est une cartographie de la panique. Conçue à partir de la trajectoire réelle de la souris, l’œuvre documente ce que fait le corps sous pression algorithmique. Ce que l’on voit : du flou — fragments d’interface, textes coupés, boutons, chiffres. Ce que l’on entend : pire encore. Des sons de notifications transformés en gongs de temple, un battement de cœur qui s’accélère à chaque scroll.

    L’effet est claustrophobique. Saturation d’informations. Aucune respiration. Les images ne communiquent plus — elles s’accumulent. Le spectateur ressent le poids du FOMO non comme une idée, mais comme un tremblement somatique, traversé par la saturation visuelle.

    FOMOUSE ne simule pas Internet. Il en restitue le coût physique : l’anxiété du manque, la montée puis la chute de dopamine, l’illusion de présence.
    Il n’y a pas de fin, pas de sommet.
    Seulement du mouvement.
    Seulement une angoisse.
    Vous ne naviguez pas.
    On est en train de naviguer en vous.

    Social infinite crawling, social notifications and Fomo (fear of missing out) may generate anxiety for most of social network addicts and a growing part of the population. Instead of awakening people to present instant like gongs, social notifications sounds are diverting them from reality. This video is generated with the exact motion of the area around my mouse while scrolling one of my social network.

    FOMOUSE is a cartography of panic. Generated from the artist’s actual mouse trajectory during a compulsive scroll session on a social platform, the video documents what the body does under algorithmic pressure. What we see is blur—interface, text fragments, play buttons, numbers. What we hear is worse: notification sounds distorted into temple gongs, and a heartbeat that speeds up with every scroll.

    The effect is claustrophobic. Information overload. No breath. The images no longer communicate—they accumulate. The viewer feels the weight of FOMO not as a concept, but as a somatic tremor, pulsing through visual saturation.

    Rather than simulate the internet, FOMOUSE replicates its physical cost: the anxiety of missing out, the dopamine crash, the illusion of presence. There’s no end, no climax. Only motion. Only dread.
    You are not browsing. You are being browsed.

  • Puppets II

    These are real antic statues shapes coming from a western european museum.

    Drawing & graving on plexiglass – 30×20 cm

    Ce diptyque suspendu interroge les structures invisibles qui traversent nos représentations du pouvoir et du genre, en recontextualisant deux fragments de statues antiques occidentales. À travers des postures ambiguës — l’une dans une gestuelle de domination tranquille, l’autre dans une inclinaison qui hésite entre soumission et séduction — Clear Shadows active la mémoire collective figée dans la pierre.

    Ce ne sont plus seulement des sculptures : ce sont des archétypes patriarcaux réanimés, arrachés à leur vitrine muséale pour rejouer, en boucle, les mêmes chorégraphies sociales. Le fil des marionnettes, presque invisible, rappelle combien ces gestes sont codés, transmis, ritualisés — et rarement questionnés.

    Dans sa version gravée, la transparence du Plexiglas ajoute une couche de duplicité : sous l’apparente légèreté plastique, le conditionnement s’affirme avec une précision froide. Le spectateur contemple une scène figée mais familière, oscillant entre beauté classique et critique contemporaine. Ce n’est pas du théâtre. C’est le rappel que l’histoire du regard et de la posture continue à nous manipuler.

    Two fragmented figures hang by strings, suspended like marionettes—but their postures and gestures evoke far more than theatrical play. One raises a drink with casual dominance; the other leans forward in ambiguous intent. These aren’t fictional puppets: they’re based on real antique statuary found in a Western European museum—fragments of history now reanimated in contemporary critique.

    Clear Shadows exposes here the subtle dynamics of power, gendered gaze, and performance. The figures are statues, yes, but also archetypes: one seducing, one possessing. Their classical origin doesn’t exempt them from scrutiny—it makes their gestures all the more insidious. The marionette strings suggest we’re all still caught in inherited roles, repeated gestures, encoded rituals.

    In its Plexiglas medium version, both rigid and transparent, reinforces the illusion: what looks like play is control. What looks like beauty is conditioning.
    We are the audience—but also the puppets.

  • Lacrima Rea

    Microscopic Lacrima x Coins shape x Rain / Tears x Stars

    Les réseaux sociaux génèrent d’immenses profits pour leurs propriétaires, mais bien souvent une profonde tristesse pour leurs utilisateurs. À la manière d’une spirale à la Modern Times, les « lacrima coins » tournent encore et encore, avant de revenir inlassablement à leur point de départ. Des études scientifiques ont montré que chaque larme observée au microscope possède une structure unique selon l’émotion qui l’a produite.

    Quatre disques rotatifs — à première vue, des pièces antiques. Mais dans Lacrima Capital, il ne s’agit pas de monnaies impériales. Ce sont des larmes humaines vues au microscope, cristallisées et classées selon l’émotion qui les a façonnées : chagrin, colère, soulagement, impuissance.

    Inspiré d’études scientifiques réelles révélant que chaque type de larme laisse une empreinte moléculaire distincte, Clear Shadows transforme ces résidus invisibles en jetons circulants — gravés de souffrance, mis en rotation comme des engrenages. Le mouvement mécanique est accompagné du son d’une pluie continue : non pas apaisante, mais orageuse, oppressante.

    Ces « pièces-larmes » incarnent la manière dont les réseaux sociaux capitalisent les émotions : le chagrin devient signal, la vulnérabilité devient produit, chaque larme un point de données dans une spirale monétisée.

    Le système boucle. Les roues tournent.
    La tristesse alimente la machine.

    Et quelque part, quelqu’un s’enrichit à chaque fois que nous « pleurons ».

    Social networks generate a lot of cash for their owners, but most of the time a lot of sadness for their users. Like a kind of Modern Times spiral, the lacrima coins are turning around and around, before coming back to the same departure position. Scientific studies observed that each microscopic view of a lacrima has specific forms depending on the cause of the tears.

    Four rotating discs—at first glance, ancient coins. But in Lacrima Capital, these aren’t currencies of empire. They are microscopic views of human tears, crystallized and categorized by the emotions that shaped them: grief, rage, relief, helplessness.

    Inspired by real scientific studies revealing that each type of tear leaves a distinct molecular imprint, Clear Shadows transforms these invisible residues into circulating tokens—engraved with suffering, spun like gears. The mechanical rotation is accompanied by the sound of rainfall, evoking not comfort but a storm of exploitation.

    These “lacrima coins” echo the capitalization of emotion by social networks: sorrow becomes signal, vulnerability becomes product, every tear a data point in a monetized spiral.
    The system loops. The wheels turn. The sadness feeds the machine.

    And somewhere, someone gets richer every time we « cry ».

  • Puppets IV

    Cette sculpture lumineuse transforme des formes réelles de statues antiques, issues d’un musée d’Europe occidentale, en silhouettes suspendues, presque fantomatiques. Les corps ne reposent plus sur un socle de pierre, ils flottent dans une plaque transparente, réduits à des lignes blanches, comme des traces, des scans, des présences extraites de l’histoire. Les fils qui les retiennent déplacent immédiatement la lecture : ces figures ne sont plus seulement des fragments du passé, mais des corps manipulés, maintenus, activés par une force extérieure. L’Antiquité, souvent regardée comme un réservoir de beauté, d’équilibre et d’autorité culturelle, devient ici un théâtre de dépendance. Les postures héroïques, les gestes nobles, les attitudes codifiées perdent leur autonomie. Elles semblent rejouées, déplacées, presque instrumentalisées. La lumière LED donne à ces formes anciennes une froideur contemporaine : elles ne sont plus des statues, mais des données visuelles, des modèles, des rôles disponibles, recyclés par le regard moderne. La sculpture interroge ainsi la manière dont les images du passé continuent de nous gouverner : canons du corps, figures du pouvoir, gestes de domination, poses de séduction ou de prestige. En les suspendant comme des marionnettes, l’image montre que l’héritage culturel n’est jamais neutre. Il agit encore, mais sous contrôle, à travers des fils devenus aujourd’hui esthétiques, numériques, sociaux et algorithmiques.These are real antic statues shapes coming from a western european museum

  • Gluetton

    Mobile notification x Artist hands while scrolling x Flash Lights

    Ce glouton est une vidéo miroir de mes propres mains en train de scroller indéfiniment les fils d’actualité des réseaux sociaux. Récompenses sociales, murs infinis, notifications : ces mécanismes, inventés par les concepteurs des plateformes, sont les outils les plus efficaces pour capter la bande passante mentale et maintenir les utilisateurs captifs — générant ainsi des profits colossaux.

    Le monstre ne dort jamais très longtemps.
    Il s’éveille dès que les notifications s’emballent.

    Comme une entité vorace, The Glutton se nourrit du geste répétitif, de la tension musculaire, de la dépendance gestuelle. Ce n’est pas l’écran qui est filmé, mais ce qu’il fait au corps — aux mains qui glissent, se crispent, cliquent sans fin.
    La vidéo reflète moins une activité que sa ritualisation : un automatisme sans contenu, une chorégraphie imposée par l’économie de l’attention.

    Ce glouton, c’est le miroir de notre fatigue numérique.
    Et il grossit à chaque scroll.

    This glutton is a mirroring video of my hands while scrolling indefinitely social networks walls. Social rewards, infinite walls and notifications, invented by social networks creators are the best ways to capture brain bandwith and keep people glued to their services and thus generate cash massively. Like a monster this glutton awakes once notifications accelerate.

  • Puppets

    Magnetic motion x dancing antic statues x brownian motion x disk sound

    Ces marionnettes métalliques suspendues s’inspirent des statues antiques et sont animées par des aimants, produisant un mouvement de rotation chaotique et aléatoire. Leur agitation mécanique, imprévisible, crée une chorégraphie de proximité sans contact.

    À l’image des réseaux sociaux, ces figures interagissent à distance : elles s’approchent, s’influencent, s’observent — mais ne se touchent jamais. Chacune reste enfermée dans son axe, comme dans une bulle algorithmique.

    L’œuvre met en scène l’illusion de lien : une société de silhouettes agitées, connectées sans intimité, actives sans ancrage.
    Le mouvement est continu, mais stérile.
    Comme si le chaos social était devenu une fonctionnalité.

    These hanged metallic puppets are inspired from antic statues and are animated thanks to magnets, thus creating a chaotic random rotation motion. Like for social networks, puppets have distant interactions and can not touch each others.

  • Dopabomb

    Dopamine microscopic motion x Bomb far explosions

    Dopamine is the key substance that the psychologists & user experience leaders employed by Techs Companies, try to generate is our social network users bodies. A shot of Dopamine may be secreted each time social rewards are activated

  • Bubbles

    Deep diving x mobile notification x Gun shot x Flash lights

    Les notifications mobiles peuvent rendre fous, anxieux, dépressifs… Les individus y cherchent des récompenses sociales, des connexions, un signe qu’ils existent aux yeux des autres — mais restent souvent désespérément seuls face à leur écran.

    Dans cette œuvre, des bulles d’air isolées flottent aléatoirement vers la surface, comme autant d’attentes suspendues. À chaque explosion de notification, une bulle éclate : fragile, fugace, inaudible… jusqu’à ce que le rythme s’emballe.

    Plus la scène plonge, plus les notifications s’accélèrent, jusqu’à ce que leur son se métamorphose en détonation sèche — un coup de feu. Ce crescendo sonore marque la bascule : la recherche de lien se retourne en violence, la connexion promise devient attaque.

    Ce n’est plus une interface.
    C’est un espace de tension.
    Et chaque ping est une pression de plus dans la chambre close de la solitude numérique.


    Mobile notifications may make people crazy, anxious, depressed…they are seeking for social rewards and connections but often remain desesperatly alone in front of their screens. Isolated air bubbles are floating randomly towards surface once mobile notifications burst. Whereas the scene is diving deeper and deeper, notifications accelerate till transforming their sound into a gun shot.

  • Faketrue people

    Encre sur papier

    Gravure sur Plexiglas & Led

    28 masks inspired by deep fake faces

    Ink on paper – 30 x 40 cm

    Ces 28 masques forment une galerie silencieuse d’identités générées — et immédiatement vidées de leur humanité. Produits à partir de visages synthétiques créés par intelligence artificielle (deep fake), ils présentent d’abord une illusion troublante de réalisme : proportions parfaites, lumière flatteuse, visages crédibles. Mais chaque regard a été effacé, chaque bouche éliminée, chaque oreille gommée. Il ne reste que des enveloppes.

    Ce processus d’annulation transforme l’image en masque : ce n’est plus un portrait, c’est une façade. Sans organes sensoriels, ces figures ne voient rien, n’entendent rien, ne parlent pas. Elles incarnent l’ère post-relationnelle où la ressemblance suffit, et où l’émotion est simulée sans origine.

    L’œuvre interroge : que reste-t-il d’un visage quand on lui retire la possibilité d’interagir ? Que devient une humanité sans échange, sans mémoire, sans altérité ? Ces masques sont beaux, peut-être. Mais ils ne nous regardent pas. Ils nous ignorent. Comme les algorithmes qui les ont créés.

    These faces have been conceived first thanks to an artificial intelligence able to generate randomly real-like faces of non existing people; then eyes, mouth, noses and ears have been removed for the final version of the drawing.

    Drawing & graving on plexiglass – 30×20 cm

  • Modern Times

    Boehringer metabolics

    Drawing – 40×40 cm

    Ce fragment réinterprété de la célèbre carte métabolique Boehringer ne vise plus à expliquer, mais à désorienter. Ce qui, dans le schéma original, représentait l’élégance et la précision des processus biochimiques devient ici une architecture close, en surcharge, sans issue. Les chemins de transformation du glucose, de l’ATP, ou des acides aminés semblent tourner à vide, piégés dans des boucles auto-référentielles.

    Le clin d’œil au film Modern Times de Chaplin n’est pas anodin : dans cette œuvre aussi, l’humain est absorbé par une mécanique trop grande pour lui, broyé par le rythme d’une chaîne de production. Ici, c’est la cellule elle-même qui devient usine. Le vivant n’est plus mouvement, mais maintenance. L’énergie ne circule plus — elle stagne, ou s’épuise à reproduire des motifs absurdes.

    Certaines spirales s’ouvrent comme des vertiges. D’autres s’enroulent sur elles-mêmes jusqu’à l’asphyxie. Le corps est toujours là, quelque part — mais il ne fonctionne plus : il gère, il corrige, il compense. Et dans ce réseau en surcharge, c’est l’idée même de finalité biologique qui s’effondre.

    Une cartographie de la fatigue. Un diagramme de la survie automatique.

    Boehringer matrix is a kind of chemical explanation of life and metabolics

    This piece reinterprets a section of the Boehringer metabolic chart, a scientific diagram meant to represent the chemical reactions at the core of life. But here, the elegant precision of biochemistry is stripped of clarity—turned instead into a chaotic grid of repetitions, spirals, dead ends, and closed circuits.

    The title nods to Charlie Chaplin’s iconic film, where man is crushed under the weight of industrial rhythm and mechanized labor. Similarly, this metabolic labyrinth reflects a form of modern biological alienation: life processes reduced to loops, human movement trapped in invisible pathways, and purpose buried beneath over-optimization.

    Some spirals here don’t end. Others regress. Amidst the pseudo-functional architecture, the shapes betray confusion rather than flow—entropy instead of energy. The system is alive, but barely breathing.

  • Chemical happiness

    Dopamine synthesis process

    Ce dessin reproduit avec minutie les étapes complexes de la biosynthèse de la dopamine — depuis la tyrosine jusqu’à la molécule finale. Mais ce n’est pas une simple illustration scientifique. C’est une cartographie politique et émotionnelle. Car aujourd’hui, cette voie biochimique ne relève plus uniquement de la neurobiologie : elle est exploitée, instrumentalisée, industrialisée.

    La dopamine est devenue l’un des leviers majeurs de l’économie de l’attention. Chaque “like”, chaque notification, chaque micro-interaction dans une application est conçu pour provoquer ce pic de récompense, cette micro-jubilation qui incite à rester connecté, à revenir, à consommer. Sans stratégie de stimulation dopaminergique, aucune plateforme ne tiendrait.

    Ce schéma moléculaire est donc aussi un plan d’attaque — celui des UX designers, des ingénieurs en captologie, des entreprises qui modèlent nos comportements via ces circuits primitifs. En activant dopamine et noradrénaline, ils ne se contentent pas de susciter du plaisir : ils pilotent nos états mentaux, notre vigilance, notre capacité à apprendre ou à mémoriser.

    Ce dessin, apparemment neutre, devient ainsi une image à double fond : à la fois miracle biologique et carte d’exploitation. Une machine à désir, détournée.

    This drawing is representing the complex synthesis of the dopamine molecule. Dopamine stimulation is a key element in the user experience optimisation for mobile and service applications providers. This is obvious that without a dopamine shot control strategy, social networks won’t be what they are. Dopamine and noradrenaline are crucial neuromodulators controlling brain states, vigilance, action, reward, learning, and memory processes.

  • Arthropod.e

    Hand x radiography x mobile addiction disease

    Ce dessin, inspiré d’une radiographie réelle, révèle une main qui n’est plus outil mais symptôme. Les lignes osseuses sont fidèles, mais la zone centrale — celle qui relie pouce et index — est marquée, soulignée, comme si elle brûlait d’un usage trop intense. Ici naît l’arthrite du XXIe siècle : non pas liée à l’âge, mais à l’interface.

    Des scientifiques alertent sur cette nouvelle forme de pathologie articulaire, provoquée par la surutilisation des smartphones. Ce n’est plus l’outil qui épouse la main, mais la main qui se déforme pour s’adapter à l’objet. Le pouce s’épaissit, l’index se crispe, la paume se courbe. Chaque jour, des heures de scroll, de tapotements et de positions statiques entraînent micro-traumatismes, inflammation et douleurs chroniques.

    L’image ne montre pas une main malade, mais une main transformée. L’arthrite devient ici une écriture — un signal gravé dans l’os de notre rapport au numérique. Le squelette épouse l’objet, jusqu’à s’y fondre. La technologie devient non seulement un prolongement, mais une altération du corps.

    Ce dessin, anatomique et critique, n’interroge pas la dépendance, mais ses traces physiques. Ce n’est plus la main humaine. C’est la main modifiée par usage. Une prothèse inversée, où l’outil déforme l’organique.

    Some scientists discovered a new kind of hand arthritis, caused by mobile phone addiction and time spent on such heavy mobile devices. This drawing made is inspired from a hand radiography with a special focus on the arthritis zone. Moreover in some cased it appears that some fingers may be distorted by mobile phone shapes.

  • My Valentine

    Necropole dead tree x Time on mobile per day x Lindenmayer

    My Valentine a été créée en hommage au 14 février, un jour théoriquement dédié à l’attention, à la présence, au lien. Ici pourtant, aucun symbole romantique: seulement des lignes fines, des strates d’usage, des relevés de temps passé sur mon mobile durant les semaines qui précèdent et suivent la date. Chaque trait correspond à un temps d’usage du mobile dans une journée. Le trait rose en néon, plus marqué, est celui de la Saint-Valentin. Rien ne s’y distingue. Rien ne change. Le temps d’écran reste identique, comme si la journée n’avait aucune singularité. Cet aplatissement raconte l’essentiel: l’érosion progressive de relations humaines dissoutes dans la routine numérique. La Saint-Valentin n’est plus un événement, seulement un point dans une série statistique, une donnée parmi d’autres. L’émotion disparaît dans la courbe. La présence s’efface derrière la continuité du geste. Le motif visuel évoque un arbre mort, repéré dans une nécropole ardéchoise, réduit à un réseau de branches desséchées. Une nécropole graphique, où chaque ligne représente une. La forme de barres l’arbre, photographié dans une Nécropole antique en Ardèche, fait penser à des L-systems, modèles mathématiques de développement organique des plantes développé par Lindenmayer 

    I photographied this dead tree in an ancient necropole situated in south of France. Each bar is my precise daily time spend on my mobile phone for several weeks. The darker bar is the valentine’s day.

  • Your brain is our brain

    G. Artificial Intelligence Code released

    De loin, la silhouette d’un cerveau, évanescente, presque translucide. De près, une marée de lignes de code. Pas de neurones, pas de synapses, mais des variables, des boucles, des fonctions. Ce n’est pas une métaphore: c’est une substitution. Le code se fait cortex, l’algorithme devient matière grise. L’intelligence n’est plus biologique mais textuelle, écrite dans un langage qui n’a rien de naturel. L’œuvre fait écho à ce moment fondateur où certaines entreprises ont ouvert leurs premiers modèles d’intelligence artificielle au monde, sous couvert d’«open source». L’ouverture n’était pas un partage, plutôt une invitation à participer à l’entraînement d’une machine qui apprend de nous pour mieux nous dépasser. Your Brain Is Our Brain expose ce glissement: en livrant nos usages, nos phrases, nos clics, nous avons offert notre réflexion, notre raisonnement. Nos cerveaux sont devenus ressource, matière première. Le cerveau collectif s’écrit désormais en lignes de commande. Ce n’est pas un dessin. C’est une radiographie inversée: l’humain décomposé en syntaxe, reprogrammé en code.

    Drawing – 30×20 cm

  • Social Shitting

    Infinite scroll x eye tracking x Brain rot

    Ces formes molles, informes, rappellent des excréments flottant dans l’espace blanc. Ce ne sont pas des Brain Rots. Elles ne viennent pas du corps: elles proviennent de l’œil. Elles sont le produit d’un eye tracking, une cartographie de ce que le regard consomme, dévore, expulse sur une page Internet. Chaque trace visuelle devient dépôt, résidu. L’infinite scroll vertical, au lieu d’élever, se déverse comme une diarrhée numérique. Le réseau social n’est plus une agora, mais une fosse septique: on y défile, on y dépose, on y laisse des traces sans mémoire. L’opposition est claire. La lecture horizontale, avec ses points d’ancrage, construit un chemin; le scroll vertical, lui, engendre un flux sans fin, une vidange de sens. Social Shitting ne dit pas seulement l’indigestion d’images et de posts, montre le destin de nos regards happés, et l’enshittification du web: transformés en matière brute, expulsés sous forme de déchets attentionnels. L’écran n’est plus un lieu de savoir, mais un intestin collectif.

  • Precious Time

    Millions of (per minute) : Google Translate words x Weather channel x Snap videos x Netflix x Facebook users

    Un carré, fermé, rigide. Une surface qui évoque un écran. À l’intérieur, des lignes se croisent, s’accumulent, s’enchevêtrent jusqu’à saturer l’espace.

    Chaque trajectoire correspond à un flux réel mesuré par minute dans l’économie numérique mondiale. Mots traduits sur Google Translate, consultations météo, vidéos regardées sur Snap, heures de Netflix consommées, utilisateurs actifs sur Facebook. Des millions d’actions invisibles, répétées sans interruption.

    Chaque ligne devient ainsi la trace graphique d’un comportement collectif. Une activité fragmentée, continue, presque automatique.

    Mais l’image ne montre pas des utilisateurs. Elle montre seulement des trajectoires. Des mouvements enfermés dans un carré.

    Le carré devient alors l’écran lui-même. Un cadre fermé où se concentrent des milliards de fragments d’attention humaine.

    Le temps circule, s’agite, se heurte, mais il ne sort jamais du cadre.

    Un temps précieux, capturé.

  • Euphoric Scorpion

    Dopamine molecule x Trap x Scorpion

    Une structure noire, tendue, presque nerveuse, évoque d’abord un scorpion figé dans un instant d’alerte, prêt à se retourner contre lui-même. Les tiges métalliques, droites et froides, dessinent une mécanique précise, sans organicité, comme si le vivant avait été réduit à un schéma. Pourtant, derrière cette silhouette animale, c’est une autre réalité qui affleure, celle d’une molécule, celle de la dopamine, architecture invisible de nos élans. Le centre, fermé par un grillage dense, agit comme un noyau captif, un piège qui ne s’ouvre jamais vraiment. Rien ne s’échappe, tout circule en boucle. Les sphères aux extrémités semblent suspendues, comme des points de tension, des déclencheurs prêts à activer le système. L’ensemble ne raconte pas une attaque, mais une répétition, une boucle interne, une auto-stimulation sans fin. Le scorpion n’attaque pas, il se replie, il s’enferme. Le piège est déjà là, au cœur même de la structure. Ce qui semblait être un corps devient une prison. Ce qui semblait être un instinct devient un programme.

  • Digital NAtive

    DNA sequence x gaming console

    Cette hélice n’appartient plus au vivant. Elle imite la structure de l’ADN, mais son code est contaminé. À la place des bases fondamentales, ce sont les touches d’une manette de jeu qui s’insèrent dans la chaîne: triangle, croix, rond, carré. Un alphabet étranger, importé au cœur même de ce qui devrait rester organique. Le dessin montre comment la logique du jeu vidéo ne se contente plus de capter l’attention: elle infiltre la structure intime des comportements. Le réflexe remplace la décision. Les gestes codifiés (appuyer, valider, tirer, recommencer) deviennent des mutations silencieuses qui réécrivent peu à peu le rapport au monde. Une séquence génétique parasitée par des commandes. Les rondes grises qui composent l’hélice évoquent une neutralité anesthésiante, un tissu sans relief, entièrement standardisé. C’est la matière première d’un “digital native”: une subjectivité façonnée dès l’enfance par des environnements interactifs qui redéfinissent la récompense, l’effort, la frustration, le risque, la répétition. Le triangle ne signifie plus un choix, mais une réaction. Le carré ne symbolise plus une forme, mais une impulsion apprise. La distorsion visuelle de la double hélice traduit cette dérive: un ADN qui conserve l’apparence du vivant mais dont la logique interne a été détournée. Il mute. Le naturel persiste en surface; le conditionnement opère en profondeur. L’enfant qui joue ne manipule pas seulement une console: c’est la console qui façonne ses circuits de réponse, son rapport à l’attente, au plaisir, au manque. L’œuvre met à nu ce glissement: quand la mécanique du jeu ne reste plus un divertissement mais devient une matrice comportementale. Une génétique symbolique, modifiée non par l’évolution, mais par la répétition automatisée des mêmes gestes. Une descendance qui naît connectée, et dont l’ADN porte déjà la trace de la dépendance.

  • Addicted

    La forme évoque une gélule. Un comprimé gris, neutre, parfaitement calibré. Mais au lieu d’une poudre active, l’intérieur est rempli d’icônes: des « like » et des « love », répétés des centaines de fois, identiques, sans variation. Une pharmacologie du social.

    L’œuvre révèle une métamorphose silencieuse: les gestes numériques — liker, aimer, réagir — ont glissé du registre symbolique au registre addictif. Ils n’agissent plus comme des signes, mais comme des micro-doses. Chaque pouce levé stimule, chaque cœur récompense, chaque interaction déclenche un effet mesurable sur l’attention et la dopamine. Le réseau social devient une prescription involontaire.

    La capsule est divisée en deux moitiés parfaitement symétriques, comme un médicament à libération immédiate et prolongée. D’un côté, la gratification simple: le like, mécanique, rapide, sans engagement. De l’autre, l’apparence de l’attachement: le cœur, plus valorisant, plus intrusif, plus coûteux pour celui qui le reçoit. Deux molécules de la même addiction, deux intensités d’une dépendance émotionnelle fabriquée.

    La répétition des icônes traduit le véritable moteur de ces plateformes: la standardisation du désir. Rien n’est spontané, rien n’est personnel. Les émotions sont réduites à des symboles reproductibles, ingérés en continu. Au fil du temps, ce comprimé visuel remplace la relation réelle par un protocole automatique: aimer devient un geste réflexe, une décharge programmée, un mouvement appris.

    Dans Addicted — Pill × Like × Love, la gélule n’est plus un objet médical: c’est un miroir. Elle expose comment les systèmes de récompense intégrés aux plateformes ont colonisé notre intimité, jusqu’à en redéfinir les contours. Une pharmacologie du lien, distribuée à volonté, sans ordonnance, mais avec des effets secondaires majeurs: dépendance, anxiété, comparaison, besoin continu de validation.

    Le médicament, ici, n’est pas avalé. Il est cliqué. Et il agit tout autant.