Catégorie : Serie : Big Corps

  • Peanuts

    Une partie filmée:

    La grille de points

    Gaming x Manipulation x Circuit x Rewards x Social networks x Lemmings x Maze x Shepard music x Vibe coding

    Un espace blanc, sans bord, sans profondeur, où quelques lignes noires imparfaites dessinent un enchevêtrement de plateformes suspendues, comme un labyrinthe ouvert qui ne laisse pourtant presque aucune sortie. Rien n’est fermé, tout est accessible, et pourtant tout ramène ailleurs, toujours dans le même circuit, dans la même dérive contrôlée. Des silhouettes noires apparaissent, régulières, presque mécaniques, glissent d’une plateforme à l’autre, hésitent brièvement, se trompent, se corrigent, se percutent, se dispersent, puis se réalignent, comme si chaque trajectoire contenait déjà sa propre rectification. Le mouvement ne s’interrompt jamais, il se recompose en permanence, absorbant chaque incident comme une simple variation interne.

    La chute n’est pas un échec, elle est une production. Disparaître ne rompt rien, bien au contraire. Le système intègre la perte comme un carburant discret, une micro-optimisation silencieuse, une augmentation du score du jeu. Les corps s’accumulent parfois, s’engorgent sur une plateforme, attendent une élévation qui tarde, puis cèdent, débordent, tombent, et le flux reprend, intact, légèrement modifié mais jamais altéré. Une plateforme monte, sans câble, portée par une vis sans fin visible, pure mécanique sans finalité, image minimale d’un progrès circulaire.

    Au milieu de cette circulation, une figure rose subsiste, à peine distincte, presque noyée dans la masse, mais dont la disparition suffit à interrompre l’ensemble et marquer la fin du jeu. Le joueur agit, injecte des états, déclenche des anomalies locales, attire les corps, les ralentit, les alourdit, les excite, les suspend. Il peut provoquer des pleurs, de la colère, de l’immobilité, faire apparaître des charges, des objets, des ralentissements, créer des points d’attraction ou de friction. Mais chaque action, loin de rompre le cycle, l’épaissit, le densifie, le rend plus stable encore. Le pouvoir proposé est un pouvoir de modulation.

    Le score s’accumule sans plafond, s’étire vers l’infini comme une promesse qui ne s’achève pas. Il récompense la chute, la perturbation, l’émotion injectée, la désorganisation contrôlée. Plus le système est sollicité, plus il répond, plus il produit de points, plus il incite à continuer. Il n’y a plus de temps à battre, plus de fin à atteindre, seulement une progression abstraite, un chiffre qui monte, indépendamment de toute réussite réelle. Perdre est possible, mais assez rare sauf à le provoquer, presque accidentel, comme si le système préférait conserver le joueur à l’intérieur plutôt que de le sanctionner.

    Le rythme s’installe, répétitif, hypnotique, proche des architectures anciennes du jeu vidéo, mais vidé de leur logique de défi. Ici, on ne gagne pas, on prolonge. Une montée sonore continue comme une boucle de Shepard accompagne cette sensation, tension permanente qui ne se résout jamais, une ascension perceptive sans sommet, qui maintient le corps et l’attention dans un état intermédiaire, ni satisfaction, ni frustration totale.

    Vibecodé, produit rapidement, presque sans recul, le jeu conserve les traces de cette fabrication accélérée, lignes imparfaites, proportions instables, répétitions visibles. Cette économie de moyens n’est pas un manque, elle devient un langage, celui d’un secteur saturé, qui produit des boucles plus vite qu’il ne produit du sens. Le labyrinthe n’est pas un décor, c’est une structure mentale, une machine à capter, à retenir, à faire circuler. Chaque action du joueur confirme son appartenance au système, chaque tentative de contrôle renforce l’architecture qui l’englobe. On ne cherche plus à sortir, on apprend à rester, à optimiser sa présence, à accompagner le flux, dans un espace où tout semble ouvert, mais où rien ne s’échappe.

  • Just Grow

    Lab x Fertilizer x Pesticide x Grow Lighting x Dashboard

    Une paillasse blanche, froide, presque clinique, mais déjà traversée par une logique industrielle qui la dépasse, un espace de laboratoire qui n’est plus un lieu de recherche mais un poste de pilotage, une interface de production du vivant à grande échelle, où quatre boutons seulement suffisent à activer des chaînes entières de transformation, OGM, engrais, pesticides, lumière, quatre entrées simples pour une complexité biologique écrasée et réduite à des paramètres réglables, derrière l’écran, huit images, mais seulement quatre réellement actives ici, comme un système encore en construction, encore en expansion, où chaque levier enclenche une modification profonde du vivant, non plus observé mais programmé, optimisé, calibré pour produire plus, plus vite, nourrir des populations toujours plus nombreuses dans une logique de rendement maximal, quitte à perdre en route plus de 30% de cette production, gaspillée avant même d’atteindre l’assiette, absurdité structurelle intégrée au système lui-même, sur le paperboard, les traces d’un raisonnement scientifique devenu industriel, phénotypage des plantes, analyse des morphologies, sélection accélérée, flash lumineux pour lever la dormance, déclencher artificiellement ce que le cycle naturel aurait mis des semaines à produire, longueurs d’onde rouges, bleues, vertes, modulées avec précision pour activer ou inhiber certains mécanismes, jouer sur les ratios rouge / rouge lointain pour augmenter les rendements de plus de 30%, transformer la lumière en outil de productivité, la croissance en variable contrôlable, au fond, une usine d’engrais reconstruite en lego, réduction enfantine d’une infrastructure colossale, presque ironique, comme si la complexité chimique pouvait être manipulée comme un jeu, tandis qu’au premier plan, des plants de tomates hors sol, racines nues, baignées de lumière artificielle, grandissent sous perfusion spectrale, stimulées, accélérées, poussées, et dans l’air, une brume fine, presque invisible, diffusion de pesticides, geste banal devenu réflexe, couche supplémentaire de contrôle, de protection, ou de dépendance, tout est propre, trop propre, carrelage blanc, fioles alignées, mais derrière cette esthétique de maîtrise se lit une tension, celle d’un système agricole mécanisé, optimisé, automatisé, où l’homme n’intervient plus que par interface, en appuyant sur des boutons, en réglant des curseurs, en observant des indicateurs, et où le vivant devient un flux à gérer, une matière à transformer, une production à sécuriser, dans une logique qui ne tolère ni lenteur, ni incertitude, ni perte, sauf celle déjà intégrée, massive, silencieuse, acceptée.

  • Silence, ça pousse!

    Fertilizer x Factory x Water x Lego

    Vue du ciel, une des plus vastes usines d’engrais au monde se recompose ici en une architecture de briques miniatures, comme si la complexité industrielle devenait un jeu d’assemblage. La rigueur géométrique des installations, pipelines et cuves est réduite à une trame ludique, presque innocente, où chaque élément semble maîtrisé, simplifié, domestiqué. Pourtant, cette réduction masque une réalité plus diffuse. L’eau, traitée en surface comme une matière plastique translucide, s’infiltre visuellement entre les structures, brouillant les limites entre production et environnement. Cette porosité suggère la circulation invisible des engrais au-delà du site, leur dispersion lente et globale dans les écosystèmes aquatiques. L’image oscille entre contrôle et fuite, entre précision industrielle et contamination diffuse. Le langage du jeu agit comme un filtre esthétique qui adoucit la violence systémique du modèle représenté. La miniature devient alors une métaphore du déni, une manière de rendre manipulable ce qui échappe en réalité à toute maîtrise. Derrière l’apparente neutralité du modèle, se dessine une cartographie silencieuse de la pollution mondiale.

  • Unboxed

    Cardboard x Microscope x Delivery noises x Inks x e-commerce

    Filmé à l’échelle microscopique, le carton de livraison devient un territoire dense, traversé de fibres, d’encres, de colles et de strates recyclées, les codes-barres, les étiquettes, les fils d’ouverture et les surfaces abrasées ne sont plus des détails mais des structures, la matière s’organise en paysage, presque en cartographie, où chaque fragment révèle une chaîne industrielle comprimée dans quelques millimètres. À cette matière répond une autre surface, celle de l’écran, pixels, surbrillance, bouton d’achat, navigation rapide, gestes répétés, le flux numérique n’est pas montré frontalement mais affleure, perceptible dans la granularité de l’image et dans le rythme, le passage du digital au physique n’est pas une transition, c’est une continuité, le carton prolonge l’interface. La bande sonore installe une présence sans visage, bruits de pas, gestes domestiques, sonnette, manipulations, l’acheteur est là, sans être vu, le livreur aussi, réduit à des traces sonores, à des impacts, à des déplacements suggérés, aucun corps n’apparaît, mais tout agit, le système fonctionne sans représentation directe de ceux qu’il mobilise. Les sons se répètent, se dédoublent, se répondent en boucle, claquements, frottements, déchirures, scans implicites, la structure sonore devient mécanique, une répétition qui évoque la cadence, l’automatisation, l’absence de pause, l’ensemble produit une tension sourde, presque organique. Le carton traverse plusieurs états sans narration explicite, production, circulation, réception, ouverture puis dégradation, déchiré, compressé, jeté, ce moment n’est pas une fin mais un point de passage, derrière lui une accumulation invisible, des milliards de cartons produits, transportés, consommés, éliminés, une empreinte écologique massive, diffuse, silencieuse. La matière garde la trace de cette violence douce, chaque fibre, chaque résidu d’encre, chaque couche collée contient une mémoire logistique et énergétique, le geste d’achat rendu instantané externalise ses conséquences dans des chaînes éloignées, invisibles, fragmentées. L’image n’explique pas, elle expose, elle rapproche l’infime et le systémique, elle montre comment un objet banal concentre une infrastructure globale, et comment cette infrastructure s’inscrit jusque dans la texture même des choses.

  • Homo Cubile

    Dopamine shots x Laziness Economy x Couch

    Dans Homo Cubile, un corps assis sur un canapé devient le centre silencieux d’un dispositif beaucoup plus vaste. Le geste est simple, presque banal, le pouce qui scrolle, l’œil qui attend, l’écran qui promet la prochaine stimulation. Les likes apparaissent, les notifications surgissent, les contenus se succèdent. Chaque interaction agit comme une micro-récompense chimique, une brève décharge de dopamine qui relance l’attention et incite à recommencer. Très vite s’installe un ascenseur émotionnel parfaitement réglé. L’excitation d’un contenu, la validation d’un like, puis la frustration, parfois la colère, souvent une forme de fatigue diffuse. L’utilisateur oscille entre ces états, pris dans une mécanique où l’émotion devient le véritable carburant du système. Le corps, lui, reste immobile. L’agitation se déplace à l’intérieur. Cette fatigue émotionnelle n’est pas un dysfonctionnement, elle participe au contraire à la logique même de l’économie de l’attention. Plus l’utilisateur est stimulé, plus il reste. Plus il reste, plus son attention devient exploitable. Le canapé cesse alors d’être un simple meuble domestique pour devenir une infrastructure économique. Depuis ce point fixe, l’utilisateur peut regarder, binge-watcher, commenter, réagir, acheter, se faire livrer. Tout converge vers cette immobilité organisée. Le monde ne se parcourt plus, il se consomme depuis un point unique. Dans cette transformation lente apparaît une nouvelle figure humaine. Ni totalement active, ni totalement passive, mais installée durablement dans une position de réception permanente. Homo Cubile incarne cette mutation. Un individu allongé au cœur d’une machine invisible qui capte son attention, stimule sa chimie intérieure et transforme chaque émotion en valeur économique.

    Prolonger l’analyse avec L’essai : Nous, les Automates : la fabrique de l’homo cubile (2026, 324 p.)

  • The Courtyard

    Fenêtre sur cour x Gafam logo x Privacy x Windows

    Cette image est une cour silencieuse. Un rectangle de murs, un puits de regards, un espace où l’on habite sans jamais se rencontrer. Elle naît de Fenêtre sur cour, mais n’en retient que la tension immobile, ce moment où tout est visible et rien ne se dit.

    Les fenêtres flottent comme des aplats de couleur. Elles ne racontent plus des vies, elles signalent des présences. Chaque teinte évoque un monde extérieur qui s’est glissé à l’intérieur, une lumière artificielle posée sur l’architecture. La cour n’est plus un refuge, elle est une surface. On ne ferme plus ses volets pour se protéger, on s’allume pour exister.

    Les lignes sombres traversent l’image comme des nerfs. Ce sont des escaliers de secours, mais ils n’offrent aucune issue. Ils dessinent des chemins suspendus, des gestes répétés, des fuites qui tournent sur place. Leur forme rappelle celle d’une souris, prolongement discret de la main, indice d’un autre type de mouvement, plus abstrait, plus docile.

    Rien ne bouge, et pourtant tout circule. Le regard passe d’une fenêtre à l’autre, sans s’attarder, sans rencontrer de corps. L’absence humaine n’est pas un manque, elle est le sujet. Ce qui reste, ce sont des cadres, des couleurs, des trajectoires, comme si l’intimité avait quitté les lieux avant même que l’on s’en aperçoive.

    La cour devient un écran collectif. Un espace où l’on se voit sans se toucher, où l’on est exposé sans être présent. Une veille permanente, douce, presque belle, qui ne fait pas de bruit mais ne s’éteint jamais.

  • Enjoy your Beautiful Life

    Slogans x Top polluting brands x Drugs rubish x Transparency Shadows x My hand

    Photo 40 x 30 cm

    Cette œuvre s’approprie des fragments de plastique translucide — autrefois utilisés pour exposer des médicaments en pharmacie — et les grave de slogans d’entreprises parmi les plus polluantes ou les plus consommées au monde :
    « Taste the feeling », « Good food, good life », « For the love of it », « A better future starts at home »

    Tenues entre les doigts comme une ordonnance, ces formules marketing creuses deviennent les strates d’un nouveau monument, projeté par la lumière. Un escalier synthétique. Une échelle fragile de promesses, bâtie sur les déchets et l’illusion. Le totem du greenwhasing.

    L’œuvre dénonce la convergence insidieuse entre discours du bien-être, greenwashing corporate et dépendance pharmaceutique. La transparence du matériau feint la pureté, mais les ombres racontent une autre histoire — celle d’un bonheur commercialisé, dosé, vendu, jamais ressenti.

    Combien de « vies meilleures » faudra-t-il encore nous vendre avant que l’on réalise que ce que l’on tient entre les mains n’est que l’épave de ce qui fut vraiment à nous ?

    This piece appropriates translucent plastic fragments — once used to display drugs in pharmacies — and inscribes them with the corporate slogans of some of the world’s most polluting or mass-consumed brands:
    “Taste the feeling”, “Good food, good life”, “For the love of it”, “A better future starts at home”

    Held between fingers like a prescription, these hollow marketing phrases become the strata of a new monument, projected in light. A synthetic stairway. A fragile ladder of promises, built on waste and illusion.

    The work critiques the insidious overlap between wellness discourse, corporate greenwashing, and pharmaceutical dependency. The transparency of the material pretends purity, but the shadows tell a different story — one where commercial happiness is dosed and sold, not felt.

    How many « better lives » must be marketed before we realize we’re holding the wreckage of what was once ours?

  • Hutches

    Servers x NYC x liberty x Z. x Sorrow x Tears

    Digital drawing on paper 20 x 30cm

    La skyline de Manhattan — tranchante, dense, iconique — se révèle être tout autre chose : une forteresse de serveurs de données, verticalement froide, uniformément chiffrée. Sous chaque tour, des larmes numériques tombent, calquées sur l’onde sonore d’un enregistrement réel : la voix de Z affirmant, comme un mantra, que tout ce qu’il fait est « pour le bien du monde ».

    Au centre, à peine visible mais reconnaissable entre toutes, la Statue de la Liberté est teintée de rose vif — non plus symbole d’émancipation, mais leurre au cœur du contrôle. L’œuvre détourne la grandeur architecturale de New York en un diagramme carcéral, où chaque gratte-ciel devient cellule, cage de données, entrepôt monétisé de fragments de vie.

    Hutches n’est pas une vue urbaine, c’est une machine à confessions, une cartographie de l’effondrement de la liberté en idéologie.
    Les larmes ne tombent pas seulement des bâtiments.
    Elles tombent de la croyance elle-même.

    NYC x Z. auto persuasion audio recording x Data servers x Statue of liberty

    The skyline of Manhattan—sharp, dense, iconic—reveals itself as something else: a fortress of data servers, coldly vertical, uniformly encrypted. Beneath each tower, digital tears fall, echoing the waveform of a real audio clip: Z’s recorded justification that everything he does is “for the good of the world.”

    At the center, barely visible yet unmistakable, stands the Statue of Liberty, colored in bright pink—no longer a symbol of freedom, but a decoy amid control. The piece transforms New York’s architectural grandeur into a carceral diagram, where each skyscraper becomes a hutche, a cage of data, a monetized storage of lives.

    Hutches is not just a cityscape—it is a confession machine, mapping the collapse of liberty into ideology. The tears don’t just fall from the buildings.
    They fall from belief itself.

  • Underwater

    Underwater private network cables x brain

    À première vue, le dessin évoque un cerveau humain. Une masse nerveuse, fragile, parcourue d’ondes et de synapses. Les tracés semblent organiques, presque vivants. En réalité, il ne s’agit pas de neurones mais de câbles sous-marins bien réels, posés au fond des océans, qui transportent l’intégralité de nos flux numériques. Les noms inscrits, Echo, Jupiter, Grace Hopper, Curie, ne désignent pas des zones cérébrales mais des infrastructures privées, appartenant aux géants technologiques. Leur cartographie reproduit involontairement la forme d’un cortex. Les continents sont reliés comme des hémisphères. Les océans deviennent un tissu conjonctif. Ce réseau compose un système nerveux artificiel, mondial, silencieux. Ce dessin interroge l’anatomie de la connexion au XXIᵉ siècle. Qui relie qui. Qui contrôle les flux. Qui possède la pensée en circulation. L’Internet n’est pas immatériel. Il n’est pas dans un nuage. Il est physique, enfoui, cartographié, financiarisé.  Il traverse les fonds marins comme une colonne vertébrale de fibre optique.Ce n’est plus une métaphore. C’est une structure.Un cerveau non biologique, constitué de câbles, où la circulation des données remplace l’influx nerveux. Un cerveau sous l’eau.

    At first glance, the drawing appears to be a crude sketch of a human brain—nervous, pulsing, alive. But a closer look reveals a different truth: these are the real-world underwater cables that transmit global internet data, linking continents through the ocean floor.

    Names like Echo, Jupiter, Grace Hopper, and Curie trace not neurons, but corporate arteries—private infrastructure owned by tech giants, invisible yet vital. Their layout unintentionally mimics a cerebral cortex, forming a new digital nervous system, artificial yet organic in form.

    Underwater Private Network Cables questions the anatomy of connection in the 21st century. Are we still the ones thinking—or have these cables begun to think for us? It’s no longer metaphor. It’s structure.
    The internet is not in the cloud.
    It’s underwater, wired, mapped—and increasingly privatized.
    A brain not of flesh, but of fiber.

  • Dopa

    Dopamine synthesis

    At first glance, Dopa resembles a minimalist circuit board: glowing nodes, clean intersections, crisp linearity. But beneath its aesthetic geometry lies a biological deception—this is the biochemical pathway of dopamine synthesis, redrawn in the language of electronic engineering.

    By merging molecular biology with digital systems design, Clear Shadows underscores a haunting truth: dopamine—the molecule of pleasure, motivation, reward—is no longer just biological. It has become a product, a KPI, a currency manipulated by algorithms designed to maximize engagement, scroll time, and dependence.

    This map is not neutral. It’s a weaponized diagram, a portrait of how Big Tech reengineers human behavior by hacking brain chemistry itself.

    Dopa is not just a circuit. It’s a trigger, drawn with surgical precision. You’re not addicted to your phone.
    You’re addicted to what it’s learned to release.

  • DoubleDrink

    Z. x Ghost x Robot voice

    Z. presented his own avatar, almost more realistic and human than himself

    A ghostly mouth emerges — barely visible — pronouncing incomprehensible sentences in a metallic, accelerated squirrel-like voice. The identity is known: Z. speaks, or tries to. But his speech is glitched, dehumanized, synthetic. His words collapse into noise.

    The avatar seems more real than the speaker. The human behind the machine disappears, replaced by a performative projection of leadership and empathy — programmed, rehearsed, emptied. We are witnessing not a confession, but a looped incantation from the ghost of power.

    Z. is not a person. Z. is a product. And the voice, a glitchy residue of the digital empire he helped build.

  • The anxiety machine

    Social rewards x Dopamine shot x Hatred x Notification x Nomophobia

    This is a 2 min. compilation of 5 other videos.

    The Anxiety Machine condense en deux minutes toute l’architecture émotionnelle de la vie numérique contemporaine. Composée de cinq séquences vidéo étroitement chorégraphiées, l’œuvre suit un crescendo affectif — de la validation à l’effondrement — cartographié à travers les boucles de rétroaction sociale.

    « You did a great job » : des larmes tombent doucement tandis que s’affichent des félicitations — simulant l’éclat creux de l’approbation sociale.
    « Dopamine Shot » : particules tourbillonnantes et mouvements browniens suggèrent l’excitation chimique, les cycles de récompense manipulés.
    « I hate you » : orages, éclairs, déclarations de haine violentes marquent le basculement du plaisir vers l’agression numérique.
    « Notification/Gunshot » : des bulles éclatent avec la violence de notifications devenues armes — likes et commentaires se transforment en attaques.
    « Anxious Breathing » : l’écran se couvre de buée, la respiration se condense, une silhouette monstrueuse consume silencieusement la présence — à la fois dans et hors de l’écran.

    Cette œuvre n’est pas une simple séquence : c’est un système. Une machine de rétroaction alimentée par la peur de l’absence, le besoin d’approbation, le rejet, et la surcharge. The Anxiety Machine révèle comment les plateformes transforment l’attention en névrose, et comment le moi se fragmente sous le poids de l’attente, de l’immédiateté et de la violence invisible.

    Ce n’est pas seulement une critique des réseaux sociaux.
    C’est une mise en lumière de ce qu’ils font à notre chimie intérieure.

    This overall processing and vicious circle may lead to mass anxiety

    The Anxiety Machine condenses in two minutes the complete emotional architecture of modern digital life. Constructed from five tightly choreographed video segments, the piece follows a crescendo of affect—from validation to collapse—mapped through social feedback loops.

    1. « You did a great job »: tears fall gently as congratulatory words flash—simulating the hollow glow of social affirmation.
    2. « Dopamine Shot »: swirling particles and Brownian motion suggest chemical excitation, manipulated reward cycles.
    3. « I hate you »: storms, flashes, and violent declarations of hate punctuate a shift from pleasure to digital aggression.
    4. « Notification/Gunshot »: bubbles explode with the sharpness of alerts turning into weapons—likes and comments become assaults.
    5. « Anxious Breathing »: the screen fogs, breath condenses, and a monstrous figure silently consumes presence—simultaneously inside and outside the screen.

    This work is not merely a sequence; it is a system. A feedback machine fueled by fear of absence, approval, rejection, and overload. The Anxiety Machine exposes how platforms convert attention into neurosis, and how the self fragments under the weight of expectation, immediacy, and invisible violence.

    It is not just about social networks. It is about what they are doing to our chemistry.

  • Lords of kingdom

    Engraving x Tech leaders x Rushmore mount

    Quatre silhouettes fantomatiques émergent d’une surface translucide, baignées dans une lueur bleu électrique. Ce ne sont pas de simples visages. Ils évoquent des dirigeants de la technologie élevés au rang de figures quasi divines, un nouveau mont rushmore gravé non dans la pierre mais dans la lumière et les circuits.

    Dépourvues de texture, d’émotion et de profondeur, ces gravures révèlent l’abstraction du pouvoir à l’ère numérique. Leurs sourires semblent algorithmiques, leurs regards vides, et pourtant leur influence est omniprésente. Présentés comme des icônes, ils dominent un royaume qui ne repose plus sur un territoire, mais sur les données, les plateformes et la maîtrise du temps et de l’attention.

    Cette image dissèque subtilement la mythologisation de l’élite technologique. Derrière la pureté des lignes apparaît une question plus dérangeante. Qui écrit le code qui écrit le monde, et à quel prix.

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    Four ghostlike silhouettes emerge from a translucent surface, bathed in an electric blue glow. These are not just any faces—they resemble tech leaders elevated to divine status, an updated Mount Rushmore carved not in stone but in light and circuitry.

    Stripped of texture, emotion, and depth, the engravings reveal the abstraction of power in the digital age. Their smiles are algorithmic, their gaze vacant—yet their influence is ubiquitous. Framed like icons, they preside over a kingdom not built on land, but on data, platforms, and control over time and attention.

    This piece subtly dissects the mythologisation of technology’s elite. Beneath the polished lines lies an uncomfortable question: who writes the code that writes the world—and at what cost?

  • Hashima

    Gafa stock exchange annual growth x Hokusai wave

    Engraving on Plexiglas x Led blue light20 x 30 cm

    Dans cette œuvre, une vague stylisée — qui évoque la célèbre Grande Vague de Kanagawa d’Hokusai — émerge de centaines de traits gravés, éclairés par une lumière LED froide. Mais ici, la vague est abstraite, algorithmique, presque numérique. À sa base : une silhouette dentelée qui rappelle l’île de Hashima, cité minière japonaise abandonnée, ville fantôme d’une ambition industrielle révolue.

    La courbe de la vague reprend les graphiques de croissance annuelle des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). Un tsunami de valeur cumulée, une forme de violence économique rendue avec une finesse poétique. La lumière anime les lignes à la manière de mouvements boursiers, évoquant à la fois séduction et menace.

    Hashima Dead City est un monument à l’obsolescence. Ce qui autrefois s’élevait au nom du progrès repose désormais englouti sous l’accélération technologique. La vague s’écrasera.
    La ville a déjà disparu.
    Ne subsistent que les courbes — illuminées, suspendues.

    In this piece, a stylized wave—reminiscent of Hokusai’s iconic Great Wave off Kanagawa—emerges from hundreds of engraved dashes lit by cold LED light. But here, the wave is abstract, algorithmic, almost digital. At its base: a jagged silhouette echoing the island of Hashima, the abandoned Japanese mining city, ghost town of industrial ambition.

    The curvature of the wave mirrors the annual growth charts of the GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). It is a tsunami of compounded value, a form of economic violence rendered with poetic finesse. The light animates the lines like stock movements, evoking both seduction and menace.

    Hashima Dead City is a monument to obsolescence. What once rose in the name of progress now lies sunken beneath technological acceleration. The wave will crash. The city has already disappeared. Only the metrics remain—lit and suspended.

  • Poppies

    Gafa turnover growth rate x Poppies

    Champ de coquelicots, d’abord perçu comme fragile et lumineux, presque apaisant. Une surface douce, organique, familière. Mais très vite, le regard accroche une anomalie de rythme. Les fleurs ne poussent pas selon une logique naturelle. Elles obéissent à une autre loi.

    Chaque tige devient une ligne de temps. Chaque corolle s’élargit en fonction d’un indicateur précis, le taux de croissance annuel du chiffre d’affaires des géants du numérique. De leurs débuts jusqu’à la date de création de l’image, la progression est traduite en expansion florale. Ce qui semble vivant est en réalité calculé.

    La composition bascule alors. Le végétal n’est plus qu’un masque. Derrière l’apparence d’un champ, se déploie une cartographie économique. Les coquelicots deviennent des signaux de domination, des excroissances de croissance continue. Plus la donnée s’accélère, plus la fleur s’impose, jusqu’à saturer l’espace.

    Aucune décroissance, aucun cycle. Ici, rien ne fane. Ces fleurs ne meurent pas, contrairement aux coquelicots. Elles sont conçues pour croître sans limite, pour occuper, pour persister. Une nature détournée, instrumentalisée, où l’organique simule l’expansion industrielle.

    Posée sur un tas de terre stérile, l’image accentue la rupture. Le sol ne nourrit rien. Il ne produit aucune vie réelle. Il devient simple support, substrat mort pour une croissance artificielle. Le contraste est frontal, entre la promesse visuelle du vivant et la réalité d’un système extractif, autonome, sans retour.

    Engraving on Plexiglas + Led light

    At first glance, a delicate field of luminous poppies stretches across the surface. But these flowers bloom according to a different rhythm—their size corresponds precisely to the annual turnover growth rate of the one of the tech giants, from their early years to the creation date of this work.

    What appears botanical is, in truth, economic. Each stem is a data timeline. Each flower head, a flourish of exponential expansion. From bud to overgrown bloom, the composition evokes both vitality and imbalance. Nature becomes a proxy for figures—living growth mimicking corporate domination.

    The progression suggests no plateau. This is not an allegory of natural life cycles, but of unchecked scaling. These flowers will not wilt. They are engineered to thrive endlessly.

  • And I’m sorry for this

    Z. public apologies at American Congress recording

    Ink of museum rubish – 15×100 cm

    Cette œuvre visualise les excuses publiques de Z. devant le Congrès américain — non par les mots, mais par la forme sonore. La gravure reproduit exactement l’onde audio de sa phrase : « …and it was my mistake… » Chaque pic est une déchirure de fréquence, chaque creux une rupture de ton, une hésitation, ou une trace de culpabilité — sincère ou calculée.

    Sous cette ligne froide, silencieuse, plane une bande-son fantôme : des notes de piano imaginées, qui suggèrent honte, stratégie et orchestration médiatique. Un rythme de tristesse qui n’appartient pas au locuteur, mais à ceux qui ont été touchés. Le piano ne joue pas. Et pourtant, on l’entend.

    And I’m Sorry for This Z recontextualise les excuses technologiques scénarisées comme à la fois spectacle et trace — où la voix devient artefact, et le repentir, un bruit mesurable.
    L’œuvre interroge : que signifie dire « pardon » quand même la contrition est programmée ?

    Un monument au regret fabriqué,
    et à l’impossibilité de la sincérité
    à l’ère du capitalisme de surveillance.

    This piece visualizes the public apology of Z. before the U.S. Congress, not in words—but in waveform. The engraved shape is the exact audio transcription of his voice uttering: “…and it was my mistake…” Each spike is a frequency tear, each dip a rupture of tone, hesitation, or guilt—real or performed.

    Beneath the cold line of sound lies a haunting soundtrack: silent, imagined piano notes that evoke shame, calculation, and PR orchestration. A rhythm of sadness that doesn’t belong to the speaker but to those affected. The piano doesn’t play. But we hear it.

    And I’m Sorry for This Z reframes a scripted tech apology as both spectacle and trace—where voice becomes artifact, and repentance becomes measurable noise. It asks: what does it mean to say sorry when everything—including contrition—is engineered?

    A monument to engineered regret, and the impossibility of sincerity in the age of surveillance capital.

  • Lacrima Rea

    Microscopic Lacrima x Coins shape x Rain / Tears x Stars

    Les réseaux sociaux génèrent d’immenses profits pour leurs propriétaires, mais bien souvent une profonde tristesse pour leurs utilisateurs. À la manière d’une spirale à la Modern Times, les « lacrima coins » tournent encore et encore, avant de revenir inlassablement à leur point de départ. Des études scientifiques ont montré que chaque larme observée au microscope possède une structure unique selon l’émotion qui l’a produite.

    Quatre disques rotatifs — à première vue, des pièces antiques. Mais dans Lacrima Capital, il ne s’agit pas de monnaies impériales. Ce sont des larmes humaines vues au microscope, cristallisées et classées selon l’émotion qui les a façonnées : chagrin, colère, soulagement, impuissance.

    Inspiré d’études scientifiques réelles révélant que chaque type de larme laisse une empreinte moléculaire distincte, Clear Shadows transforme ces résidus invisibles en jetons circulants — gravés de souffrance, mis en rotation comme des engrenages. Le mouvement mécanique est accompagné du son d’une pluie continue : non pas apaisante, mais orageuse, oppressante.

    Ces « pièces-larmes » incarnent la manière dont les réseaux sociaux capitalisent les émotions : le chagrin devient signal, la vulnérabilité devient produit, chaque larme un point de données dans une spirale monétisée.

    Le système boucle. Les roues tournent.
    La tristesse alimente la machine.

    Et quelque part, quelqu’un s’enrichit à chaque fois que nous « pleurons ».

    Social networks generate a lot of cash for their owners, but most of the time a lot of sadness for their users. Like a kind of Modern Times spiral, the lacrima coins are turning around and around, before coming back to the same departure position. Scientific studies observed that each microscopic view of a lacrima has specific forms depending on the cause of the tears.

    Four rotating discs—at first glance, ancient coins. But in Lacrima Capital, these aren’t currencies of empire. They are microscopic views of human tears, crystallized and categorized by the emotions that shaped them: grief, rage, relief, helplessness.

    Inspired by real scientific studies revealing that each type of tear leaves a distinct molecular imprint, Clear Shadows transforms these invisible residues into circulating tokens—engraved with suffering, spun like gears. The mechanical rotation is accompanied by the sound of rainfall, evoking not comfort but a storm of exploitation.

    These “lacrima coins” echo the capitalization of emotion by social networks: sorrow becomes signal, vulnerability becomes product, every tear a data point in a monetized spiral.
    The system loops. The wheels turn. The sadness feeds the machine.

    And somewhere, someone gets richer every time we « cry ».

  • Winter is coming

    Data cloud mapping

    Ink on paper – 30 x 40 cm

    Comme un flash lumineux ou un volcan en éruption, ce dessin repose sur la cartographie réelle des centres de données mondiaux et des flux entre les principales infrastructures de stockage cloud.

    Apparaissant comme un glacier fracturé, un éclair ou une cicatrice neuronale, Winter Is Coming trace la géographie concrète du cloud et des data centers à l’échelle planétaire. Chaque ligne représente un flux de données, chaque nœud un point d’hyper-concentration — presque toujours localisé dans le Nord global.

    Le résultat est à la fois abstrait et glaçant : une cartographie de la fragilité numérique, qui révèle l’architecture invisible soutenant notre quotidien connecté. Sous la métaphore hivernale se dissimule un avertissement discret : à mesure que les tensions géopolitiques s’intensifient et que les monopoles d’infrastructure se renforcent, ce réseau devient un point de pression — non seulement pour le stockage, mais pour le contrôle, la vulnérabilité, l’opacité.

    Winter Is Coming évoque à la fois l’effondrement et la consolidation. À l’heure de l’angoisse climatique et de l’accélération technologique, l’œuvre nous rappelle que même le cloud a une géographie — et qu’elle est tout sauf équitable.

    Like a flash light or erupting volcano, this drawing is based on main cloud storage and data centers positionnings and data flows between them.

    Appearing like a fractured glacier, a flash of lightning, or a neural scar, this drawing traces the real-world geography of cloud storage and global data centers. Every line represents a data flow, every knot a point of hyper-concentration—most often in the global North.

    The result is both abstract and chilling: a cartography of digital fragility, revealing the invisible architecture that powers our daily lives. Beneath the metaphor of winter lies a quiet warning: as geopolitical tensions rise and infrastructural monopolies grow, this network becomes a pressure point—not only of storage, but of control, vulnerability, and opacity.

    Winter Is Coming echoes both collapse and consolidation. In the age of climate anxiety and techno-acceleration, it reminds us that even the cloud has a geography—and it is not evenly distributed.

  • I hate you

    Main hatred sentences x storm x synthetic voice

    Les réseaux sociaux sont aujourd’hui l’un des principaux terrains d’expression de la haine — souvent sous couvert d’anonymat. Ils permettent aux haters de se répandre sans filtre, sans conséquences immédiates, dans un espace conçu pour maximiser la diffusion, pas la responsabilité.

    Insultes, menaces, harcèlement, diffamation : cette haine en ligne engendre des conséquences bien réelles — maladies psychiques, dépressions, suicides, ruptures, violences, radicalisations. Ce qui hier aurait été contenu dans des cercles privés ou désamorcé par la distance, devient aujourd’hui viral, amplifié par les algorithmes et la logique du buzz.

    La haine ne naît pas des réseaux sociaux.
    Mais elle s’y propage comme un incendie dans une structure prévue pour brûler vite.

    Les plateformes ne sont pas neutres : elles facilitent, amplifient, monétisent cette violence émotionnelle.
    Ce ne sont pas seulement des outils. Ce sont des accélérateurs de catastrophe sociale.
    Et chaque commentaire haineux partagé, chaque « like » sous un contenu toxique, alimente une machine qui transforme la douleur humaine en flux.

    Social networks are one of the main places where haters can express themselves, often anonimously, causing sickness, depressions, suicides, conflicts,…Hatred spread rapidly, creating social disasters and may not have occured without social networks as facilitators.

  • Small lies

    Tech leader pitch at American Congress x binary sentences

    F. founder explaining his motivation since the begining of F. and making sincere apologies for data sharing scandal in front of the American Congress. Since this testimony. nothing really changed regarding F. overall growth.