Catégorie : Serie : Big Corps

  • Hashima II

    Hokusai x Gafa stock exchange growth trends

    This Hokusai wave has been drawn only with Gafam insolent stock exchange growth from the past years

    Data centric drawing & engraving on plexiglass – 30×20 cm

  • Boom

    F. headquarter architecture x explosion

    Un siège social, vu du ciel. Son plan de masse est démantelé en éclats géométriques, dispersés dans l’espace blanc. Les rectangles ne dessinent pas une architecture ordonnée, mais les débris d’une dislocation. L’entreprise, jadis solide, devient poussière numérique. Le bâtiment se transforme en nuage de fragments, comme une interface qu’on aurait trop zoomée, jusqu’au bug, jusqu’au crash. Boom n’est pas seulement un éclatement visuel fictif , et en appelle encore moins à des actions violentes: c’est une métaphore. L’empire des réseaux sociaux, bâti sur des fondations fragiles, pourrait s’éparpiller à tout moment, à l’image de son démantèlement économique, prôné par certains. L’éclatement architectural traduit l’éclatement social: liens rompus, communautés fragmentées, vérités volatiles. En éclatant la carte, une vérité brute surgit. Derrière l’ordre affiché du siège, il n’y a qu’un chaos latent, prêt à se disperser. Ce n’est plus une photo satellite. C’est une autopsie aérienne.

    More and more people are asking for a F. dismantling. This drawing is based on precise bird view of F. headquarter in Silicon Valley

    Drawing – 30×20 cm

  • What’s up kids?

    Millions of messages per minute growth (data centric graphic)

    Sculpture issue d’un flux invisible, What’s up kids? matérialise une croissance algorithmique, celle de millions de messages échangés chaque minute sur les plateformes sociales, transformée ici en forme organique et contrainte, une excroissance de données figée dans le métal. La structure évoque un ballon, gonflé non pas d’air mais de sollicitations numériques, de notifications, de fragments de langage qui s’accumulent sans jamais produire de sens durable. Pourtant, ce ballon ne s’élève pas. Il reste ancré, retenu au sol, comme incapable d’échapper à la gravité de ses propres mécanismes. Cette tension entre expansion et immobilité traduit l’impasse d’un système qui promet l’envol mais enferme dans la répétition. La croissance est réelle, mesurable, exponentielle, mais elle ne libère rien, elle sature. L’objet oscille entre dirigeable et ballon d’enfant, entre technologie lourde et innocence perdue, suggérant une captation progressive des esprits les plus jeunes, happés par ces flux continus. Chaque ligne métallique devient une trajectoire de message, une trace de connexion, une impulsion captée dans une boucle infinie. Le cerveau, exposé à cette densité, ne s’élargit pas, il se fragmente, il se disperse, il se fatigue. L’œuvre met en forme cette érosion silencieuse, déjà centrale dans Clear Shadows, où l’automatisation des comportements et la dépendance aux interfaces redessinent nos équilibres cognitifs . Ici, la donnée devient matière, mais une matière stérile, incapable de s’ancrer dans le réel autrement que par son propre poids. Le fil ne dessine pas une structure stable, il accumule, il entremêle, il perd sa lisibilité, à l’image de ces échanges incessants qui saturent l’attention. Le ballon devient alors métaphore d’une génération suspendue, maintenue dans un entre-deux, ni libre ni pleinement consciente de son attachement. Ce qui devait être un jeu devient une contrainte, ce qui devait connecter isole, ce qui devait faire grandir immobilise.

  • Toxic poppies

     Gafa turnover growth rate x Internet traffic x Time spent x Poppies

    À première vue, un champ délicat de coquelicots lumineux s’étend à perte de vue. Mais ces fleurs obéissent à un autre rythme: leur hauteur correspond exactement au taux de croissance annuel du chiffre d’affaires de l’un des géants de la tech, depuis ses premières années jusqu’à la date de création de cette image. Idem pour la taille du coeur ou des pétales, pour le trafic internet ou le temps passé sur internet. Ce qui semble botanique est en réalité économique. Chaque tige est une ligne temporelle de données. Chaque corolle, une flambée d’expansion exponentielle. Du bourgeon à l’éclosion démesurée, la composition évoque à la fois vitalité et déséquilibre. La nature devient un substitut des chiffres: une croissance vivante imitant la domination des entreprises. La progression ne suggère aucun plateau. Ce n’est pas une allégorie des cycles naturels de la vie, mais de l’expansion sans limite. Ces fleurs ne se faneront pas. Elles sont conçues pour prospérer indéfiniment. Rendre addict tel le pavot. Le dégradé de couleur laisse supposer que l’arc en ciel n’est plus

    Drawing & Engraving – 30×20 cm

  • Precious Time

    Millions of (per minute) : Google Translate words x Weather channel x Snap videos x Netflix x Facebook users

    Un carré, fermé, rigide. Une surface qui évoque un écran. À l’intérieur, des lignes se croisent, s’accumulent, s’enchevêtrent jusqu’à saturer l’espace.

    Chaque trajectoire correspond à un flux réel mesuré par minute dans l’économie numérique mondiale. Mots traduits sur Google Translate, consultations météo, vidéos regardées sur Snap, heures de Netflix consommées, utilisateurs actifs sur Facebook. Des millions d’actions invisibles, répétées sans interruption.

    Chaque ligne devient ainsi la trace graphique d’un comportement collectif. Une activité fragmentée, continue, presque automatique.

    Mais l’image ne montre pas des utilisateurs. Elle montre seulement des trajectoires. Des mouvements enfermés dans un carré.

    Le carré devient alors l’écran lui-même. Un cadre fermé où se concentrent des milliards de fragments d’attention humaine.

    Le temps circule, s’agite, se heurte, mais il ne sort jamais du cadre.

    Un temps précieux, capturé.

  • Home Flowers

    GPS tracks x Binary sentence x Flower

    Drawing – 30×20 cm

    À première vue, une fleur stylisée, délicate. Mais celle-ci ne pousse pas dans la terre : elle éclot sous la surveillance. Chaque pétale est un tracé GPS — les trajets réels, quotidiens, automatisés de l’artiste autour de son domicile, captés sans consentement explicite par une application de cartographie.

    Le cœur de la fleur — dense, anguleux, presque blessé — révèle l’attraction gravitationnelle du foyer : des boucles répétées, des allées et venues banales devenues structures de données. En arrière-plan, à peine perceptible, une phrase binaire tourne en boucle : un script fantôme de collecte silencieuse, tapie dans l’infrastructure numérique du quotidien.

    Ce qui semble être une abstraction florale est en réalité un diagramme médico-légal de la capture digitale.
    L’œuvre pose une question urgente :
    Et si nos gestes les plus ordinaires, nos habitudes anodines, nos trajets oubliés, ne nous appartenaient plus — devenus des ombres monétisées ?

    Oui, la fleur a éclos.
    Mais elle a poussé dans une serre de contrôle.

    My daily GPS paths around my home for a few days. G. maps spyed me for years without my explicit consent.

    At first glance, a stylised, delicate flower. But this one doesn’t grow in soil—it blossoms from surveillance. Each petal is a GPS path: the real-world, automatic traces of the artist’s movements around their home, tracked without explicit consent by a mapping app.

    The central core—dense, angular, almost wounded—maps the gravitational pull of home, repeated daily routes spiralling around it. The background, barely visible, is a binary sentence encoded endlessly: a ghost script of data collection, quietly running in the background of modern life.

    What looks like floral abstraction is, in fact, a forensic diagram of digital capture. The artwork confronts the viewer with a pressing question: what if our daily gestures, the most banal habits, the walks we don’t even remember, are no longer ours—but monetised shadows? The flower has bloomed, yes—but it’s one grown in a greenhouse of control.

  • Glue Town

    Gafam turnover x Screen time for child

    Sur la surface presque vide du papier, quelques traits émergent à peine. Des lignes fragiles, inclinées, d’épaisseurs différentes, se croisent en formant des figures ambiguës. Elles évoquent des croix, des repères, des signes gravés à la hâte. Leur taille varie, leur verticalité hésite, comme si ces marques étaient les restes d’un calcul ou les vestiges d’un système invisible.

    Cette image n’est pourtant pas dessinée au hasard. Elle est issue d’un croisement de données : le temps d’écran quotidien moyen des enfants et la croissance du chiffre d’affaires des grandes plateformes technologiques. Deux séries statistiques sans lien apparent, fusionnées pour générer une forme minimale.

    Le résultat est d’une sobriété troublante. Quelques signes suffisent pour matérialiser une corrélation silencieuse. Plus la structure grandit, plus la trace s’élève. Comme une série de stèles discrètes, plantées dans un paysage blanc.

    Le titre Glue Town renvoie à l’idée d’adhésion. Une ville collante où les regards restent fixés, capturés, retenus. Les plateformes numériques construisent leur croissance sur cette fixation prolongée de l’attention, particulièrement celle des plus jeunes.

    Les croix qui apparaissent dans l’image introduisent une ambiguïté supplémentaire. Elles peuvent évoquer des axes statistiques, des marqueurs de croissance, mais aussi des signes funéraires. Des repères silencieux dans un territoire où l’attention devient ressource.

    Dans cette composition presque vide, la donnée devient paysage. Quelques lignes suffisent à révéler une mécanique économique discrète, où le temps passé devant les écrans nourrit la croissance des empires numériques. Une relation simple, presque invisible, mais inscrite ici comme une série de traces légères, fragiles, et pourtant irréversibles.

    Cette logique de formes générées par des données s’inscrit dans une recherche artistique où les mécanismes numériques deviennent eux-mêmes matière visuelle, révélant l’architecture invisible des systèmes qui structurent nos vies quotidiennes.

    Drawing

  • Gafaholic

    Gafam letters mapping

    Drawing 30 x 40 cm

    Dans gafaholic, un enchevêtrement de lignes fines et continues semble dessiner un chaos abstrait, organique et indéchiffrable. Pourtant, derrière ce désordre apparent, se cache une structure méthodique : l’artiste a disposé les 26 lettres de l’alphabet autour d’un cercle, puis relié les lettres successives formant les noms des cinq géants du numérique — Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft — les « GAFAM ».

    Le résultat visuel est une cartographie mentale et obsessionnelle, une calligraphie du pouvoir algorithmique. Chaque ligne est une trajectoire, chaque boucle un nom propre devenu sigle, chaque croisement une interférence dans notre quotidien numérique. Ces noms sont partout, mais illisibles ici — ils perdent leur lisibilité pour devenir forme pure, intrusion esthétique.

    Ce qui frappe, c’est l’effet de dépendance implicite : le geste répétitif de tracer les lettres des GAFAM, leur interconnexion circulaire, traduit une obsession contemporaine. On ne lit plus « Google », on tourne autour. L’œuvre devient ainsi un portrait inconscient de l’utilisateur moderne : pris dans une boucle comportementale, hypnotisé par les géants qu’il alimente.

    gafaholic n’est pas seulement un mot-valise. C’est un diagnostic graphique.

  • Beat Coins

    Bitcoin search trend x heart rythm

    drawing 20 x 30 cm

    À première vue, beat coins semble une image minimale : deux courbes fines, sinueuses, se croisent sur un fond blanc. Mais cette apparente simplicité dissimule une superposition profondément signifiante. La première ligne est biomédicale : un électrocardiogramme, tracé de la vie, rythme du cœur. La seconde, extraite de Google Trends, trace la courbe d’intérêt pour le mot-clé “Bitcoin” sur l’année 2020.

    L’œuvre met en tension deux régimes de pulsation :

    • le battement biologique, irrégulier mais vital, ancré dans la matière vivante
    • la pulsation spéculative, frénétique, cyclique, abstraction algorithmique indexée sur le désir collectif

    Ce croisement n’est pas neutre : il évoque la manière dont les logiques financières et numériques colonisent jusqu’à nos rythmes internes. En confrontant corps organique et corps spéculatif, l’artiste suggère une économie émotionnelle dans laquelle le stress, la tension, l’espoir ou l’effondrement suivent les fluctuations d’une monnaie dématérialisée.

    Le titre lui-même, beat coins, opère un jeu de mots cruel : le battement vital (beat) est ici contaminé par l’économie crypto, transformé en métrique de marché. La vie devient courbe. Et le vivant s’aligne — malgré lui — sur les valeurs projetées d’un code.

  • Addicted

    La forme évoque une gélule. Un comprimé gris, neutre, parfaitement calibré. Mais au lieu d’une poudre active, l’intérieur est rempli d’icônes: des « like » et des « love », répétés des centaines de fois, identiques, sans variation. Une pharmacologie du social.

    L’œuvre révèle une métamorphose silencieuse: les gestes numériques — liker, aimer, réagir — ont glissé du registre symbolique au registre addictif. Ils n’agissent plus comme des signes, mais comme des micro-doses. Chaque pouce levé stimule, chaque cœur récompense, chaque interaction déclenche un effet mesurable sur l’attention et la dopamine. Le réseau social devient une prescription involontaire.

    La capsule est divisée en deux moitiés parfaitement symétriques, comme un médicament à libération immédiate et prolongée. D’un côté, la gratification simple: le like, mécanique, rapide, sans engagement. De l’autre, l’apparence de l’attachement: le cœur, plus valorisant, plus intrusif, plus coûteux pour celui qui le reçoit. Deux molécules de la même addiction, deux intensités d’une dépendance émotionnelle fabriquée.

    La répétition des icônes traduit le véritable moteur de ces plateformes: la standardisation du désir. Rien n’est spontané, rien n’est personnel. Les émotions sont réduites à des symboles reproductibles, ingérés en continu. Au fil du temps, ce comprimé visuel remplace la relation réelle par un protocole automatique: aimer devient un geste réflexe, une décharge programmée, un mouvement appris.

    Dans Addicted — Pill × Like × Love, la gélule n’est plus un objet médical: c’est un miroir. Elle expose comment les systèmes de récompense intégrés aux plateformes ont colonisé notre intimité, jusqu’à en redéfinir les contours. Une pharmacologie du lien, distribuée à volonté, sans ordonnance, mais avec des effets secondaires majeurs: dépendance, anxiété, comparaison, besoin continu de validation.

    Le médicament, ici, n’est pas avalé. Il est cliqué. Et il agit tout autant.

  • 196th nation

    Un drapeau. Mais sans territoire, sans frontières, sans sol. C’est l’étendard d’une nation invisible: l’empire numérique. La 196ᵉ du globe, née sans terre, régnant sur toutes. Les couleurs disent plus que leur surface: le vert, promesse de croissance infinie, d’espoir; le violet, couleur des interfaces, mélange du chaud et du froid, du réel et du virtuel; le rouge, urgence permanente, pulsation des notifications, alerte sans fin; le noir, enfin, trou béant de l’écran éteint, gouffre où se dissout toute lumière. Ce drapeau n’unit pas des gens, il agrège des utilisateurs. Il ne flotte pas au vent, il clignote dans nos poches. Il n’a pas d’hymne, mais une infinité de sons de cloches, de bips, de vibrations. 196th Nation nous rappelle qu’un empire peut exister sans armée, qu’une patrie peut s’imposer sans père ni frontières. Nous y vivons déjà. Nous en sommes les citoyens malgré nous.