

Quatre figures vêtues de blanc se tiennent debout, de dos, chacune enfermée dans une structure métallique presque identique. Les cages dessinent des volumes orthogonaux qui transforment les corps en unités mesurables, classables et reproductibles. Leur géométrie évoque tour à tour le bureau, la cabine, le casier, l’architecture standardisée et la grille numérique. Aucun verrou n’est visible, mais l’immobilité des personnages suffit à rendre l’enfermement manifeste. Les variations de hauteur et de position donnent l’illusion d’une individualité, alors que le dispositif impose partout la même posture et la même contrainte. Le blanc des vêtements se confond avec celui de la galerie, comme si les identités avaient été progressivement neutralisées. À l’inverse, les lignes noires découpent brutalement l’espace et rendent chaque limite immédiatement perceptible. Les personnages ne se regardent pas, ne communiquent pas et semblent ignorer la proximité des autres. Cette solitude collective rappelle les formes contemporaines d’isolement produites par le travail, les écrans, les procédures et l’organisation rationnelle des comportements. Le carré devient ici moins une forme qu’un principe de gestion, une manière de réduire le vivant à une place attribuée. Chaque corps paraît correctement rangé, mais cette organisation impeccable contient une violence silencieuse. L’installation interroge ainsi les systèmes qui promettent efficacité, protection et autonomie tout en multipliant les cadres invisibles. Les cages pourraient être physiques, mentales, sociales ou algorithmiques, sans que leur effet soit fondamentalement différent. La répétition ne fabrique pas un groupe, mais une série d’individus séparés, soumis à la même architecture de contrôle. Squarred donne finalement à voir une humanité mise en cases, présente mais inactive, visible mais déjà transformée en donnée.