My name is LAZ. Clear Shadows project specifically focuses on the phenomenon whereby the immediate maximization of individual satisfaction leads to a deterioration of the collective optimum over the medium and long term.
I explore:
1. life automation : the progressive automation of life, cognitive erosion, the laziness and couch economy, the vacuity of the digital race and lack of tech for good, the hijacking of inner chemistry, big corps manipulation, and screen addiction.
2. environment : environmental degradation, micro-pollution, nature’s life force, and the artificialization of nature. Across both, I reveal invisible systems that quietly reconfigure our behaviors, our bodies, our humanity, and our environment.
Here is my essay to understand what’s happening on the Tech scene, with a neutral vision : Nous les Automates! (in French 320 pages)
Artist name : Laz
Self-taught artist
Lives in Paris . Born in 1975 in Normandy.
Whole Project Portfolio

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Les thématiques qui m’interrogent
La majeure partie de mon travail porte sur les systèmes complexes, opaques, holistiques qui érodent le bien commun universel et l’humain, et plus spécifiquement:
Travail, automatisation et IA
- Burn-out au travail
- Disparition du travail humain
- Obsolescence du travailleur
- Automatisation des gestes
- Corps transformé en machine
- Répétition et usure
- Sédentarisation
- Fatigue liée à l’IA
- Dépossession cognitive
- Autorité de l’intelligence artificielle
- Persuasion algorithmique
- Fracture cognitive
Corps, écrans et modes de vie
- Automatisation de la vie quotidienne
- Économie du canapé
- Immobilisation des corps
- Déformation physique par les écrans
- Corps-interface
- Fatigue numérique
- Solitude connectée
- Repli domestique
- Disparition du lien social
- Quantification de soi
- Surveillance du corps
- Marchandisation de l’intime
Attention, dépendance et comportements
- Économie de l’attention
- Addiction numérique
- Dopamine et récompense
- Scroll infini
- Disparition de la lecture
- Brain rot
- Manipulation comportementale
- Anxiété des réseaux sociaux
- Comparaison sociale
- Culture des influenceurs
- Normalisation des apparences
Standardisation et transformation du réel
- Disparition de la couleur
- Standardisation esthétique
- Uniformisation du monde
- Instagrammisation du monde
- Confusion entre réalité et rêve
- Spectacularisation du quotidien
- Tourisme induit par les images
Consommation, déchets et pollution
- Pollution invisible
- Micropollution domestique
- Microplastiques
- Poussière comme archive
- Société du déchet
- Omniprésence du plastique
- Obsolescence programmée
- Logistique de l’e-commerce
- Illusion du recyclage
- Matérialité cachée du numérique
Productivisme et bien commun
- Croissance contre bien commun
- Productivisme
- Industrialisation du quotidien
- Consommation comme système
- Artificialisation des besoins
Vivant, écologie et disparition
- Disparition du vivant
- Extinction silencieuse
- Dérèglement climatique
- Artificialisation de la nature
- Souffrance du vivant
- Fragilité des écosystèmes
- Effacement des espèces
Fragilité, chute et effondrement
- Fissures du monde
- Effondrement des systèmes
- Fragilité des structures contemporaines
- Bascule ordinaire
- Disparition progressive
Why?
Clear Shadows est un projet artistique né d’une rupture avec le flux numérique continu et l’accélération des usages contemporains. Trop d’écrans, trop de sollicitations, trop de mécanismes devenus automatiques. Mais ce point de départ personnel s’est progressivement élargi. Ce qui apparaissait d’abord comme une question liée au numérique s’est révélé appartenir à un phénomène beaucoup plus vaste : une manière d’organiser le monde fondée sur l’optimisation, la mesure, la répétition, la réduction des frictions et la recherche permanente d’efficacité. Cette logique traverse désormais le travail, les loisirs, les relations sociales, la consommation, l’alimentation, l’habitat et notre rapport au vivant. Elle agit sur les corps aussi bien que sur les paysages. Clear Shadows part d’un paradoxe simple : les systèmes qui améliorent efficacement notre quotidien à court terme peuvent simultanément détériorer les conditions collectives qui rendent ces bénéfices possibles. Ils nous font gagner du temps mais captent notre attention. Ils augmentent la productivité tout en automatisant le travail. Ils personnalisent les services tout en standardisant les comportements. Ils simplifient les choix tout en les orientant. Ils promettent une économie fluide et dématérialisée tout en multipliant infrastructures, extraction, emballages, consommation énergétique et déchets. Ils rendent la nourriture abondante, accessible et séduisante tout en industrialisant sa production et sa composition. Ils protègent certains fragments du vivant tout en artificialisant progressivement les milieux qui les entourent. L’automatisation de la vie et la dégradation environnementale ne constituent donc pas deux sujets séparés, mais deux manifestations d’une même logique systémique.
Optimiser le particulier, fragiliser le commun
Clear Shadows ne cherche pas à désigner un responsable unique. Les systèmes observés ne fonctionnent pas seulement parce que des entreprises, des institutions ou des algorithmes les imposeraient à des individus passifs. Ils fonctionnent aussi parce qu’ils répondent remarquablement bien à nos propres désirs : aller plus vite, consommer moins cher, éviter l’effort, être servi immédiatement, recevoir une récompense, être rassuré, être reconnu, nous distraire, nous déplacer plus facilement, déléguer des décisions ou simplifier notre quotidien. Nous en sommes simultanément les bénéficiaires, les opérateurs, les ressources et parfois les victimes. C’est précisément leur efficacité qui rend leurs conséquences difficiles à percevoir. Une plateforme optimise l’engagement, une entreprise optimise la vente, une machine optimise une tâche, une ville optimise les flux, l’agriculture optimise le rendement, un algorithme optimise une décision. Pris séparément, chacun de ces objectifs paraît rationnel. Pourtant leur accumulation peut dégrader l’attention, les corps, les sols, la biodiversité, la qualité de l’air, les relations sociales, le rapport au temps ou les conditions de travail. La question centrale devient alors : que se passe-t-il lorsque chaque partie d’un système optimise parfaitement son intérêt particulier sans qu’aucune ne soit réellement chargée de préserver l’ensemble ? Le projet s’intéresse à cet écart entre ce qui fonctionne et ce que ce fonctionnement produit.
Rendre visibles les externalités
Le titre Clear Shadows repose sur un paradoxe. Nos sociétés produisent toujours davantage de données, d’indicateurs, de scores, de mesures et de promesses de transparence. Les applications mesurent les corps, les plateformes enregistrent les comportements, les entreprises quantifient leurs performances et les machines rendent le monde apparemment toujours plus lisible. Pourtant, à mesure que les systèmes deviennent plus transparents en surface, leurs conséquences deviennent souvent plus opaques. Les déchets disparaissent dans une poubelle. Les données disparaissent dans le cloud. Les infrastructures disparaissent derrière une interface. Les kilomètres logistiques disparaissent derrière un bouton de commande. Les microplastiques disparaissent dans les poussières domestiques. Les substances chimiques disparaissent dans les aliments et les matériaux. L’extraction minière disparaît derrière l’écran. Les mécanismes de récompense disparaissent derrière le plaisir d’une notification. Le travail humain disparaît derrière l’automatisation. Clear Shadows cherche précisément ces restes, ces traces et ces effets secondaires. L’ombre n’est pas ici l’opposé de la lumière : elle est ce que la lumière elle-même laisse hors champ. Le projet observe ce que les systèmes abandonnent derrière eux : fatigue, gestes répétitifs, poussières, composants électroniques, données corporelles, matières plastiques, résidus chimiques, emballages, objets obsolètes, sols transformés et paysages artificialisés. L’œuvre commence souvent là où le système considère que son propre travail est terminé. Dès l’origine, le projet considère d’ailleurs le sujet comme à la fois victime et moteur de l’écosystème auquel il participe.
De l’automatisation des machines à l’automatisation de la vie
L’automatisation constitue l’un des points de départ du projet, mais elle ne désigne plus seulement les machines. Elle s’est déplacée vers les comportements. Le geste est répété, le choix anticipé, l’attention orientée, le déplacement enregistré, le plaisir transformé en boucle de récompense, le travail découpé en tâches, les décisions déléguées, le corps progressivement adapté aux interfaces. L’automate contemporain n’est donc pas nécessairement un robot. Il peut être un corps immobile mais continuellement sollicité, une main répétant le même mouvement, un employé transformé en variable de processus, un consommateur guidé par une recommandation, une personne dont les comportements deviennent suffisamment prévisibles pour être mesurés puis optimisés. La question n’est plus seulement de savoir ce que les machines savent faire à notre place, mais de comprendre à quel moment nos propres gestes commencent à adopter la logique des machines. Les interfaces ont d’abord été conçues pour épouser les comportements humains ; à mesure qu’elles deviennent omniprésentes, les comportements humains apprennent eux-mêmes à épouser leur logique. Le système cesse progressivement d’être extérieur à l’individu. Il entre dans ses rythmes, ses postures, ses réflexes, son attention et ses désirs.
Corps, attention et adaptation
Le corps occupe une place essentielle parce qu’il est le lieu où les systèmes abstraits deviennent physiques. L’économie de l’attention finit dans l’œil, la nuque, la main, la respiration et le cerveau. La productivité finit dans la posture. La comparaison sociale finit dans l’anxiété. La connexion permanente peut finir dans la solitude. La quantification transforme sommeil, rythme cardiaque, déplacements, apparence, émotions supposées ou performances en données comparables et corrigeables. Clear Shadows ne cherche pas pour autant à opposer un corps pur ou naturel à une technologie artificielle. Le corps contemporain est déjà traversé par ces systèmes. Il apprend leurs gestes, leurs rythmes et leurs contraintes. La question devient alors : qui s’adapte à qui ? Lorsque l’interface devient notre environnement principal, le corps risque de devenir lui-même périphérique, terminal physique d’un système qui organise de plus en plus largement son temps, ses perceptions et ses décisions. Le projet s’intéresse ainsi moins à la technologie en elle-même qu’à ce qu’elle imprime durablement dans les comportements, les affects et les corps.
L’environnement n’est pas un second sujet
La pollution, les déchets, l’alimentation industrielle et la transformation du vivant ne constituent pas une branche écologique ajoutée secondairement à un projet initialement numérique. Ils appartiennent à la même recherche. Clear Shadows observe partout une logique comparable : extraire, mesurer, simplifier, transformer, optimiser, consommer puis évacuer ce qui reste. La pollution qui intéresse le projet n’est d’ailleurs pas seulement celle des grandes catastrophes ou des paysages industriels spectaculaires. Elle est souvent intime, domestique, presque invisible. Elle habite l’air, la poussière, l’assiette, l’emballage, le vêtement, la maison, le jouet, l’objet électronique ou le carton de livraison. Des substances extrêmement banales deviennent ainsi les traces matérielles de systèmes beaucoup plus vastes. Additifs, pesticides, microplastiques et autres résidus industriels brouillent progressivement la frontière entre nourriture, commodité, environnement et exposition permanente. L’environnement n’est donc pas une scène extérieure sur laquelle agirait l’humain. Il nous traverse. Ce que nous produisons revient dans nos corps, ce que nous rejetons réapparaît sous d’autres formes, et ce que nous croyons avoir éloigné demeure présent à une autre échelle.
Artificialiser ce que nous voulons préserver
Clear Shadows s’intéresse également à notre relation contradictoire au vivant. Nous détruisons certains milieux tout en sanctuarisant leurs fragments. Nous aménageons, irriguons, sélectionnons, entretenons, corrigeons et mettons en scène ce que nous continuons à appeler « nature ». Nous cherchons à protéger le vivant, mais souvent en l’intégrant à de nouveaux dispositifs de gestion et de contrôle. Le problème n’est donc peut-être pas que nous cessions d’aimer la nature. Il pourrait être au contraire que nous l’aimions suffisamment pour vouloir continuellement l’améliorer, la mesurer, la soigner, la sécuriser et la rendre productive. Cette volonté de préservation peut paradoxalement contribuer à son artificialisation. Entre soin et exploitation, protection et contrôle, contemplation et mise en scène, la frontière devient instable. Le projet s’intéresse précisément à cette zone ambiguë dans laquelle l’attention portée au vivant finit elle-même par le transformer.
Le vivant comme possibilité d’écart
Face aux systèmes déterministes apparaissent pourtant des forces qui résistent à une maîtrise totale : croissance, bactéries, champignons, graines, eau, vent, vibrations, trajectoires animales, capillarité, tension superficielle, décomposition. Clear Shadows ne les utilise pas seulement comme sujets. Il leur délègue parfois une partie du processus de production. La matière se diffuse, se contracte, prolifère, tombe, dérive ou refuse de respecter complètement la forme prévue. Cette perte partielle de contrôle constitue une dimension de plus en plus importante du projet. Face à des systèmes qui cherchent continuellement à prévoir, mesurer et organiser le monde, le vivant conserve une part d’indétermination. Il ne s’agit pas d’idéaliser la nature. Le vivant peut être proliférant, brutal, destructeur ou indifférent. Mais il conserve quelque chose que le système peine à absorber totalement : la possibilité de l’écart, du décalage, de l’accident et de l’inattendu. Cette attention aux mouvements et aux forces du vivant avant leur réduction en données ou en ressources forme désormais un autre versant important de la recherche.
Un protocole plutôt qu’un style
Clear Shadows utilise des médiums très différents : dessin, photographie, sculpture, installation, vidéo, son, code, cyanotype, matières récupérées, ciment, argile, poussières, composants électroniques ou organismes vivants. Cette diversité n’est pas pensée comme une succession de styles. Le médium découle du système étudié. Le projet commence généralement par quelque chose de concret : un objet, une donnée, un chiffre, une trace, un mouvement, un comportement, une matière, un déchet ou un symptôme. Ces éléments sont collectés, mesurés, observés ou archivés. Une règle est ensuite définie. La matière est déplacée d’échelle, fragmentée, recomposée, classifiée ou mise sous contrainte. Des forces physiques, biologiques ou automatisées peuvent intervenir dans la production : capillarité, vibration, magnétisme, vent, répétition, hasard, érosion, croissance ou intelligence artificielle. Ce protocole structure désormais la grande majorité du corpus. L’artiste ne cherche donc pas simplement à produire une image illustrant un phénomène. Il tente de construire un dispositif qui fonctionne partiellement comme le phénomène lui-même. L’œuvre peut ainsi devenir expérience, prélèvement, modèle réduit, simulation, archive ou dérèglement.
Une esthétique clinique contaminée
Visuellement, Clear Shadows privilégie souvent la réduction : blanc, noir, transparence, répétitions, classifications, surfaces neutres et dispositifs évoquant parfois le laboratoire, l’archive ou la médecine. Cette apparente neutralité reprend le langage des systèmes qui se présentent comme rationnels, propres, mesurables et objectifs. Mais cette propreté est presque toujours contaminée. Une fissure apparaît, une matière déborde, une poussière demeure, un corps s’affaisse, une symétrie se brise, une ombre devient disproportionnée, une goutte refuse de rester parfaite. La couleur intervient souvent comme une séduction : rose, bleu, vert, teintes alimentaires ou saturation publicitaire. Elle attire avant que l’on comprenne ce qu’elle recouvre. Le projet cherche ainsi moins à construire une esthétique dystopique qu’à produire une beauté légèrement dysfonctionnelle. Quelque chose paraît propre, efficace, séduisant ou ordonné, mais une anomalie demeure. C’est souvent dans cet écart que l’œuvre commence.
Ni victime innocente, ni machine toute-puissante
Clear Shadows refuse deux récits confortables. Le premier consisterait à imaginer une technologie ou une industrie toute-puissante imposée à des individus innocents. Le second à considérer que le progrès technique finira nécessairement par corriger les conséquences qu’il produit. Dans le projet, l’humain participe activement au système. Il commande, clique, consomme, accepte les recommandations, recherche le plaisir, souhaite que la livraison arrive rapidement, veut une nourriture bon marché, un écran efficace, une maison propre, un jardin entretenu, une intelligence immédiatement disponible. Il bénéficie des systèmes qu’il contribue simultanément à renforcer. Cette ambiguïté est centrale : le sujet est à la fois victime et moteur des dérives de l’écosystème auquel il appartient. C’est pourquoi Clear Shadows ne défend ni un retour nostalgique au passé ni un rejet global de la technologie. Il cherche plutôt à rendre perceptible cette situation étrange dans laquelle nous savons, nous bénéficions, nous participons et nous continuons.
Observer le moment avant la rupture
Le projet s’intéresse enfin à un temps particulier : non pas celui de la catastrophe accomplie, mais celui qui la précède. Le système continue à fonctionner. Les services sont disponibles, les infrastructures tiennent, les produits circulent, les interfaces brillent, le paysage semble stable. Pourtant des fissures, des absences et des signes faibles commencent déjà à apparaître. Un système peut rester extérieurement fonctionnel alors même que les conditions de sa stabilité se dégradent progressivement. Cette tension entre stabilité apparente et fragilité réelle traverse une partie importante du corpus. Clear Shadows ne cherche donc pas principalement à représenter l’effondrement spectaculaire. Il tente plutôt d’observer le moment où quelque chose commence à se défaire alors que presque tout semble encore fonctionner.
Une même question
L’ensemble du projet revient finalement à une question commune : que devient le bien commun lorsque chacun des systèmes qui composent nos sociétés optimise efficacement son propre objectif ? L’attention devient ressource, le corps devient donnée, le comportement devient variable, le vivant devient surface à gérer, le déchet devient externalité, l’environnement devient réservoir et les conséquences sont repoussées hors du champ immédiat. Pourtant ces systèmes ne sont pas uniquement subis. Ils sont désirés parce qu’ils sont pratiques, séduisants et efficaces. C’est cette contradiction qui intéresse Clear Shadows. Le projet ne cherche pas à apporter une solution ni à produire un discours moral. Il tente de déplacer le regard, d’isoler des traces, d’agrandir ce qui est trop petit pour être vu, de matérialiser ce qui semblait abstrait et de ralentir ce qui paraît aller de soi. Il cherche les zones où un système parfaitement fonctionnel révèle soudain son coût caché, ses résidus, ses fissures ou ses effets secondaires. Des ombres suffisamment claires pour devenir visibles.
Processus de production des oeuvres
appliqué à plus de 80 % des œuvres
0 – Explorer un système
Identifier un système, un mécanisme ou une tension qui transforme silencieusement les comportements, les corps, les milieux ou le bien commun, qu’il soit numérique, social, économique, industriel ou environnemental.
1 – Collecter / mesurer / archiver
Rassembler des traces, des matières et des données : poussières, trajectoires GPS, mouvements d’animaux, empreintes, données corporelles, chiffres, pourcentages, objets, déchets, images, sons, textes, microbes ou fragments du quotidien.
2 – Définir un protocole
Établir une règle, une contrainte, une séquence ou un système de traduction qui détermine comment la source collectée peut devenir œuvre. Le protocole introduit une structure extérieure au geste intuitif et limite volontairement la décision arbitraire.
3 – Traduire en matière
Choisir un matériau, un objet, une échelle ou un langage plastique capable d’incarner le mécanisme étudié plutôt que de simplement l’illustrer. Le médium découle du système : poussière, papier, ciment, argile, plastique, lumière, son, image, donnée ou composant électronique deviennent des équivalents physiques de ce qui est observé.
(4 – Laisser agir des forces)
Permettre à des forces physiques, biologiques ou automatisées de prendre partiellement le contrôle de la production : capillarité, tension superficielle, vibration, vent, magnétisme, croissance, décomposition, répétition, algorithmes, intelligence artificielle, hasard ou sérendipité. L’artiste accepte alors qu’une partie du résultat lui échappe.
5 – Recomposer / classer / changer d’échelle
Sélectionner, fragmenter, agrandir, réduire, classifier ou réassembler les traces produites afin de leur donner une forme lisible, tout en conservant quelque chose du processus qui les a générées. Le changement d’échelle permet souvent de rendre visibles des phénomènes trop petits, trop diffus ou trop ordinaires pour être perçus.
(6 – Mettre en espace / activer)
Transformer la forme obtenue en expérience par l’espace, la lumière, l’ombre, le son, le mouvement, l’interaction, le jeu ou la participation. L’œuvre peut alors fonctionner comme un dispositif, une expérience, un environnement ou une situation plutôt que comme une image isolée.
(7 – Chercher une brèche)
Repérer le point où le système peut dérailler, résister, être détourné ou révéler ses propres contradictions. La brèche peut venir d’un accident de matière, d’un comportement imprévisible, du vivant, d’une erreur, d’une désobéissance ou d’un effet secondaire. Il ne s’agit pas nécessairement de résoudre la tension, mais de rendre visible l’endroit où le système cesse d’être parfaitement fermé.