

Pluie d’arbre rend perceptible le voyage invisible de l’eau à travers l’arbre. Depuis les racines jusqu’aux feuilles, l’eau circule, nourrit, traverse et transforme. Un réseau de cuivre recompose ce trajet comme un système vasculaire extérieur. Des fragments de bois espacés suggèrent un tronc devenu colonne vertébrale. Les racines stabilisées prolongent cette anatomie suspendue. Au niveau des feuilles, un nébulisateur transforme l’eau en brume. Cette vapeur rencontre une plaque transparente placée au-dessus de l’arbre. Elle s’y condense lentement avant de reformer des gouttes. Celles-ci retombent sur une surface de cuivre et produisent leur propre son. L’eau est ensuite récupérée puis remise en circulation dans l’installation. Des haut-parleurs déclenchent, à l’approche de la main, des sons liés à la montée de sève, à la croissance, aux racines ou au stress hydrique. Une branche articulée se rétracte légèrement lorsque le visiteur tente de l’approcher. L’arbre semble alors percevoir, répondre, se protéger. Entre organisme, machine et paysage, l’installation révèle un vivant fait de flux plutôt que de formes fixes. Écouter l’arbre revient ici à écouter l’eau passer.