
Deux trajectoires partent d’un même point et s’élèvent selon deux logiques opposées. Toutes deux sont formées de lacets de baskets, matériau ordinaire lié au corps, au mouvement, au quotidien et au choix, mais l’une suit une ligne presque directe tandis que l’autre se déploie en détours, inflexions et bifurcations. Le fond et les lettres en bois introduisent une présence sobre, organique et stable, comme un cadre familier, construit, socialement donné, sur lequel viennent s’inscrire ces parcours. L’œuvre oppose ainsi la promesse collective d’une trajectoire idéale, droite, orientée vers un but clair, à la réalité plus incertaine d’une vie faite d’ajustements successifs. Elle suggère que l’injonction à atteindre un objectif peut devenir une source de frustration ou de malheur lorsque cet horizon reste lointain ou inaccessible. À l’inverse, elle propose de penser le bonheur non comme un point d’arrivée, mais comme une expérience située dans le présent, dans la possibilité concrète de choisir sa direction, d’assumer ses détours et de construire au quotidien une forme singulière d’existence.