

Le corps est découpé, fragmenté, mis en boîte. Une existence entière réduite aux six faces d’un dé. Cinq dés, cinq versions d’un même individu, autant de destins possibles. Chaque fragment conserve une trace de soi, mais aucun ne restitue l’être dans son intégralité. L’identité se morcelle, se distribue et se recompose au gré du hasard. Qui lance les dés ? Qui décide de notre trajectoire ? Sommes-nous les joueurs de notre propre vie ou les pièces du jeu de quelqu’un d’autre ? La naissance, les rencontres, les accidents, les réussites : autant de coups de dés. Nous revendiquons notre libre arbitre, mais combien de nos choix nous appartiennent réellement ? Le hasard distribue les cartes, les circonstances imposent leurs règles. La mise en boîte évoque aussi notre besoin de classer, de mesurer et de maîtriser l’existence. L’individu devient un objet manipulable, interchangeable, soumis à des forces qui le dépassent. Les trous creusés dans les images rappellent ce que chaque choix retire autant que ce qu’il apporte. À chaque lancer, une nouvelle combinaison apparaît, tandis que d’autres possibles disparaissent. Et si vivre consistait à jouer une partie dont nous ne connaissons ni les règles, ni l’adversaire, ni même la fin ?