Octopuss

L’installation explore l’emprise tentaculaire de l’intelligence artificielle sur nos existences, nos ressources et notre patrimoine culturel. À la manière d’une pieuvre, un réseau de câbles relie smartphones, caméras et appareils électroniques à un même centre névralgique. Derrière ces objets familiers se dissimule une infrastructure industrielle considérable. Des serveurs matérialisent la puissance de calcul nécessaire à cette intelligence supposément immatérielle. Une bonbonne d’eau rappelle les besoins en refroidissement de ces installations. Une montagne sculptée en spirale symbolise l’extraction intensive des terres rares. Mais l’exploitation ne concerne pas seulement les ressources naturelles. Une accumulation d’œuvres d’art évoque le pillage massif de la création humaine par les modèles d’intelligence artificielle. Images, textes, musiques et savoirs sont absorbés, analysés et réutilisés, souvent sans consentement ni rémunération de leurs auteurs. Le patrimoine culturel devient une matière première, au même titre que les minerais ou l’eau. L’œuvre révèle ainsi une double prédation, celle des ressources physiques et celle de l’intelligence collective. Les tentacules numériques captent indifféremment nos données, nos créations et nos comportements. Sous la promesse du progrès se dessine un système d’appropriation et de concentration des richesses et des savoirs. L’humain, pourtant créateur de ces technologies et des œuvres qui les nourrissent, risque de devenir une simple ressource parmi d’autres. L’oeuvre interroge cette nouvelle forme de pouvoir : jusqu’où accepterons-nous de nourrir ce qui pourrait finir par nous déposséder ?

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